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Loi contre les "séparatismes" : l’impossible équilibre ?

ÉDITO - La loi "confortant les principes républicains", présentée en conseil des ministres mercredi, constitue un équilibre périlleux pour Emmanuel Macron. Elle ne doit apparaître ni comme un recul ni comme un renoncement.

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Loi séparatisme : l'impossible équilibre ? Crédit Image : Thomas COEX / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Quentin Marchal

La loi "confortant les principes républicains", ultra-sensible actuellement en France, va être présentée en conseil des ministres ce mercredi 9 décembre. Alors qu'Emmanuel Macron affirmait, le vendredi 2 octobre aux Mureaux, que "ce a quoi nous devons nous attaquer, c’est le séparatisme islamiste",  les mots "séparatisme" et "islamiste" ne figurent nulle part dans le texte de loi.

Comme souvent dans le récit d’Emmanuel Macron, il est question d'équilibre et le "en même temps" est la base de tout. Depuis quelques jours, les ministres et les conseillers s’évertuent à rappeler que cette loi sera équilibrée, "très équilibrée" insiste même un conseiller du chef de l’État.

Pour Emmanuel Macron, il s’agit en réalité d’une stratégie globale. Il y a le répressif et son pendant, la lutte contre les discriminations annoncée le vendredi 4 décembre et le long retour des services publics dans les quartiers. La future loi n’est qu’un élément de cette stratégie globale.

Cette loi imposera la neutralité religieuse, une stricte laïcité à tous les services publics et devait interdire l’école à domicile. Cependant, cette interdiction sera atténuée sous la pression du conseil d’État

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Elle aura pour but de riposter aux pressions contre des fonctionnaires, les professeurs ou les médecins et contre les menaces sur les réseaux sociaux. Ces principes ont été ajoutés dans la loi après la décapitation de Samuel Paty. Enfin, elle doit clarifier les sources de financements des cultes.

Lutter contre l’islamisme sans être accusé d’être anti-islam

Le gouvernement n'a pas atténué son ambition initiale car il y a des risques d’inconstitutionnalité, pointé par le conseil d’État. De plus, plusieurs évènements sont venus contrarier cette ambition. Le communautarisme est devenu le séparatisme pour atterrir sur une loi "confortant les principes républicains".

Il ne s’agit pas seulement d’un glissement sémantique car il y a aussi un contexte où plusieurs visions de la laïcité, rigoriste ou plus libérale, s’opposent à droite, à gauche et jusque dans la majorité de La République En Marche (LaREM).

L’article 24 sur les images de policiers a montré que des sujets mal maitrisés ou mal préparés pouvaient vite déboussoler une majorité fragile. La France légifère aussi sous le regard du reste du monde, notamment des pays arabo-musulmans et des pays anglo-saxons, qui ne comprennent pas notre laïcité à la française.

Lutter contre l’islamisme sans être accusé d’être anti-islam, c’est ce que doit parvenir à concilier cette loi séparatisme. Un équilibre périlleux et subtil qui ne doit apparaître ni comme un recul ni comme un renoncement.

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