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Coronavirus et confinement : l'économie "en congé sabbatique", dit Lenglet

ÉDITO - L'économie est bouleversée par le coronavirus et le confinement de la planète. Une partie de l'activité est à l'arrêt, l'autre partie est transformée par le travail. Qu'en restera-t-il après la crise ?

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Coronavirus et confinement : l'économie "en congé sabbatique", dit Lenglet Crédit Image : Unsplash/Daria Nepriakhina | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Paul Turban

Il y a quelques jours, le philosophe Alain Finkielkraut, dans le Figaro, comparait le confinement généralisé au "shabbat de la terre". C'est particulièrement vrai pour l'économie. Le shabbat, dans la Bible, est le repos lors du septième jour de la semaine, le samedi chez les juifs, le dimanche chez les chrétiens. Et notre économie mondiale, avec près de la moitié des terriens confinés chez eux, est en quelque sorte en congé sabbatique.

Pensez que 95% des vols d'Air France sont supprimés, qu'Orly ferme aujourd'hui. Que la consommation d'essence aux États-Unis est revenue au niveau qu'elle avait lors de la présidence de Nixon, dans les années 70, alors qu'il y avait incomparablement moins de voitures. Que la production de pétrole au Texas, qui avait été multipliée par quatre dans la dernière décennie, s'est effondrée.

N'oubliez pas aussi que la pollution de l'air a chuté de 30% à Paris, et de 70% en Occitanie. Que l'eau de la lagune de Venise est redevenue transparente. Même les pêcheurs au homard irlandais sont au repos, car le prix du crustacé s'est effondré, à cause de la disparition des acheteurs que sont les restaurants.

Et pourtant, une partie de l'activité continue...

Certains secteurs explosent même littéralement : le commerce en ligne, la grande distribution, la fabrication de pâtes... Quant au reste de l'économie, il se déroule désormais à distance. On a inventé, en quelques jours, l'économie sans contact. Et bien souvent sans transport.

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En Inde, le groupe Tata, qui vend des services informatiques et de call centers au monde entier, a mis 85% de ses 400.000 salariés en télétravail. Chez Unilever en Allemagne, les salariés parents ont mis en place une garde vidéo : un des membres du groupe surveille a distance les enfants avec des caméras placés dans chacun de foyers. Au Kazakhsan, un procès qui ne pouvait pas se dérouler en public a été retransmis sur Youtube !

Tout se passe désormais sur écran, les réunions comme les apéros entre copains. Ça contribue a diminuer les transports, mais pas la consommation d'électricité. le repos économique n'est donc que partiel.

Des changements dans la vie politique internationale

Là aussi, c'est dimanche. Une trêve a ainsi été déclarée entre la Russie et la Turquie, à cause de l'épidémie. La crise des réfugiés qui menaçait a été suspendue, puisque le président turc a décidé de fermer hermétiquement sa frontière avec l'Europe, là encore pour des raisons sanitaires.

Et l'on retrouve cette baisse des tensions au sein même des pays. En France, le grand sujet d'affrontement politique, la réforme des retraites, est enterrée. La lutte des classes elle-même fait une pause, avec des patrons qui choisissent de réduire leur salaire de 25%, s'ils font appel pour leurs salariés au chômage partiel payé par la collectivité.

Au Brésil, ce sont les cartels de la drogue qui font respecter le confinement et le couvre-feu dans les favellas. Une baisse des tensions malheureusement ternie par la forte hausse des signalements pour violences conjugales, + 30% en France.

Des changements durables ?

C'est évidemment très difficile à dire. En Chine, où l'épidémie est maîtrisée, les magasins Louis Vuitton connaissent actuellement un rebond incroyable, signe que le désir de consommer n'a été que mis entre parenthèses pendant le confinement, et qu'il n'a pas disparu. 

Pourtant, la gigantesque dématérialisation de l'économie, imposée par l'épidémie, pourrait laisser des traces. Dans l'organisation du travail, rendue plus efficace, et avec l'essor du e-commerce au détriment des magasins physiques, fermés par nécessité.

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