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Rentrée 2019 : 5 chantiers sensibles pour Emmanuel Macron

ÉCLAIRAGE - Pour sa troisième rentrée politique, le Président de la République et la majorité vont attaquer des travaux risqués, comme la révision des lois bioéthique ou la réforme des retraites.

Le président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe en mai 2019
Le président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe en mai 2019 Crédit : CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP
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Paul Turban et AFP

L'année 2018-2019 n'a pas été de tout repos pour le président de la République Emmanuel Macron. Elle restera comme l'année du mouvement des gilets jaunes, qui est sans aucun doute la principale crise sociale qu'a connue Emmanuel Macron au pouvoir. La rentrée politique de septembre 2019 ne s'annonce pas plus calme, avec 5 grands chantiers, avec deux grands impératifs en toile de fond. 

D'une part, le gouvernement est attendu sur la question écologique. Le Sénat devrait examiner à partir du 24 septembre le projet de loi sur l'économie circulaire, qui fait notamment la guerre au plastiqueParallèlement, des Français seront tirés au sort pour former une convention citoyenne chargée de réfléchir à de nouvelles solutions écologiques. Pour l'Élysée, c'est le pari d'une politique plus participative et d'une gouvernance plus ouverte au dialogue. Mais comme tout pari, il comporte des risques. 

D'autre part, la rentrée s'annonce rapidement contrainte par les impératif budgétaires. Bien que fort d'un chômage en baisse, le gouvernement a dépensé près de 17 milliards d'euros en baisses d'impôts et aides post-crise des "gilets jaunes". La diminution du nombre de fonctionnaires est revue à la baisse. Aussi, la Cour des Comptes a épinglé en juin le flou sur le financement des mesures et craint un dérapage des déficits. Le budget 2020 risque d'être difficile à boucler. C'est dans ce contexte que cinq grands défis se présentent au gouvernement. 

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1. Les lois de bioéthique

L'un des dossiers qui pourrait s'avérer le plus explosif est celui de la révision des lois de bioéthique. Présenté le 24 juillet en Conseil des ministres, le projet de loi contient notamment l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, une promesse d'Emmanuel Macron maintes fois repoussée. 

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Des associations ont d'ores et déjà appelé à une grande manifestation à Paris le 6 octobre, alors que l'examen du projet de loi doit débuter le 24 septembre à l'Assemblée nationale. La Manif pour tous, qui avait réussi à mobiliser plusieurs dizaines de milliers de personnes contre l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, entend renouveler l'exploit.

Parallèlement, les représentants des diverses religions ont exprimé à plusieurs reprises leurs réserves sur le texte. Au-delà de la PMA, d'autres sujets suscitent des interrogations. La levée partielle de l'anonymat pour le don de sperme, couplée à une hausse prévisible de la demande, fait ainsi craindre à certains professionnels une pénurie, et pourrait poser des difficultés dans l'application de la loi si elle est adoptée. 

2. La réforme des retraites

Autre sujet par essence très sensible, la réforme des retraites est le chantier socio-économique de cette rentrée. Le rapport de Jean-Pierre Delevoye a été présenté le 18 juillet, et prévoit un système par point pour remplacer les 42 régimes de retraite actuels. Un âge "pivot" de 64 ans devrait aussi être mis en place, que certains analysent comme un nouveau recul de l'âge de départ à la retraite. 

Sur la base de ses propositions, une phase de concertation va s'ouvrir les 5 et 6 septembre avec les partenaires sociaux reçus à Matignon. Si la CFDT semble ouverte au dialogue, FO et la CGT ont déjà prévu de mobiliser contre cette réforme, respectivement les 21 et 24 septembre. La date de présentation du projet de loi n'est pas encore fixée. 

3. Les migrants

C'est un des tristes serpents de mer de ces dernières années : la crise des migrants continue. L'Italie campe sur sa position de refus d'accueillir les exilés qui traversent la Méditerranée et sont sauvés par des associations. Et dans le reste de l'Europe, on peine à organiser une répartition des migrants

Là où le dossier pourrait devenir politiquement sensible, c'est qu'Emmanuel Macron a promis un débat à l'Assemblée nationale sur la politique migratoire, le 25 septembre. Une "déclaration sur la politique migratoire de la France et de l'Europe" sera suivie d'un débat sans vote. Un débat selon la même forme aura lieu le 2 octobre au Sénat. Les oppositions pourraient en profiter pour fustiger l'action de la majorité et malmener le gouvernement. 

4. G7, Brexit, Moyen-Orient...

La tradition de la Ve République en fait un domaine réservé du président de la République, les affaires internationales ne devraient pas offrir beaucoup de répit à Emmanuel Macron. Dès ce lundi 19 août, Emmanuel Macron reçoit le Président russe Vladimir Poutine. Il enchaînera du 24 au 26 août avec les dirigeants du G7 à Biarritz avec pour thème la lutte contre les inégalités. Il espère obtenir des consensus forts sur le climat, même sans les États-Unis, l'égalité femmes-hommes ou la cyberhaine. 

Ensuite, le gros dossier de cette fin d'année 2019 devrait être le Brexit, puisque le Premier ministre Boris Johnson a promis une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, avec ou sans accord, le 31 octobre. Cela promet donc d'âpres négociations d'ici-là pour trouver un accord, et le cas échéant, pour préparer et gérer un "no deal"

Enfin, le Président souhaite s'impliquer au Moyen-Orient, que ce soit pour résoudre les conflits libyen et syrien, ou encore pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien pour éviter un conflit avec les États-Unis. Sans compter les fortes tensions qu'il existe entre la Chine et Hong-Kong et qui pourraient s'imposer à l'agenda français et européen. 

5. Les élections municipales

Elles n'auront lieu que les 15 et 22 mars 2020, mais elles agitent déjà les états-majors politiques et s'annoncent comme un test pour Emmanuel Macron et La République en marche. Les élections municipales doivent permettre, en cas de victoire, à la majorité de s'ancrer localement. 

C'est le Président qui arbitre les investitures dans les principales villes. Et des frictions se font déjà fait sentir. À l'intérieur même du parti présidentiel, comme à Paris où Cédric Villani n'a pas encore renoncé à ses ambitions bien que son concurrent Benjamin Griveaux ait été investi. Mais aussi avec le MoDem, parti de la majorité, contre qui LaREM a investi des candidats à Bordeaux, Rennes ou encore Toulouse. 

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