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Coronavirus et confinement : "La culture est indispensable" dit Andréa Bescond

BILLET - Malgré un moral en berne pendant la période de confinement, Andréa Bescond prend le temps "de découvrir des artistes extraordinaires" et de se divertir "grâce aux musiques, danses, films, séries et reportages".

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Coronavirus et confinement : "La culture est indispensable" dit Andréa Bescond Crédit Média : RTL | Date :
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Andréa Bescond

Ce début de confinement, je le vivais plutôt pas mal. Un peu comme beaucoup de Français, je me la racontais avec des vidéos de danse et de yoga sur les réseaux sociaux jusqu’à ce que j’éternue et que je me fasse un pincement lombaire. Je sais c’est absolument ridicule mais j’avais oublié que j’avais passé quarante ans.

Depuis, j’ai un lumbago, la sortie chez l’ostéo, c’est impossible car au niveau de la distanciation sociale c’est raté. Si la pratique du sport n'est pas forcément conseillé par les médecins en cette période de confinement, je pense surtout que cette tension lombaire a été générée par les leçons de fractions du programme de CM1 de ma fille. Je dois avouer qu’au bout de deux ou trois exercices, j’en avais plein le dos et je me suis rendue compte que j’étais con comme mes pieds

La seule chose que je gère en maths au final, c’est pourcentage et proportionnalité dans l’unique but de savoir assez vite combien je vais gagner en net et combien je vais verser aux impôts, ce qui fait de moi, en plus d’être bête, une personne vénale et cupide. Donc ouais, ça va moyen.

"J'ai pris dix piges dans la gueule"

Il y a trois semaines pourtant, j'étais toute pimpante avec ma nouvelle couleur de cheveux. Je suis une des seules françaises à avoir décidé de foncer ma couleur de cheveux une semaine avant le confinement. Une idée complètement con puisque la coiffeuse m’avait dit de revenir dans trois semaines pour ne pas avoir l’air d’une Deschien. Inutile de vous préciser qu’avec le confinement, évidemment, c’est impossible.

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Donc là j’ai des racines blondes suivies d’un cheveu châtain-roux sans éclat et j’ai pris dix piges dans la gueule. En plus, à cause du lumbago à la con, je ne fais plus trop de sport et je noie ma détresse dans le vin, le gras et le sucre donc j’ai pris cinq kilos. Ma vie sexuelle est au plus bas et les gamins nous collent toute la journée, bref, c'est la cata.

Nous, on est auteurs avec mon mari, on bosse de chez nous, alors évidemment, l’école, c’était bien pratique pour notre sexualité, on passait l’après-midi à s’éclater et quand les enfants rentraient à 16h30 on leur faisait croire qu’on avait bossé un scénario toute la journée. Il doit bien y avoir des solutions et il faut donc innover.

"Je suis fatiguée, j'ai plus de force"

On a bien pensé à enfermer les gamins à clé dans leur chambre mais on considère que c’est de la maltraitance et c’est pas notre délire. Déjà que les violences domestiques ont largement augmenté pendant le confinement donc on peut être moche et abstinent, on restera toujours bienveillants avec nos petits. J’en profite pour dire que pendant le confinement, on n’a pas le droit de sortir mais on peut fuir la violence. On peut faire appel à la police ou demander de l’aide en composant le 3919. 

Au niveau de l’ambiance ça va mais on a perdu deux points d’audition depuis qu’on est avec les enfants toute la journée. Qu’est-ce que ça gueule un enfant, c’est incroyable. Tout est prétexte à gueuler et quand c’est pas les nôtres qui gueulent c’est ceux des voisins. Franchement, big up aux enseignants, leur métier, c’est un sacerdoce.

Je suis fatiguée, regardez, j’ai même plus la force d’écrire une chronique avec un personnage, je fais ça à la première personne du singulier, j’ai plus de filtre et mon psy ne fait pas de télé-consultation. En plus Blanquer a évoqué un retour de l’école le 4 mai, on peut donc considérer que ce sera pour septembre. 

Je sais, j’ai pas le droit de me plaindre, j’ai pas chopé le coronavirus, ma famille non plus, je ne suis pas de ceux qui bossent tous les jours à l’extérieur, qui prennent des risques pour nos concitoyens, je vais juste faire partie de la catégorie des gens qui sortiront du confinement dépressifs, agoraphobes et alcooliques.

"Sans les artistes, nos vies seraient bien ternes"

Néanmoins, je prends quelques bouffées d’oxygène dans la journée avec le talent des gens. Je prends le temps de cliquer sur des liens, de découvrir des artistes extraordinaires, de me divertir grâce aux musiques, danses, films, séries et reportages. On a cette chance là en France, de pouvoir vivre de son art grâce à l’intermittence du spectacle alors les propositions sont foisonnantes.

Et on se rend compte, en ces temps de confinement, que la culture est indispensable, que les artistes animent nos journées et que sans eux, nos vies seraient bien ternes. Voilà quelque chose de positif, il faut pas se laisser aller.

J’espère que la semaine prochaine, je pourrais vous faire une chronique plus politique, sociale, moins égocentrée, mais rien n’est moins sûr. Il faut que je fasse un effort c’est la seule source de revenus du foyer en ce moment, merci RTL mais autant vous dire
qu’on va pas aller loin.

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