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Roman Polanski "se sert d'une victime pour être victimisé", dénonce Andréa Bescond

BILLET - Andréa Bescond revient sur la polémique que suscitent les critiques à l'encontre de Roman Polanski, sacré au César 2020. Elle dénonce une victimisation du célèbre réalisateur.

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Roman Polanski "se sert d'une victime pour être victimisé", dénonce Andréa Bescond Crédit Image : Laurent EMMANUEL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Andréa Bescond édité par Florise Vaubien

Vendredi soir, tu avais des amis à dîner et tu as laissé la Cérémonie des César se dérouler sans trop y prêter attention. Jusqu'au moment où Polanski a décroché le César du meilleur réalisateur pour son film J'accuse. Ton amoureux, tes amis et toi êtes dépités, vous interprétez ce César comme un message d'indifférence de certains membres de l'académie des César (pas tous mais une partie) envers les victimes de violences sexuelles, notamment les enfants. 

Vous éteignez, vous vous souvenez d'une vidéo que vous aviez vue passer sur le site de l'Ina, vous la cherchez et la publiez sur vos réseaux. Elle doit avoir quarante ans cette vidéo, Elkabbach en face de Polanski est dépité quand l'artiste dit : "Il faut dire qu'aux États-Unis, coucher avec une jeune fille de 14 ans est un crime pas comme en France". Monsieur Polanski, les relations sexuelles avec des mineurs de 14 ans ont toujours été interdites par la loi, seulement, il aurait fallu que quelqu'un réagisse... Mais c'était une autre époque nous dit-on.

Il est trop fort Polanski, il se sert d'une victime pour être victimisé

Andréa Bescond
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Vous terminez le repas avec les potes, la boule au ventre, vous allez dormir. Quand tu te lèves le lendemain matin, tu découvres avec stupeur sur les réseaux sociaux en buvant ton café qu'être indigné par le César de Polanski peut être interprété comme de l’antisémitisme.

On vous clame qu'il est fondamental de parler de l'affaire Dreyfus aujourd'hui avec la montée de la haine, idée sur laquelle tu es tout à fait d'accord sauf que le réalisateur de J'accuse est sous le coup de douze accusations d'agressions sexuelles sur mineures. Il est là le problème. On aurait aimé un réalisateur plus juste pour parler de l'injustice vécue par Alfred Dreyfus. Il est trop fort Polanski, il se sert d'une victime pour être victimisé. 

Zola aussi s'est improvisé tribunal populaire sauf que lui, on ne l'a pas méprisé

Andréa Bescond
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Si on replaçait l'affaire Dreyfus à notre époque, Zola, au lieu de publier son article dans l'Aurore aurait probablement rédigé un tweet #Jaccuse, il y aurait eu des retweets partout à travers le monde, à l'instar de #metoo et même de #Jesuisunevictime à travers la France depuis la cérémonie des César. Finalement, ces actions sont sœurs, elles portent le même message : "Nous demandons Justice". Zola aussi s'est improvisé tribunal populaire sauf que lui, on ne l'a pas méprisé, on l'a cru, on l'a écouté. Finalement, de 1898 à 2020 il n'y a qu'un pas !

Alors si aujourd'hui les personnes qui dénoncent l'injustice vécue par les victimes de Roman Polanski sont des collabos, des hystériques, des petits dont personne ne se souviendra (coucou Lambert Wilson) ce sont avant tout des personnes qui réclament justice.

Car le fait qu'un homme, aussi doué et célèbre qu'il soit ne puisse jamais être jugé malgré les accusations et le courage des témoignages à son encontre, c'est ce qui est le plus insupportable.

Les législateurs doivent voter l'imprescriptibilité des crimes sexuels

Andréa Bescond
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Qu'il soit adulé, admiré, évidemment c'est difficile mais que la prescription sur les crimes sexuels soit la seule alternative proposée aux victimes, c'est vraiment une deuxième violence. On pourrait croire comme ça, que tout ça ne concerne qu'un petit milieu privilégié qu'est le cinéma mais non ! C'est un sujet sociétal, qui nous concerne tous.

Alors #Cesardelahonte #Metoo #Jesuisvictime #StopPrescription, c'est maintenant, avec l'affaire Polanski que la Justice et la société doit changer son regard sur les violences sexuelles sur mineurs et que les législateurs doivent voter de toute urgence l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs.

Qu'on différencie l'homme de l'artiste ou pas, on se lève ! On se casse et on vote une nouvelle loi à l'Assemblée ! Et au pire, si certains ne sont pas d'accord, il y a toujours le 49.3.

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