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Coronavirus : au cœur du pont aérien où sont livrés les masques de Chine

REPORTAGE - À l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, les arrivées d'avions cargo, remplis de matériel sanitaire en provenance de Chine, se succèdent depuis le lundi 16 mars. Une fois au sol, le trajet des masques est millimétré avant qu'ils ne soient transmis au personnel soignant.

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Coronavirus : au cœur du pont aérien où sont livrés les masques de Chine Crédit Image : Morad Djabbari/RTL | Crédit Média : Morad Djabari | Durée : | Date : La page de l'émission
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édité par Quentin Marchal

Depuis le début de la crise sanitaire, la France a dû faire face à un manque cruel de masques pour son personnel soignant dans les hôpitaux. Pour y remédier, le gouvernement a mis en place un pont aérien entre la France et la Chine dès le lundi 16 mars afin d’acheminer des masques mais aussi des blouses, des gants et des respirateurs.

Le ministre de la Santé Olivier Veran a fait savoir qu'il avait commandé un milliard de masques mais aujourd'hui, "à peine" 186 millions ont été remis au personnel soignant. C'est près de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, sur un pont aérien hautement sécurisé, qu'ils sont livrés avant d'être distribués sur l'ensemble du territoire.

Dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 mai, un avion-cargo Air-France est arrivé en provenance de Shanghai avec à son bord, 10 millions de masques FFP2 et chirurgicaux. À peine posé, des militaires munis de fusil d’assaut se déploient autour de l'avion, pour sécuriser la zone. Pendant toute la durée de l’opération, les gendarmes des transports aériens ne lâchent jamais des yeux la précieuse cargaison.

Des conditions de vol "particulières"

Au début de l'épidémie, des respirateurs, des blouses et des pousses seringues qui étaient principalement livrés à la France avant de laisser place aux masques, à destination uniquement du personnel soignant et médical.

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Dans la soute,  un militaire confie qu'"il faut être très fin, se contorsionner un peu pour pouvoir y accéder parce que l'avion est rempli à ras bord avec 47 tonnes, soit 10 millions de masques". Une fois l'avion posé au sol, "les palettes sont tout de suite déchargées" et un technicien nous précise que "les 33 palettes sont escortées par les gendarmes pour l'emmener dans un lieu sécurisé et les livrer directement chez le transiteur". Au total, le déchargement de l’avion dure moins d’une heure environ. 

Les masques étaient répartis dans 33 palettes
Les masques étaient répartis dans 33 palettes Crédit : Morad Djabbari/RTL

Alors que l’on s’affaire dans la soute pour vider l’avion au plus vite, les pilotes en profitent pour souffle car le vol est très long avec 14 h sans pause depuis Shanghai. L’équipage se résume à quatre pilotes Air France qui se sont relayé pendant toute la durée du voyage. Le commandant de bord, Stéphane Casartelli, un peu assommé par la fatigue, nous accueille dans le cockpit : "Comme à Shanghai, on a pas le droit de dormir sans être confiné quelque part, on est levé depuis 4h du matin, heure française". Il souligne que ses pilotes et lui sont "volontaires" et ajoute que "les conditions sont un peu plus particulières avec des vols plus longs que d'ordinaire".

Il raconte les conditions qui ont précédé le décollage de l'avion : "Des agents de la police sont venus contrôler notre température et celle de l'équipage et on a été obligé de faire un test Covid, 24 heures avant notre départ". Aucun des membres de l'avion n'a été testé positif et le vol a donc pu débuter. "Vu du dessus, on a croisé quasiment aucun avion, qu'une demi-douzaine, alors qu'on en croise d'habitude un nombre impressionnant" fait part le commandant de bord.

Un passage dans un lieu secret avant d'être distribués en France

Une fois les 10 millions de masques déchargés, ce n’est pas la fin du voyage. Ils sont ensuite transférés dans un lieu tenu secret à moins de 10 minutes de la piste. Toujours escortés par les gendarmes, placés à l’avant et à l’arrière du convoi, les stocks sont déchargés dans un entrepôt, où ils sont dédouanés et déballés le plus vite possible.

Les masques sont rapidement dédouanés et déballés dans un entrepôt
Les masques sont rapidement dédouanés et déballés dans un entrepôt Crédit : Morad Djabbari/RTL

C’est un ballet frénétique de transpalettes qui déchargent et chargent avant que 12 poids lourds, moteurs allumés, ne partent sur les routes de France. Il est impossible de savoir précisément où et à qui sont destinés ces masques car cela est tenu secret comme l'informe un conducteur : "Vous prenez une carte de France, découpée en quatre et ajoutez l'Île-de-France". Sous escorte policière, "les masques à deux centimes sont devenus des lingots d'or pour lesquels on met beaucoup de sécurité".

Ces commandes d’État gérées par l’Agence régionale de santé (ARS) sont ensuite livrées dans les GHT, les groupements hospitaliers de territoires, qui dispatchent les masques entre les hôpitaux, les pharmacies et les médecins. Cette semaine encore, grâce au pont aérien, environ 60 millions de masques vont arriver en France.

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