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Comment le gouvernement veut lutter contre les discriminations LGBTphobes

ÉCLAIRAGE - Élisabeth Moreno a présenté mercredi 14 octobre 150 mesures pour lutter contre les LGBTphobies. En quoi consistent-elles ?

Élisabeth Moreno, ministre chargée de l'égalité et de la diversité
Élisabeth Moreno, ministre chargée de l'égalité et de la diversité Crédit : Ludovic Marin / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

"Faire des personnes lesbiennes, gays, bi et trans des citoyennes et des citoyens à part entière". C'est l'objectif affiché par Élisabeth Moreno mercredi 14 octobre. La ministre déléguée à l'égalité femmes-hommes, à la diversité et à l'égalité des chances a présenté son plan d'action pour lutter contre les discriminations à l'égard des personnes de la communauté LGBTQ+.

Ce plan comprend 150 mesures, à engager ou actuellement en cours d'application, réparties en 42 objectifs à atteindre d'ici 2023. Celles-ci concernent aussi bien la sphère familiale, l'école, l'université, le travail, la santé, le sport etc. 

Ainsi, plusieurs d'entre elles visent à reconnaître la parentalité des personnes LGBTQ+, comme la concrétisation des mesures d'adoption pour les couples homosexuels encore trop mal appliquées, ou l'ouverture de la PMA aux couples de femmes qui devrait être définitivement adoptée d'ici 2021.

Une meilleure prise en charge santé

Dans la lignée de la loi bioéthique, de nombreuses mesures sont envisagées dans le milieu de la santé. Notamment, le plan d'action élaboré en partenariat avec la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), prévoit un volet dédié à la prise en charge correcte et adaptée des personnes de la communauté LGBTQ+. 

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Cela passe par un meilleur accompagnement gynécologique des femmes lesbiennes et bisexuelles dont la sexualité est souvent mal considérée par les professionnels de santé ou encore par "une réflexion" sur la prise en charge du parcours de transition des personnes trans, qui bataillent avec le milieu médical pour transitionner dans de bonnes conditions

Par ailleurs, le gouvernement indique dans ce rapport vouloir améliorer l'accompagnement des personnes intersexes. En octobre 2019, les députés avaient voté en ce sens l'orientation systématique vers un centre spécialisé (Lille, Lyon, Montpellier et Paris) des enfants nés avec des caractéristiques sexuelles féminines et masculines à la naissance et opérées étant enfants afin de les conformer à un sexe. Les associations de défense des droits des personnes intersexes dénoncent depuis plusieurs années les mutilations génitales dont elles sont victimes dès le plus jeune âge.

Enfin, le gouvernement entend lutter contre la sérophobie, discrimination à l'égard des personnes séropositives, ainsi que "poursuivre la révision des critères de sélection des donneurs de sang concernant les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, NDLR)". Depuis avril dernier, ces derniers doivent respecter un délai d'abstinence de quatre mois avant de donner leur sang (contre douze auparavant), mais les associations exigent que les critères soient mis à équivalent avec les personnes hétérosexuelles qui elles n'ont pas ce type de restriction.

Éduquer et sensibiliser dès le plus jeune âge

Durant la présentation de son plan d'action, Élisabeth Moreno a insisté sur le rôle que l'éducation joue dans la lutte contre les LGBTphobies. "Parce qu'elles naissent dès l'enfance, les discriminations et inégalités peuvent aussi se corriger, en y mettant des moyens. (...) L'école doit donc être le premier lieu de sensibilisation et de prévention et participer à la déconstruction des stéréotypes tenaces". La ministre prévoit ainsi, avec Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, d'"amplifier" la formation aux équipes pédagogiques et éducatives. 

Par exemple, un site internet appelé "Éduquer contre les LGBTphobies" sera créé, afin de "donner aux enseignants des armes pour combattre l'homophobie et la transphobie, et permettre la bonne inclusion des élèves LGBT+". 

Le gouvernement souhaite également "sensibiliser les éditeurs de manuels scolaires afin d’inclure et de rendre visible la diversité des orientations sexuelles, des identités de genre et des familles". Des guides spécialisés seront aussi distribués au personnel des établissements scolaires et de l'enseignement supérieur, dont un dédié aux droits spécifiques des élèves trans.

Lutter contre les actes LGBTphobes

La ministre déléguée à l'Égalité a aussi présenté des mesures pour lutter concrètement contre les actes lesbophobes, homophobes et transphobes. Déjà évoquée par Marlène Schiappa et par une proposition de loi portée par la députée Laurence Vanceubrock, l'interdiction des thérapies de conversion figure en haut de la liste. Élisabeth Moreno a qualifié ces thérapies visant à changer l'orientation sexuelle des personnes LGBTQ+, de "pratiques abjectes et moyen-âgeuses".

Tout un volet est également dédié au milieu du sport au sein duquel l'homophobie se manifeste aussi bien dans les chants et les insultes proférées entre supporters que sur les terrains de football, par exemple. Ceci passe par des formations et des campagnes de sensibilisation, mais également par la mobilisation de personnes référentes en "éthique et intégrité". Ceux-ci auront "vocation à être le point de contact pour toutes les politiques de prévention contre les violences et les discriminations".

Des postes similaires seront créés dans la police "sur le modèle de ce qui est expérimenté à Paris, Marseille et Bordeaux". L'objectif est d'améliorer la prise en charge des victimes de LGBTphobies. Une nécessité : en 2019, 1.870 cas d'actes homophobes ou transphobes avaient été recensés par le ministère de l'Intérieur et, selon une étude IFOP publiée la même année, 55% des personnes LGBTQ+ ont subi des actes LGBTphobes au cours de leur vie

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