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Masques dans les grandes surfaces : Abad fustige "le défaut d'anticipation" de l'État

Le chef de file des députés LR, Damien Abad, déplore ce samedi 2 mai au soir le "défaut d'anticipation" de l'État, estimant qu'il a été "supplanté par les grandes surfaces", qui ont "sécurisé" plusieurs centaines de millions de masques en vente dès lundi.

Damien Abad, le 3 mars 2020 à l'Assemblée nationale
Damien Abad, le 3 mars 2020 à l'Assemblée nationale Crédit : Ludovic Marin / AFP
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

"Comment se fait-il que l'Etat français soit supplanté par les grandes surfaces ?". Le chef de file des députés d'opposition LR, Damien Abad, fustige ce samedi 2 mai au soir l'État pour son "défaut d'anticipation", estimant qu'il a été "supplanté par les grandes surfaces", qui ont affirmé avoir "sécurisé" plusieurs centaines de millions de masques en vente dès lundi.

"Comment se fait-il que l'État français soit supplanté par les grandes surfaces et qu'on n'ait pas pu préempter les commandes de masques, et les stocks pour les distribuer aux masseurs, dentistes, sages-femme, infirmiers libéraux... à toutes celles et tous ceux qui ont manqué de masque et ont dû gérer la pénurie au quotidien ?", interroge auprès le député de l'Ain.

"Il ne s'agit pas de mettre en cause les grandes surfaces", assure l'élu, "mais ce qui est incompréhensible c'est que Carrefour et Leclerc sont plus puissants que l'État" et "ont la capacité de faire des commandes massives". Soutenant que ces commandes ont été passées il y a une dizaine de jours, au moins, le député estime que le gouvernement a fait preuve d'"un défaut d'anticipation et aurait pu préempter une partie de ces stocks".

Renaud Muselier a menacé de déposer "plainte pour mise en danger de la vie d'autrui"

L'objectif est de "savoir si la grande distribution avait des stocks (de masques), ce qui est quasi obligé, et si elle les avait, comment se fait-il que l'État n'ait pas préempter ?", poursuit-il. Le patron des députés LR appelle "le gouvernement à saisir la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, Ndlr) et demander les bons de commande et bons de livraison".

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Plus tôt samedi, le président de la région Paca, Renaud Muselier (LR), a menacé, dans un tweet, de dépôt de "plainte pour mise en danger de la vie d'autrui et non assistance à personne en danger" et donné "trois jours à la grande distribution pour prouver qu'elle n'avait pas de stock secret de masques pendant la crise".

"S'il était avéré que ces commandes et ces livraisons sont très largement antérieures à la mise en vente ce lundi (...) cela signifierait une chose très claire : pendant que notre pays subissait une pandémie mondiale et sans précédent, ces entreprises ont stocké des produits de première nécessité (...) dans un but commercial et de communication", a écrit Renaud Muselier, dans un communiqué.

Les professionnels de santé ont dénoncé eux "une surenchère de l'indécence"

Les groupes Carrefour et Leclerc, qui comme toute la grande distribution, pourront vendre des masques à partir du 4 mai, ont annoncé avoir sécurisé respectivement 225 millions de masque (dont 175 millions dits "chirurgicaux") et 170 millions (uniquement "chirurgicaux"). 

"La grande distribution a annoncé non pas des stocks de masques, mais de commandes de masques", a relativisé plus tôt le ministre de la Santé Olivier Véran, à l'issue du conseil des ministres, précisant que "la grande distribution (lui) dit aujourd'hui (samedi, ndlr) disposer en équivalent de 5 voire 10 millions de masques". "On est très très loin des 500 millions" importés notamment par l'Etat, a-t-il indiqué.

Vendredi, le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon s'était dit "écoeuré" face aux volumes de masques annoncés par la grande distribution. Les professionnels de santé ont dénoncé eux "une surenchère de l'indécence" alors que certains ont dit manquer de masques pendant des semaines.Des accusations jugées "diffamatoires" par les distributeurs, qui assurent qu'"il n'y a pas de stocks cachés" mais des commandes à venir.

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