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États-Unis : le droit à l'avortement restreint au nom de la lutte contre le coronavirus

Le Texas et l'Ohio ont ordonné de suspendre toutes les opérations non urgentes, y compris les avortements, à cause de la crise du coronavirus.

Une manifestant pro-avortement à Montgomery dans l'Alabama
Une manifestant pro-avortement à Montgomery dans l'Alabama Crédit : Seth HERALD / AFP

Au nom de la lutte contre la pandémie de nouveau coronavirus Covid-19, le Texas et l'Ohio ont ordonné la suspension de toutes les opérations médicales non urgentes. Dans leur viseur notamment, les interruptions volontaires de grossesse (IVG). Les défenseurs du droit des femmes dénoncent une manœuvre "idéologique", estimant que les IVG sont des opérations urgentes.

Ainsi, le gouverneur du Texas Greg Abbott a imposé ce samedi 21 mars le report "des interventions qui ne sont pas immédiatement nécessaires sur un plan médical". Cet ordre s'applique aux interruptions volontaires de grossesse (IVG) sauf en cas de danger pour la vie de la mère, a précisé Ken Paxton, procureur général de cet État conservateur du sud des États-Unis, ce lundi 23 mars.

"Ceux qui enfreignent l'ordre du gouverneur seront sanctionnés avec toute la force de la loi", a-t-il ajouté dans un communiqué. Les peines évoquées peuvent aller jusqu'à 180 jours de prison et 1.000 dollars d'amende. L'objectif d'assurer la disponibilité des lits pour les malades du Covid-19 et des équipements de protection pour les personnels chargés de les soigner.

"Ce n'est pas surprenant de voir le procureur général utiliser n'importe quelle excuse pour appliquer son programme idéologique", a commenté Kathy Miller, présidente de l'association locale de défense du droit à avorter, Texas Freedom Network. Elle a estimé dans un communiqué que "reporter" les interventions "revenait à nier le droit constitutionnel des femmes" à l'IVG, soulignant que "la fenêtre légale pour avorter est déjà limitée",

Des cliniques vont désobéir

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Dans l'Ohio, après une décision des autorités sanitaires de suspendre les opérations "non urgentes", le procureur général a adressé des courriers à trois cliniques pratiquant des IVG pour leur ordonner de s'y plier. "Ce n'est pas une question d'avortement, une lettre a également été adressée à un groupe d'urologie", a déclaré à l'AFP Bethany McCorkle, la porte-parole du procureur.

Deux des cliniques concernées, gérées par l'organisation Planned Parenthood, ont assuré se plier aux consignes et avoir suspendu les interventions non urgentes. Mais, ont-elles ajouté dans un communiqué, "les avortements sont des procédures médicales essentielles et urgentes". "Nos portes resteront ouvertes pour ce soin", ont promis leurs directrices Iris Harvey et Kersha Deibel.

La Cour suprême des États-Unis a reconnu en 1973 le droit de tous les Américains à avorter, mais autorise les États à légiférer pour encadrer la pratique, ce qui a créé de fortes disparités régionales. Les États du sud et du centre du pays, où la droite religieuse est bien implantée, ont ainsi multiplié les législations restrictives, limitant fortement l'accès aux IVG sur leur territoire.

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