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"Vous touchez un objet qu'un homme a touché il y a 5.000 ans" : orfèvre de renom, il raconte ses missions de restauration les plus marquantes

Dans l'émission "Un jour, une vie", Faustine Bollaert reçoit Nicolas Marischael, un orfèvre d'exception dont l'atelier familial perpétue un savoir-faire centenaire. Nicolas partage son parcours, ses défis et ses réalisations. Entre tradition et innovation, il nous dévoile les secrets d'un métier souvent méconnu mais toujours précieux.

Nicolas Marischael, orfèvre

Nicolas Marischael, orfèvre de père en fils depuis 100 ans

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Alban Tardy

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Il lutte au quotidien pour faire vivre son savoir-faire et mettre à mal l'idée que son métier est désuet. Nicolas est un orfèvre passionné. Invité de Un jour, une vie, au micro de Faustine Bollaert, il explique toute la beauté de sa profession, lui qui a eu la chance de travailler sur des projets très prestigieux.

L'orfèvrerie, souvent confondue avec la joaillerie, consister à fabriquer "des objets en argent massif ou en métal argenté, principalement pour orner la table. On retrouve notamment des couverts, des verseuses, des plats, des éléments de décoration. Le joaillier ne s'occupe lui que des bijoux", rappelle Nicolas. 

Si Nicolas s'est orienté dans cet univers, c'est en grande partie grâce à sa famille. C'est son grand-père qui s'est lancé dans l'orfèvrerie, avant que l'entreprise ne soit reprise par son père qui s'est lui spécialisé dans la restauration d'argenterie ancienne

Nicolas se lance dans le métier à 17 ans, attiré comme un aimant par la voie de l'argent : "J'idéalisais mon grand-père que je n'ai pas connu parce qu'il est mort quand j'avais 4 ans. Je n'ai entendu que du bien de lui dans le milieu professionnel. Quand j'ai intégré ce métier, je voulais absolument montrer à mes aïeux ce dont j'étais capable", raconte-t-il. Un héritage familial qui a donc beaucoup compté, et qui va lui permettre d'atteindre l'un de ses plus grands objectifs...

Ma femme me dit : "C'est Notre-Dame, ils veulent que tu travailles pour eux".

Nicolas, orfèvre

Le 15 avril 2019, un incendie va considérablement endommager Notre-Dame de Paris. La structure du bâtiment est détruite, mais la plupart des objets précieux présents à l'intérieur ne brûlent pas. Malgré tout, la décision est prise de refaire la nouvelle ligne de vases sacrés et d'objets liturgiques utilisé pour le culte chrétien, pour marquer cette renaissance de la cathédrale. C'est à ce moment-là que Nicolas est convoqué : "Ma femme arrive dans mon atelier, et me dit 'C'est Notre-Dame, ils veulent que tu travailles pour eux'" se rappelle-t-il. Une grande fierté pour l'orfèvre et un rêve ! "Je me suis enfermé pendant un mois, en août, pour tout concevoir. C'était génial. Paris était dans une atmosphère extraordinaire avec les JO 2024." 

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Durant sa carrière, Nicolas a également eu l'occasion de travailler sur des pièces de grandes valeurs historiques, parfois âgées de plusieurs milliers d'années : "Il y a trois objets qui m'ont marqué : une timbale en or de Mésopotamie datant de 3.000 ans avant J-C, et deux coupes gréco-romaines, d'environ 200 avant Jésus-Christ". S'il avoue que son travail sur ces pièces n'était pas des plus complexes, c'est la symbolique de ces objets qui l'a davantage marqué : "Je les ai emmenés chez moi. Avec ma femme et mes enfants, lorsqu'on s'est mis à table, on s'est prosternés devant. Quand ils touchaient l'une des pièces, je leur disais 'vous touchez un objet qu'un homme a touché il y a 5.000 ans'", raconte-t-il avec émotion.

Malgré sa grande expérience et son aisance avec les outils, l'orfèvre concède faire encore des erreurs, même pour son travail sur Notre-Dame : "Vous ne faites que des erreurs avant de réussir. D'ailleurs j'ai loupé la navette sur le projet de la cathédrale. J'ai dû la refaire, car je n'avais pas pris la bonne épaisseur", explique-t-il. Il tient cependant à rappeler que la France est un pays d'excellence dans ce domaine, les orfèvres français ayant un niveau exceptionnel comparé à la moyenne : "On est très fort dans tous les métiers du luxe. Il faut savoir que sous Louis XIV, on alimentait toutes les cours royales. On est clairement les meilleurs parce qu'on a tous les savoir-faire. Derrière les grandes marques, il y a des artisans de très grand talent". L'orfèvre est un véritable passionné, qui fait très souvent la promotion de ce métier en or... ou plutôt en argent !

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