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Coronavirus et confinement : le secteur automobile frappé de plein fouet

Le Mondial de l'automobile, qui devait se tenir en octobre, est annulé. Symptôme d'une crise sans précédent pour le secteur automobile, complètement à l'arrêt. La reprise va être difficile.

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Coronavirus et confinement : le secteur automobile frappé de plein fouet Crédit Image : STR / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Paul Turban

Le Mondial de l'automobile n'aura pas lieu, victime du nouveau coronavirus Covid-19. Le secteur automobile est l'un des secteurs économiques les plus touchés. C'est une crise historique pour le secteur, mais il était devenu impossible de préparer sereinement un tel événement, avec l'incertitude de pouvoir ouvrir ses portes au public en octobre.

C'est en ce moment qu'ont lieu les discussions avec les partenaires et les constructeurs pour les événements, les stands. Il ne faut pas le cacher, cela fait aussi plusieurs années que de tels salons n'attirent plus les foules, ni autant de fabricants de voitures.

Le modèle a vieilli. Il n'est plus un booster de vente sur la fin d'année. Désormais, la communication des marques passe par des influenceurs sur les réseaux sociaux. Les constructeurs préfèrent aller au Salon des nouvelles technologies à Las Vegas, plutôt qu'à Detroit ou Francfort.

Le temple du moteur thermique et du CO2, cela fait des années que ce n'est plus tendance. Le marché automobile vit une vraie révolution idéologie, technologique après le "Dieselgate". Le Covid-19 va donc sans doute achever le modèle du Salon de l'automobile à l'ancienne, même s'il rassemblait encore 1 million de visiteurs par édition.

Une crise globalement très violente

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L'annulation du Mondial est le pavé dans la vitrine. Mais dans l'arrière-boutique, ce n'est pas brillant non plus. La crise est deux fois plus violente qu'en 2008. Les experts estiment que cette année 14 millions de voitures de moins dans le monde. Après la crise des subprimes, les ventes avaient baissé de 6 millions seulement. 14 millions en moins, c'est l'équivalent de toutes les ventes annuelles de l'Europe.

Ce pessimisme s'explique par la fermeture des usines. Les équipementiers sont à l'arrêt. La reprise va être lente, graduelle, parce que ça va repartir d'abord en Asie, très doucement, puis en Europe et enfin aux États-Unis. Pendant au moins un an, on risque donc d'avoir une zone qui tourne au ralenti.

Il va falloir trois ou quatre ans pour retrouver un niveau de production normale, parce que l'achat d'une voiture est typiquement le projet qu'on reporte en cas de doute. On risque de ne pas venir au niveau de production antérieure en France. L'Hexagone produit aujourd'hui 1 million de véhicules en moins qu'il y a 20 ans. Un certain nombre des modèles électriques, les voitures de l'avenir, sont produits à l'étranger.

Comment sauver le secteur automobile ?

C'est l’État qui pourra agir pour sauver le secteur. En 2008, on avait mis en place des primes à la casse qui avaient sauvegardé les ventes. Mais attention de ne pas reproduire les erreurs d'il y a 10 ans : il faut des primes qui soutiennent les voitures produites en France et pas en Turquie ou au Maroc, si on veut aider les ouvriers français. L'automobile, c'est un emploi ouvrier sur 10 en France.

Si besoin, la nationalisation reste une option. L’État a déjà fait des montées en capital dans les régies Renault et PSA. Il n'hésitera pas une seconde s'il faut sauver des symboles comme Renault ou Air France dans l'aérien, le message est passé.

Mais surtout, les constructeurs automobiles pourraient être l'équivalent des banques il y a 10 ans : l’État recapitalisé les banques après la crise des subprimes et avait avancé des prêts pour sauver le secteur. En quelques années, l’État avait dégagé de juteuses plus-values. Il pourrait en être de même avec l'automobile. Les titres sont massacrés en ce moment en bourse, mais les entreprises ont de l'argent en caisse. On achètera encore des voitures dans 5 ans, donc cela pourrait être un sauvetage très rentable.

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