Présidentielle américaine 2016 : dates, candidats, sondages, résultats de l'élection aux États-Unis

Le 8 novembre prochain, le successeur de Barack Obama sera élu et le remplacera dans ses fonctions deux mois plus tard à la Maison Blanche.

Parmi les candidats côté Démocrate, on retrouve notamment Hillary Clinton, l'ex-première dame
Crédit : Andrew Burton / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Parmi les candidats côté Démocrate, on retrouve notamment Hillary Clinton, l'ex-première dame

C'est l'événement politique de 2016 à l'étranger. La première puissance économique du monde s'apprête à changer de président après huit années sous Barack Obama, le premier chef d'État américain noir de l'histoire. Outre-Atlantique, le président ne peut pas enchaîner trois mandats. La bataille dans la course à la Maison Blanche s'annonce rude et sans merci. Mais avant cela, il faut d'abord convaincre son propre camp d'être le meilleur candidat possible. Chez les Républicains comme chez les démocrates sont organisées des primaires pour élire celui qui est considéré comme le mieux placé pour partir en guerre des idées et convaincre le plus grand nombre de sénateurs.

Nouvelle victoire pour les deux favoris à l'investiture de la présidentielle mardi 27 avril. Lors du petit "super mardi" du 26 avril, l'ancienne secrétaire d'État s'impose dans le Maryland, le Connecticut, le Delaware et la Pennsylvanie. Le sénateur du Vermont l'emporte dans le Rhode Island. Afin de surmonter sa rivale, ce dernier devra remporter environ 85% des délégués restants. Du côté Républicain, Donald Trump réalise un sans-faute. Il s'est imposé dans les cinq États appelés à se prononcer. Ses deux rivaux avaient conclu ce weekend une alliance, dans le but d'empêcher le magnat de l'immobilier d'atteindre les 1.237 délégués nécessaire pour décrocher l'investiture du Grand Old Party, le GOP. 

Démocrates et républicains sont allés voter pour le premier caucus en Iowa début février : la course à la Maison Blanche a réellement débuté à ce moment-là. Hillary Clinton et Ted Cruz sont ressortis gagnants de ce scrutin. Les résultats de ce premier caucus donnent souvent une indication sur le nom du candidat qui l'emportera au final. Face à Hillary Clinton, Bernie Sanders, très apprécié des jeunes américains. Après le premier caucus de l'Iowa, Martin O'Malley a jeté l'éponge, n'ayant récolté que 0,6% des voix. 

Quels sont les derniers résultats ?

Du côté démocrate, Hillary Clinton remportait le 19 avril l'État de New York, améliorant même le score que donnait les sondages. Elle était déjà favorite malgré le grand chelem de Bernie Sanders le 26 mars et sa victoire dans le Wisconsin le 5 avril. Il triomphait dans l'État de Washington, à Hawaï et dans l'Alaska, et espèrait ainsi "s'ouvrir une voie vers la victoire". Le sénateur du Vermont s'est félicité, se disant "sur une lancée". Il diminuait l'avance de la secrétaire d'État Hillary Clinton. Le 5 avril, il remportait l'État du Wisconsin, avec 56,5% des voix. Aujourd'hui, Hillary Clinton détient une large avance grâce à sa victoire à New York. Elle comptabilise aujourd'hui 2.141délégués, contre 1.321 pour son rival.

Sans surprise, Hillary Clinton avait remporté l'Arizona le 22 mars avec 57,7% des voix, selon les derniers résultats. Bernie Sanders, quant à lui, remportait l'État de l'Idaho avec près de 78% des voix, et l'Utah, avec plus de 70% des voix. Lors du "Super Tuesday bis", l'ex-first lady avait fait un bon gigantesque vers l'investiture démocrate. Elle s'était imposée dans cinq États, l'Illinois, la Floride, l'Ohio et la Caroline du Nord et le Missouri. La règle du "winner-takes-all" ne s'applique pas chez les démocrates, mais la candidate aura néanmoins emporté un nombre de délégués bien plus important que son rival, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders.

Lors du super Tuesday, elle remporte sept États, la Géorgie, la Virginie, le Tennessee, l'Alabama, l'Arkansas, le Texas et le Massachusetts. Lors du premier caucus de l'Iowa, comme lors du troisième dans le Nevada, et du vote en Caroline du Sud, la démocrate avait légèrement devancé Bernie Sanders. Le sénateur du Vermont avait quant à lui remporté quatre États lors du Super Tuesday : l'Oklahoma, le Colorado, le Minnesota et le Vermont, avec un record de 86,2%.

Le 8 mars, si chacun des deux candidats démocrates avait remporté un État, Hillary Clinton imposait un écart important en remportant 82,6% des voix dans le Mississippi. Son rival remporte les primaires du Michigan. Au total, il comptabilise des victoires dans 9 États, contre 17 pour Hillary Clinton. Le 28 janvier dernier, quand l'ex-première dame atteignait les 52,1% d'avis favorables, le "socialiste", lui, enregistrait 37,3%. 

Le 19 avril, Donald Trump remportait New York, État où il a fait fortune. Le 22 mars, il avait sans surprise remporté l'Arizona. En vertu de la règle du "winner-takes-all, le milliardaire ajoutait 58 délégués à sa liste. C'est Ted Cruz qui remportait l'Utah, avec près de 70% des voix. Le 5 avril, Ted Cruz s'est imposé dans le Wisconsin. "Une lumière s'est allumée, c'est un tournant" pense le sénateur du Texas. 

L'homme d'affaire de New York s'imposait lors du "Super Tuesday" du 15 mars en emportant quatre des cinq États en lice : la Caroline du Nord, l'Illinois, le Missouri et surtout la Floride, un État "winner-takes-all" qui lui permettait de remporter 100% des délégués. La milliardaire a donc battu Marco Rubio sur son propre terrain, la Floride : ce dernier jeta l'éponge. John Kasich avait remporté l'État dont il est gouverneur, l'Ohio, État lui aussi "winner-takes-all". 

Le 12 mars, Donald Trump se faisait largement battre dans le Wyoming et à Washington D.C mais conservait néanmoins son avance. Dans l'État du Wyoming, c'est le sénateur Ted Cruz qui remportait la majorité des délégués (9 sur 12), en emportant 66% des voix, contre 19,5% pour Marco Rubio et 7,2% pour Donald Trump, loin derrière. Dans la capitale fédérale Washington, Marco Rubio et John Kasich remportait respectivement 37,3 et 35,5% des voix. Donald Trump arrive en troisième position avec 13,8% des voix et ne remportait aucun délégués.

Après sa première défaite dans l'Iowa, le milliardaire new-yorkais l'avait ensuite emporté dans le New Hampshire, en Caroline du Sud et dans le Nevada et se plaçait en grand favori de la course à l'investiture de son parti après le Super Tuesday, en remportant sept États : la Géorgie, l'Alabama, le Massachusetts, le Tennessee, la Virginie, l'Arkansas et le Vermont. Ted Cruz avait alors remporté trois États : le Texas, l'Oklahoma et l'Alaska. 

Ted Cruz était incontestablement sorti vainqueur du Super Saturday, le 5 mars, où il a établi la plus large victoire de ces primaires victoires en remportant le Kansas avec 48% des voix, contre 23% pour son adversaire. Donald Trump a cependant réussi à regagner de l'avance le 8 mars en remportant le Michigan, le Mississippi et Hawaï. Ted Cruz l'a quant à lui emporté dans l'Idaho. Grâce à sa victoire dans l'État de New York, Donald Trump fait un bond en avant, en raflant la quasi-totalité des 95 délégués. Il comptabilise jusqu'alors 950 délégués. Ted Cruz, 560 et enfin John Kasich, 153.

Les différents candidats à la Maison Blanche

Dans chaque camp, de fortes personnalités se dégagent. D'abord chez les Républicains. Donald Trump, provocateur de 69 ans qui a reçu le soutien de la conservatrice Sarah Palin, est très remarqué pour ses nombreuses sorties polémiques. Considéré par certains comme "encore plus flippant" que Donald Trump, Ben Carson jouit d'une aura positive grâce à son profil de premier chirurgien à avoir séparé deux siamois reliés par la tête. Il se retire de la course après le Super Tuesday. Idem pour Jeb Bush, 62 ans, mondialement connu pour être le fils de l'ancien président américain George Bush et le frère de l'autre ex-président Georges W.Bush, qui jette l'éponge après l'étape de Caroline du Sud. Quant à Chris Christie, Carly Fiorina, Jim Gilmore, Mike Huckabee, Rand Paul et Rick Santorum, ils ont tous abandonné en cours de route. Dans la longue liste des candidats conservateurs, il y a également Ted Cruz, qui talonne Donald Trump, Marco Rubio et John Kasich. 

Côté démocrate, Hillary Clinton est sans doute la candidate la plus connue. L'ancienne première dame et femme de Bill Clinton est soutenue par de nombreuses stars mais doit faire face à un adversaire de plus en plus coriace. Celui que l'on qualifie facilement comme "l'anti Hillary Clinton" se fait de plus en plus présent sur la scène politique américaine. Bernie Sanders est une espèce d'OVNI qui aujourd'hui a déjà remporté 9 États et qui se proclame lui-même "socialiste", une insulte pour nombre d'Américains. Il a d'ailleurs reçu le soutien du groupe Red Hot Chili Peppers. Un troisième homme s'était également officiellement déclaré en lice pour tenter de vaincre le candidat républicain. Martin O'Malley, gouverneur du Maryland, s'imaginait président des États-Unis à 52 ans. Mais il a finalement abandonné après sa défaite en Iowa. On retiendra notamment de son mandat de gouverneur l'abolition de la peine de mort ainsi que la légalisation du mariage homosexuel. D'autres démocrates se sont dit "intéressés" par une candidature, sans officialiser leur entrée en campagne comme le vice-président actuel Joe Biden ou Al Gore, vice-président de 1993 à 2001.

Les délégués, nerf de la guerre pour les différents candidats

Lors des primaires et caucus, les partisans des partis ne se retrouvent pas pour élire directement le candidat, mais pour élire des délégués, qui représentent les candidats et s’engagent à voter pour eux lors de l’étape suivante, la convention nationale. Elle se tiendra pour les républicains du 18 au 21 juillet 2016 à Cleveland, et pour les démocrates du 25 au 28 juillet à Philadelphie. Notons néanmoins que dans certains États, les délégués ne sont pas obligés de voter pour le candidat qu’ils représentent et peuvent ainsi trahir leur électorat. 

Combien sont-ils ?

Le nombre de délégués par État est défini à l’avance par le parti en fonction de l’importance de l’État, généralement liée au nombre d'habitants. Par exemple, une État comme le Vermont ne regroupe que 12 délégués républicains, alors que l’Alabama en compte 50. Côté républicain, on compte 2.472 délégués. Chez les démocrates, ils sont 4.483. Dans chacun des Partis, pour qu’un candidat soit sûr d'être investi, il lui faut le soutien de plus de la moitié des délégués. Pour être représenté à la convention nationale, il faut alors recueillir 1.237 délégués chez les républicains. Les candidats démocrates doivent eux comptabiliser 2.383 délégués.

Qui sont les "super-délégués" ?

Ces délégués un peu spéciaux seront présents à la convention nationale sans passer par la case primaire. Ils ont la liberté de voter pour qui ils souhaitent. Pour être un super-délégué, il suffit d’être membre du parti en tant qu’élu ou ancien élu. En cas de quasi-égalité, le vote des super-délégués pourrait être décisif. Ce système est critiqué par beaucoup pour son manque de démocratie. Aujourd’hui, une large partie des super-délégués s’est déjà prononcée : parmi les 718 super-délégués démocrates, 465 ont annoncé voter pour Hillary Clinton, contre 25 seulement pour Bernie Sanders. 

Quels sont les différents types de scrutin ?

Le type de scrutin change selon les partis et selon les États. Dans certains États comme l’Iowa, les scrutins sont proportionnels. Si un candidat recueille 41% des voix, alors 41% des délégués de l’État lui seront attribués. Dans certains cas, par exemple en Floride, c’est le schéma du "winner-takes-all" ("le gagnant prend tout" en français) qui est appliqué. Si un candidat remporte un État, peu importe son score, il aura alors 100% des délégués.

Qu'est-ce-qu'un caucus ?

La saison des caucus a ouvert ses portes lundi 1er février pour désigner les candidats républicains et démocrates. La majorité des États a cependant abandonné cette tradition ancienne et prône aujourd'hui la formule des primaires, organisées et payées par chacun des États. Les caucus obligent le rassemblement physique des électeurs à une date précise, dans des "bureaux de vote". 

Le procédé diverge en fonction des républicains et des démocrates. Après un discours des représentants des candidats, les républicains sont amenés à voter à bulletin secret. Côté démocrate, la procédure est plus compliquée. Après les formalités initiales, les partisans de chaque candidat se rassemblent physiquement dans une zone de la pièce où se déroule la réunion. Les groupes qui arrivent en dessous du seuil de viabilité, soit 15% du nombre de personnes, sont éliminés. Dès lors, leurs partisans doivent soit rejoindre d'autres groupes, soit se retirer. À l'issue du réalignement, les groupes sont comptés et leur sont attribué un nombre de délégués proportionnel à leur taille. Ces assemblées élisent d'abord des délégués de circonscription, c'est-à-dire au niveau local, qui élisent ensuite des délégués de comté, qui élisent finalement les délégués de la convention nationale.

Le calendrier des dates importantes

Le calendrier électoral s'est ouvert avec le caucus de l'Iowa le 1er février. Cela marque les premiers votes du long procédé des élections américaines.

9 février 2016 : primaire dans le New Hampshire, la première véritable primaire de l'année. 

20 février 2016 : caucus du parti démocrate dans le Nevada et primaire républicaine en Caroline du sud.

23 février 2016 : caucus du parti républicain dans le Nevada.

27 février 2016 : primaire démocrate en Caroline du sud.

1er mars 2016 : journée particulière dans le processus, pendant laquelle 10 États votent, que ce soit aux primaires ou aux caucus (Alabama, Alaska, Samoa américaines, Arkansas, Colorado, Géorgie, Massachusetts, Minnesota, Dakota du nord, Oklahoma, Tenessee, Texas, Vermont, Virginie et Wyoming.) Ce jour est surnommé le "Super Tuesday" ("mardi" en français). De cette date jusqu'au 14 juin, les primaires et caucus sont organisés dans tous les États.

5 mars 2016 : caucus républicains dans le Maine, Kentucky et le Kansas. Caucus démocratiques dans le Nebraska et le Kansas. Primaires républicaines et démocrates en Louisiane. C'est le "Super Saturday"

6 mars 2016 : caucus démocrate dans le Maine.

8 mars 2016primaires républicaines et démocrates dans l'Idaho, dans le Michigan et dans le Mississippi. Caucus républicain à Hawaï.

15 mars 2016 : primaires républicaines et démocrates de Caroline du Nord, du Missouri, de l'Ohio, de la Floride et de l'Illinois.

22 mars : caucus républicains et démocrates de l'Utah, caucus démocratique de l'Idaho, primaires démocrates républicaines de démocrates de l'Arizona.

26 mars : caucus démocrates de l'Alaska, de Washington et d'Hawaii

05 avril : primaires républicaines et démocrates du Wisconsin

09 avril : caucus démocrate du Wyoming

19 avril : primaires républicaines et démocrates de New York

26 avril : primaires républicaines et démocrates du Rhode Island, de Delaware, du Connecticut, du Maryland, et de la Pennsylvanie

3 mai : primaires républicaines et démocrates de l'Indiana

10 mai : primaires républicaines et démocrates du Nebraska et de la Virginie de l'Ouest

17 mai : primaires républicaines et démocrates du Kentucky et de l'Oregon

24 mai : primaire républicaine de Washington

7 juin : primaires démocrates et républicaines en Californie, Montana, New Jersey, Nouveau-Mexique et Dakota du Sud, caucus démocrate au Dakota du Nord

Du 18 au 21 juillet 2016 : convention nationale des républicains.

Vers le 25 juillet 2016 : convention nationale des démocrates.
 
8 novembre 2016 : élection du ou de la président(e) des États-Unis pour au moins quatre ans. 

Janvier 2017 : prise des fonctions du ou de la nouveau(elle) président(e) des États-Unis.

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