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Déconfinement : le gouvernement pointe les mauvaises volontés

ÉDITO - Alors que le plan de déconfinement a été rejeté par le Sénat, le Premier ministre Édouard Philippe a pointé du doigt les dirigeants de la SNCF et de la RATP, à qui il demande de faire preuve de "bonne volonté".

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Déconfinement : le gouvernement pointe les mauvaises volontés Crédit Image : Thomas SAMSON / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Quentin Marchal

C'est l'un des innombrables défis du déconfinement pour le gouvernement. À l'approche du lundi 11 mai, la tension ne cesse de monter sur le sujet des transports pour pouvoir permettre aux Français d'aller travailler la semaine prochaine en voiture, en train, en bus ou en métro.

Rarement, le Premier ministre Édouard Philippe n'avait laissé transparaître une colère aussi froide. La scène s'est produite ce lundi 4 mai, devant le Sénat, où le chef du gouvernement présentait le plan de déconfinement, qui a été rejeté. "Dimanche, c'est d'abord par la presse que j'ai pris connaissance d'une lettre adressée au Premier ministre, par des responsables d'entreprises de transport publics pour beaucoup d'ailleurs" a-t-il dit.

En clair, des dirigeants nommés par le gouvernement remettent en cause ce que leur demande de faire le gouvernement. Cela est très mal passé du côté de Matignon et Édouard Philippe n'a pas hésité à signifier ce qu'il en pensait, avec cette phrase : "Je ne doute pas qu'ils sachent parvenir à surmonter les difficultés qu'ils anticipent, animés par un esprit de dévouement au bien public". Autrement dit, ce que les soignants sont arrivés à faire dans les hôpitaux en se surpassant, la SNCF et la RATP doivent y arriver.

Macron et Philippe évoquent de "la bonne volonté"

Le premier résultat de cette passe d'arme ne s'est pas fait attendre. La SNCF, qui devait annoncer ce mardi 5 mai comment les trains circuleront la semaine prochaine, a annulé le rendez-vous. C'est le secrétaire d'état aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui le fera lui-même, flanqué de ces patrons récalcitrants, à la fin de la semaine.

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Tout cela n'est pas une simple péripétie avant le jour J du 11 mai parce que le Premier ministre s'est montré très clair : "La vie économique doit reprendre impérativement et rapidement avec de la bonne volonté". Emmanuel Macron a d'ailleurs dit quasiment la même chose, au même moment, à l'Élysée : "Il faut aborder le déconfinement avec calme, pragmatisme et bonne volonté".

Voici donc le nouveau clivage des jours à venir. Il y a ceux qui seront de bonne volonté et les autres. Les transporteurs publics que sont la SNCF et la RATP ne sont pas de bonne volonté mais il faut dire qu'ils sont confrontés à un sacré casse-tête, dans toutes les grandes agglomérations et en particulier en Île-de-France. Les patrons des transports estiment qu'il leur est impossible de faire respecter le mètre de distance entre les voyageurs.

Une double pression pour les transporteurs

Pour mieux comprendre cette problématique et s'imaginer ce que ça représente comme défi, il suffit de prendre le métro. En clair, l'État veut passer de 4 voyageurs au mètre carré à un voyageur pour 4 mètres carrés maximum.

En fait, derrière ces préoccupations, ces transporteurs ont aussi sous une double pression. Ils craignent d'engager leur responsabilité pénale si les distances ne sont pas respectées et d'avoir des mouvements sociaux et des droits de retraits de leurs employés si la situation tournait mal. En un mot, ils se protègent.

Face à cela, le ministère des transports propose de fermer certaines stations, mais la région Île-de-France y est totalement opposée car il faut que les soignants et toute la première ligne face au coronavirus puissent venir travailler. La Présidente de la région, Valérie Pécresse, demande donc le maintien d'attestations d'employeur pour pouvoir prendre les transports.

Si les discussions se poursuivent actuellement, une tendance se profile avec les tensions de ces derniers jours. Que ce soit dans les transports, ou pour les écoles, le gouvernement est en train de voir cette semaine, dans les faits, qui, à ses yeux, est de bonne volonté ou non.

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