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PMA : "La bataille de l'opinion semble déjà perdue pour les opposants", dit Olivier Bost

ÉDITO - Le projet de loi de bioéthique arrive la semaine prochaine à l'Assemblée nationale. Les conservateurs tentent d'organiser la résistance, mais ont du mal à mobiliser.

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PMA : "la bataille de l'opinion semble déjà perdue pour les opposants" dit Olivier Bost Crédit Image : FRANCOIS GUILLOT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Paul Turban

La loi sur la bioéthique arrive la semaine prochaine à l’Assemblée nationale. L’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux mères célibataires et aux couples de femmes homosexuelles est au cœur de ce projet de loi. Des manifestations sont prévues, mais l’ambiance est très différente de l’époque du "mariage pour tous". 

D’abord, parce qu’il y a eu un travail en commission à l’Assemblée nationale franchement très intéressant. Des heures et des heures d’auditions et de débats ont eu lieu. Beaucoup a été dit et tout le monde a pu s’exprimer, ce qui ne veut pas dire, bien sûr, que tout le monde a été écouté. 

Il faut bien le constater, il est plus facile aujourd’hui de parler de ces sujets sans déclencher d’hystérie collective qu’en leur temps avec le PACS ou le "mariage pour tous". Il n’y a pas de grandes figures médiatiques, comme Ludivine de la Rochère ou Frigide Barjot, chez les opposants, ou de Christiane Taubira sur les bancs du gouvernement. Il n’y a pas non plus, à travers ce nouveau combat, d’opposition politique frontale, comme sous François Hollande.

Cette bataille a en fait à peine commencé

Olivier Bost, éditorialiste politique de RTL
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Si l’on regarde les sondages, notamment le dernier Ipsos de cette semaine sur cette question, 6 Français sur 10 se disent favorables à l’ouverture de la PMA. La bataille de l’opinion semble déjà perdue pour ses opposants. Il n’y aura jamais 1 million de personnes dans les rues. Les organisateurs en attendent au mieux 200.000. 

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Sauf que cette bataille a, en fait, à peine commencé. Des évêques se sont exprimés ce lundi 16 septembre. La première manifestation dans la rue est prévue le 6 octobre. L’Assemblée nationale entrera dans le vif du sujet la semaine prochaine. 

Des opposants divisés

Chez les opposants, il y a pour l’instant encore beaucoup de retenue et, il faut bien le dire, un peu de malaise. Je vous parlais de l’Église : on a bien compris que les évêques sont divisés. Ils veulent que les catholiques "se manifestent", pas forcément qu’ils aillent dans la rue. 

À l’Assemblée, la droite, en grande partie, ne se fera pas entendre. Avec la liberté de vote, proposée par Christian Jacob le patron des députés, une partie, peut-être un quart des députés Les Républicains, pourrait voter en faveur du texte. C’était encore inimaginable il y a moins de 3 ans. 

Marion Maréchal va défiler, sa tante, non

Olivier Bost, éditorialiste politique de RTL, à propos de la manifestation du 6 octobre contre la PMA.
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Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, très engagé contre le mariage pour tous, ne descendra pas dans la rue cette fois-ci. Le député européen François-Xavier Bellamy, très conservateur, y sera, mais il ne veut pas se ranger derrière les slogans. Lui préfère parler bioéthique, poser des limites au progrès médical qui ne sert plus à guérir mais a rendre possible ce qui était impossible. 

À l’extrême droite, Marion Maréchal va défiler. Sa tante, non, comme pour le mariage gay.  Marine Le Pen ne veut pas en faire un sujet de bataille politique. 

L'ombre de la GPA pèse sur le débat

Ce qui redonne des arguments aux opposants, c'est la question de la gestation pour autrui (GPA). La PMA ouvre un débat passionnant sur la question de la filiation. Est-on en train de créer un droit à l’enfant ? Derrière la PMA, il n’est pas ahurissant de se demander si on n'autorise pas déjà la GPA, les mères porteuses…

D’autant que ce n’est pas tabou chez un certain nombre de députés En Marche. Certains y sont même ouvertement favorables. Des ministres se disent aussi, hors micro, pas opposés. La reconnaissance des enfants nés de GPA réalisée à l’étranger vient aussi troubler le débat. Ce sont les arguments que vont utiliser les opposants à la "PMA pour toutes". 

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