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Jessica, ancienne arachnophobe, raconte comment elle a réussi à vaincre son trouble dans "Un jour, une vie"
Crédit : RTL
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Nomophobie, xantophobie, turophobie... Il existe aujourd'hui des centaines de termes pour nommer les phobies, touchant plus de 7 millions de Français chaque année. Si la peur de certains éléments ou situations est le lot de chaque être humain, le trouble phobique est un état bien plus avancé d'angoisse quasiment impossible à contrôler. Au micro de Faustine Bollaert, le psychiatre David Masson rappelle la définition exacte d'une phobie : "Ça correspond à une peur intense, irrationnelle et incontrôlable d'une situation, d'un objet précis. Et ça va entraîner des pensées obsédantes, des peurs de mourir, peur de perdre le contrôle. On va même arriver à des blocages et retentissements fonctionnels importants, et ça peut devenir une vraie gêne dans la vie de la personne".
Pour exemplifier les effets contrariants d'une phobie dans un quotidien, Jessica est venue témoigner sur son parcours face à l'arachnophobie. Comme pour de nombreuses personnes, son angoisse des araignées s'est déclenchée lors d'un traumatisme d'enfance : "J'avais 12 ans, je prenais ma douche et en sortant, j'ai attrapé ma serviette que j'avais roulée en boule. Il y avait une araignée à l'intérieur, et c'était une tégénaire", explique-t-elle. Un épisode qui va la rendre totalement phobique des petites bêtes à 8 pattes, et ce pendant de longues années : "J'inspectais chaque pièce avant de rentrer. Je changeais parfois des trajets parce qu'il y avait des petites ruelles où je savais que des toiles s'étaient tissées. Je refusais d'aller camper, je refusais de monter dans une caravane".
Ce trouble phobique devient très vite handicapant dans son quotidien, l'empêchant parfois de simplement sortir d'une pièce : "Quand j'étais en école de vétérinaire, j'ai dû louper un TD un matin car une araignée se trouvait juste au dessus de ma porte d'entrée", raconte-t-elle au micro de RTL. Un comportement qui suscite des moqueries de la part de son entourage, et de la honte pour Jessica impuissante face à son angoisse. Le médecin précise : "les personnes concernées savent généralement très bien que c'est complètement irrationnel". C'est donc avant tout un grand travail sur soi-même à réaliser.
La situation de Jessica paraissait mal embarquée, mais un coup du destin va lui permettre de totalement changer son rapport aux araignées. Lorsqu'elle s'installe chez son compagnon, elle découvre que ce dernier élève des insectes chez lui, mais aussi les petites bêtes à 8 pattes qui l'effraient tant. Après s'être réfugiée très longtemps à l'autre bout de l'appartement, l'arachnophobe va peu à peu s'habituer à leur présence, jusqu'à pouvoir s'en approcher de très près et se débarrasser de son angoisse qui la rongeait : "je les observais à travers mon appareil photo, et je me suis un jour surprise à être touchée par leur regard", confie-t-elle. Un revirement de situation total puisqu'elle leur dédie même des vidéos Youtube depuis quelques années.
Si Jessica a réussi à se sortir de son trouble phobique grâce à une approche très progressive, de nombreuses personnes continue de lutter pour se débarrasser des phobies qui leur gâche la vie. C'est le cas de Melek, claustrophobe, qui est obligée de planifier chacun de ses déplacements pour être sûre de ne pas se retrouver dans un endroit trop fermé : "si j'ai besoin de me déplacer d'un point A à un point B, il faut que je regarde sur Google Maps s'il y a un tunnel sur la route", affirme-t-elle. Incapable de monter dans un ascenseur ou dans un avion, Melek raconte à quel point sa phobie l'handicape pour des trajets de longue distance : "pour aller en Tunisie, je suis obligée de prendre la voiture puis le bateau. Au lieu de deux heures d'avion, je fais quasiment deux jours de voyage".
Linda souffre pour sa part d'une phobie à propos de la nourriture. Depuis sa tendre enfance, elle ne mange que trois plats : du riz, des pâtes et des frites. Elle explique les raisons de cette diète : "j'ai très peur de goûter des nouveaux aliments. Cette peur-là se caractérise par des réflexes vomitifs, des pleurs, un sentiment de dégoût, d'écœurement". Mettant également l'accent sur l'aspect incontrôlable de son angoisse, Linda se rappelle d'une grande incompréhension de la part des autres par rapport à sa phobie. Le docteur David Masson souligne l'importance de "ne pas minimiser la souffrance" des personnes touchées, et la nécessité de respecter le rythme de chacun. Il rassure d'ailleurs les auditeurs en rappelant que "50 % des phobies vont évoluer ou disparaitre avec le temps."
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