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Coronavirus : "Si les médecins étaient unanimes, ça se saurait", dit Polony

ÉDITO - "Même chez les médecins, il y a des désaccords, des visions différentes, des choix parfois contestables, note Natacha Polony. Il faut aussi prendre en compte les instrumentalisations du discours médical."

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Coronavirus : "Si les médecins étaient unanimes, ça se saurait", dit Polony Crédit Média : Thomas Sotto | Durée : | Date : La page de l'émission
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Natacha Polony édité par Paul Turban

On entend depuis quelques jours des politiques prendre position pour réclamer la généralisation du traitement à la chloroquine ou donner leur avis sur les choix médicaux. Or, cela pose la question de leur légitimité.


Au début de cette crise, on a vu apparaître les médecins, les experts médicaux, et on s’en est réjouis. On s’est dit qu’enfin, la parole qui émergeait était celle des gens qui savent, qui sont les mieux placés pour nous guider. Et c’est pour ça que tout le monde partage l’élan de reconnaissance extraordinaire vis-à-vis des soignants. Même ça ne suffira pas.
La reconnaissance en période de crise, c’est bien. La prise en compte de leurs alertes sur l’état de l’hôpital avant, c’est mieux. Mais aujourd’hui, on voit en effet des polémiques, des appels de politiques. Pourquoi ? Parce que même chez les médecins, il y a des désaccords, des visions différentes, des choix parfois contestables. Si les médecins étaient unanimes sur cette crise, ça se saurait.

Il faut prendre en compte les instrumentalisations du discours médical.

Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne.
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Alors, faut-il écouter ceux qui attendent plus d’essais cliniques avant de généraliser la chloroquine ? Certes. En tout cas, on ne sentait pas le besoin pressant d’avoir l’avoir de Christian Estrosi ou de Valérie Boyer sur la question.


En revanche, il faut aussi prendre en compte les divergences au sein du monde médical, mais surtout les instrumentalisations du discours médical. Non seulement par l’opposition, mais aussi par le gouvernement.

On laisse traîner dans la nature des malades qui s’ignorent.

Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne.
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Pourquoi la méthode du Docteur Raoult n’est-elle pas généralisée ? Parce qu’elle repose avant tout sur des tests massifs. Et cette question des tests est au cœur de la gestion de la crise par la France. 

Depuis le début, on nous explique qu’on ne va pas tester tout le monde, qu’il vaut mieux se concentrer sur les cas graves. C’est aberrant quand on sait que la majorité des gens sont asymptomatiques. Donc, on laisse traîner dans la nature des malades qui s’ignorent, et on s’étonne ensuite que la maladie se répande aussi vite.

Quand on compare la gestion de l’épidémie en France et, par exemple, en Corée du Sud, on s’aperçoit que la France n’a pas anticipé au mois de janvier-février le besoin de masques et de tests, de sorte que le confinement est devenu la seule solution. Alors, est-ce que c’était un choix médical éclairé ou une contrainte parce qu’on ne fabrique plus les produits nécessaires en France ?

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