1. Accueil
  2. Actu
  3. Bien-être
  4. Coronavirus : les vaccins peuvent-ils présenter un danger pour le cœur ?
3 min de lecture

Coronavirus : les vaccins peuvent-ils présenter un danger pour le cœur ?

ÉCLAIRAGE - Les autorités françaises et américaines pointent un lien possible entre myocardite et vaccin à ARN messager, mais la balance bénéfice/risque est toujours largement favorable aux vaccins.

Photo d’une seringue de vaccin Pfizer/BioNtech contre le Covid-19. (Illustration)
Photo d’une seringue de vaccin Pfizer/BioNtech contre le Covid-19. (Illustration)
Crédit : FRED TANNEAU / AFP
Coline Daclin & AFP

Depuis le lancement de la recherche pour un vaccin contre le coronavirus, les experts s'interrogent sur les possibles effets secondaires. En France, dès le lancement du tout premier, celui de Pfizer-BioNTech, un dispositif de pharmacovigilance a été mis en place pour prévenir d'éventuels problèmes. 

Le dernier bilan sur le sujet, qui couvre la période du 4 au 10 juin, fait état de 48.907 cas d'effets indésirables au total, sur près de 43 millions d'injections réalisées, et environ 30 millions de Français ayant reçu au moins une dose. 26% de ces effets secondaires sont considérés comme graves.

Vendredi 18 juin, une déclaration de l'Agence de sécurité du médicament (ANSM), en charge de cette pharmacovigilance, a néanmoins inquiété. L'ANSM a retenu le "rôle possible" du vaccin Pfizer-BioNTech dans la survenue de myocardites, des inflammations cardiaques, en particulier chez les jeunes. 

"Un effet secondaire très rare"

Sur 29 cas rapportés depuis le début du suivi en France, 14 ont été retenus "au vu du niveau de complétude des données cliniques recueillies", et pour neuf d'entre eux, l'expertise clinique et pharmacologique a conclu à une imputabilité probable du vaccin, détaille l'ANSM.  Il s'agit majoritairement d'hommes (9 sur 14), d'âge médian de 28 ans, en grande majorité (93%) "rétablis ou en cours de rétablissement". 

À lire aussi

Mercredi 23 juin, les autorités sanitaires américaines ont à leur tour parlé d'un lien "probable" entre le vaccin Pfizer, mais également celui de Moderna, et l'apparition d'inflammations du cœur. Au 11 juin, 323 cas de myocardites ou péricardites ont été confirmés chez des personnes de 29 ans ou moins, sur 320 millions de doses injectées, et plus de 175 millions d'Américains ayant reçu au moins une dose.

"Les faits sont clairs : il s'agit d'un effet secondaire très rare, et [...] la plupart des cas sont légers, les individus guérissant souvent d'eux-mêmes ou avec un traitement minime", ont rassuré de nombreux responsables sanitaires dans une déclaration transmise mercredi par le ministère américain de la Santé. 

Les bénéfices toujours largement supérieurs aux risques

Ces cas sont survenus le plus souvent après la deuxième dose de vaccin, en général quelques jours seulement après l'injection. "De façon rassurante, les données montrent que les patients guérissent généralement des symptômes et se portent bien", a déclaré lors d'une présentation Tom Shimabukuro, responsable au sein des Centres de prévention et de contrôle des maladie américains. Aucun décès n'a été enregistré jusqu'ici. 

Pour l'heure, les recommandations ne changent pas pour le vaccin. Aux États-Unis, les autorités envisagent de suspendre l'administration de la seconde dose pour les personnes développant une myocardite après une première dose, en attendant plus d'informations. Cette deuxième dose pourrait toutefois intervenir une fois le cœur totalement rétabli. 

Tous les experts, américains et français, s'accordent sur le fait que la balance bénéfice/risque reste largement en faveur des vaccins. Pour chaque million de garçons de 18 à 24 ans vaccinés, les scientifiques américains estiment que les vaccins permettent d'éviter 530 hospitalisations et 3 morts de la Covid-19, quand ils sont susceptibles de provoquer une cinquantaine de cas de myocardites. Plus on monte en âge, plus le bénéfice direct du vaccin est important.

Si vous ressentez des symptômes inhabituels après un vaccin contre le coronavirus, en dehors d'une petite fièvre ou d'une douleur au point d'injection, il est important de contacter immédiatement un médecin ou votre pharmacien, qui vous indiqueront la marche à suivre. Vous pouvez aussi appeler directement le SAMU en cas de symptôme grave. Les effets indésirables seront déclarés par un médecin au Centre régional de pharmacovigilance (CRPV) dont vous dépendez. Vous pouvez aussi remplir un formulaire à cet effet directement sur signalement-sante.gouv.fr.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/