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Coronavirus et confinement : "Restons enfermés et relativisons", dit Andréa Bescond

BILLET - "Si au prochain sacrifice de notre confort et de nos libertés, ça nous coûte, pensons à ceux qui sont au front chaque jour, qui meurent en s’occupant de nous", conseille Andréa Bescond.

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Coronavirus et confinement : "Restons enfermés et relativisons", dit Andréa Bescond Crédit Média : RTL | Date :
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Andréa Bescond édité par Paul Turban

Nous sommes en guerre nous clamait le Président la semaine dernière. Quand j’étais petite, je pensais que la guerre vers 2020, ce serait un peu comme Terminator, les humains contre les robots. Et finalement, on se retrouve menacés par un tout petit être invisible ! Le plus fou, c’est qu’aider à combattre cette pandémie, écouter les conseils de nos médecins ne parait pas insurmontable.

Rester chez soi, se laver les mains chaque heure et garder des distances de deux mètres entre chaque personne quand on part travailler ou faire ses courses, ça ne parait pas insurmontable…

Ne pas perdre de vue, que nous devons à tout prix éviter le contact humain car nous sommes les transporteurs de cet être invisible, ne parait pas insurmontable. Avoir un stock de masques, dans un pays comme la France, ne paraissait pas insurmontable… Et pourtant…

Et pourtant nous y voilà…

Nous sommes tellement formatés au confort qu’on en a oublié la valeur, la valeur d’un système de santé performant et généreux avec son personnel que nos gouvernements respectifs n’ont cessé de réformer au fil des quinquennats, de droite comme de gauche, car rien ne peut jamais nous arriver à nous, dans nos pays riches et démocratiques.

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Ceux-là même qui nous soignent ne peuvent être protégés contre ce virus, le peu de masques qui existaient sont volés et vendus au marché noir, la honte ! Il y a trois jours, Jean-Jacques Razafindranazy, médecin urgentiste de l’hôpital de Compiègne dans l’Oise, est décédé après avoir contracté le Covid-19. Il était au contact des premiers malades il y a un peu plus de trois semaines, ce héros sacrifié avait soixante-huit ans.

Comme si la responsabilité citoyenne de chacun était un bonus, un extra…

Alors quand ce même jour, des vidéos de marchés bondés dans les villes et les villages circulent sur les réseaux sociaux, il y a de quoi se demander ce que nous n’avons pas compris ! Beaucoup reprochent au gouvernement de ne pas avoir interdit ces marchés si c’était si dangereux, comme si la responsabilité citoyenne de chacun était un bonus, un extra, formatés que nous sommes au confort et à nos libertés …

Dédicace à ceux qui connaissent les bénéfices du télétravail mais qui vont continuer à laisser leurs enfants à la nourrice parce que c’est difficile de se concentrer ou d’accomplir son travail en moins de temps. Dédicace à ceux qui ont cru que ce confinement, c’était des vacances en famille, enfants et grand-parents réunis quitte à ce que papi ou mamie ne passe pas l’année.

Dédicace à ceux qui se baladent sans protection au marché pour acheter des légumes frais parce que si c’est du surgelé, il n’y a pas toutes les vitamines. Dédicace à ceux qui ne feront pas l’effort de dédommager leur employé(e) de ménage ou pire, ceux qui sont en confinement mais qui lui demandent de venir parce que c’est trop difficile de passer l’aspirateur.

Pensons à ceux qui sont au front chaque jour

Dédicace à ceux qui vont laisser leurs enfants jouer ensemble au parc public parce que c’est compliqué de les maintenir calmes dans un 40 mètres carré. Dédicace à ceux qui continuent d’alimenter une vie sociale et répandre le virus parce qu’ils se font chier avec eux-mêmes. Formatés que nous sommes au confort et à nos libertés, nous, à qui rien ne peut jamais arriver.
Évidemment ce confinement, c’est une adaptation, c’est inédit, c’est difficile, c’est anxiogène, ça peut être déprimant, mais c’est là ! C’est là, et nous n’avons pas le choix ! Alors, si au prochain sacrifice de notre confort et de nos libertés, ça nous coûte, pensons à ceux qui sont au front chaque jour, pensons à Jean-Jacques Razafindranazy, Jean-Marie Boegle, Gilbert Weber et leurs collègues qui meurent en s’occupant de nous. Restons enfermés et relativisons.

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