3 min de lecture Union européenne

Coronavirus : "L'Europe retombe dans ses travers, faute de leader", dit Olivier Bost

ÉDITO - La lutte contre la pandémie du nouveau coronavirus a révélé les failles d'une Union Européenne sans leadership qui ne donne pas de réponse claire et homogène face à la crise sanitaire.

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Coronavirus : "L'Europe retombe dans ses travers, faute de leader", dit Olivier Bost Crédit Image : AFP / Georges Gobet | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Florise Vaubien

L'Union européenne est menacée de mort. C'est ce qu'à déclaré ce week-end le plus Européen des Français : Jacques Delors. Cette déclaration doit nous inquiéter. Quand un homme de 94 ans qui ne s'exprime quasiment plus publiquement sort de son silence, il faut l'écouter. Et il faut l’écouter parce qu’il a raison. 

Jacques Delors, l’ancien Président de la commission de Bruxelles, a transmis un court texte à l'Agence France Presse. Ses mots sont donc choisis et pesés, et montrent l'importance de cette déclaration. "Le climat entre les dirigeants européens et le manque de solidarité européenne", écrit-il, "font courir un danger mortel à l'Union européenne". L'Europe est menacée à cause des comportements égoïstes d'une partie des états. 

La crise sanitaire a réveillé des réflexes nationalistes. Chacun a d'abord cherché à garder ou à constituer son stock de matériel médical de masques, de respirateurs, de médicaments. Il y a même des pays qui ont intercepté le matériel destiné à des voisins. Il faut dire que la santé n’est pas une compétence européenne : chacun fait ce qu’il veut. 

Ensuite, des pays ont fermé leurs frontières, sans en parler avec qui que ce soit. Enfin, au moment de parler de solidarité avec ceux qui sont les plus durement touchés par le coronavirus, certains ont refusé ces initiatives la semaine dernière. Pour être plus précis, les Pays-Bas avec la complicité de l'Allemagne ont bloqué la création d'un mécanisme de solidarité financière. 

Ce que demande l'Italie avec la France, c'est de la solidarité

Olivier Bost sur RTL, le 30 mars 2020
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C'est toujours la veille histoire des cigales et des fourmis. Les fourmis, ce sont les pays du nord, rigoureux sur le plan budgétaire, en excédent depuis des années. Les cigales sont les pays du sud qui ne font pas d'effort et qui creusent allègrement leurs dettes. Dans ce tableau, la France est à ranger parmi les cigales, parmi les pays du sud

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La Banque centrale européenne a bien relâché la pression. Elle va injecter plus de 1.000 milliards d'euros et il n'y a plus de règle budgétaire : la barre des fameux 3% est levée. Il y a aussi les transferts de malades entre pays... Tout ça, c’est positif. 

Mais pour la suite, c'est à chaque pays de s'en sortir. Ce que demande l'Italie avec d'autres pays dont la France, c'est de l'aide, de la solidarité pour pouvoir redémarrer et de mutualiser l’énorme coût qui va tomber sur nos économies. 

Pour Emmanuel Macron, et comme l'a expliqué la ministre des Affaires européennes Amélie de Montchalin, il faut absolument "préparer ensemble la sortie de crise". Les dirigeants européens se sont donnés 15 jours pour y réfléchir. Plusieurs responsables en sont réduits à se dire que la pandémie finira par mettre tout le monde d'accord. Quand tous les pays seront touchés, cela suscitera peut-être plus de compassion.

L'Europe retombe dans ses travers, faute de leader

Olivier Bost sur RTL, le 30 mars 2020
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À chaque crise, l'Europe retombe dans ses travers, faute de leader. Elle n'est pas gouvernée et ne fait pas bloc. L'Union est son propre ennemi. Face au virus, il se reproduit exactement ce qui s'est passé pendant la crise migratoire quand on a laissé l'Italie se débrouiller avec les arrivées massives de migrants. Matteo Salvini de la Ligue et le mouvement 5 étoiles ont accédé au pouvoir. 

Même chose face à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine où l'Allemagne a d'abord défendu son industrie. Avec ces comportements égoïstes, le sentiment anti-européen progresse. Et avec le coronavirus, Jacques Delors a raison : il y a bien un danger mortel pour l'Union européenne.

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