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Des collégiens se rendant en classe, à Valence en France (image d'illustration)
Crédit : Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Près d'un tiers des collégiennes (30,6%) et un quart des lycéennes (24,9%) déclarent avoir été victimes de cyberviolences, selon une étude de l'Observatoire national des violences faites aux femmes dévoilée, ce jeudi 29 janvier, alors que le gouvernement veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
L'enquête de l'Observatoire revient également en détail sur les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire. Les résultats montrent que les violences sexistes et sexuelles apparaissent dès l’école élémentaire, s’intensifient à l’adolescence et touchent davantage les filles à mesure que l’âge et le niveau scolaire augmentent.
Les violences sexuelles ("baisers" forcés, "caresses" forcées, voyeurisme) touchent 15% des collégiennes et 19% des lycéennes. En CM1-CM2, "8% des écoliers et écolières déclarent avoir subi des 'embrassades' forcées au moins une fois au cours de l'année scolaire 2020-2021, et 15% avoir été victimes de voyeurisme dans les toilettes", détaille le rapport.
Ces chiffres "justifient, si besoin était, l'urgence" du déploiement des programmes scolaires d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (Evars), estime Roxana Maracineanu, la secrétaire générale de la Mission pour la protection des femmes (Miprof) dont dépend l'Observatoire national. "Aucune violence à caractère sexiste ou sexuel n'a sa place à l'École", affirme de son côté le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray, dans l'étude.
En classe de troisième dans un établissement des Hauts-de-Seine, Inès témoigne auprès de RTL : "Parfois, il y a des garçons qui nous disent que tu as de trop petites fesses ou une petite poitrine. Après, ça peut nous complexer à cause de ces choses-là". L'apparence physique est le motif principal des insultes subies par les collégiennes, devant leur tenue. Même chose au lycée.
Louise, élève en seconde, évoque le type d'insultes : "Par rapport à la tenue vestimentaire qu'on porte, comment on est habillé, si on a des hauts un peu décolletés ou des pantalons moulants ou juste des hauts moulants". "Ce n'est pas vraiment des remarques verbales, c'est plutôt des regards un peu pesants et un peu insistants. Souvent les jours où je dois passer à l'oral devant la classe en entière, j'adapte un peu et je mets plutôt un pull au lieu d'un t-shirt", raconte-t-elle.
Beaucoup de jeunes filles ont confié délaisser leur jupe et leur robe pour préférer des joggings ou des vêtements amples et ainsi éviter les remarques de leurs camarades. Parfois, cela va bien plus loin. Inès se souvient d'un de ses camarades de classe en cinquième qui "notait les filles en fonction des formes de la poitrine et des fesses". "Il faisait son classement des filles les plus belles, les plus moches aussi. C'était gênant parce qu'il ne faisait que nous regarder", explique-t-elle. La jeune fille avait alerté la direction de son établissement.
Les témoignages ne s'arrêtent pas là. Il y a aussi cette élève qui se souvient avoir été surprise par des garçons alors qu'elle se changeait dans les vestiaires. Ou encore cette autre adolescente qui raconte que "des garçons sont rentrés dans les toilettes" réservées aux filles. "J'avais oublié de fermer la porte à clé. Ils ont ouvert la porte, ils m'ont vue. Je leur disais de fermer la porte, ils me disaient non. Du coup, ils m'ont vue faire pipi. J'ai été humiliée, j'ai été gênée aussi. C'était la première fois qu'un garçon me voyait aux toilettes", confie-t-elle. Comme cette jeune fille, 10% des collégiennes déclarent avoir déjà été victime de voyeurisme pendant l'année scolaire.
Tout cela a un impact sur la scolarité de ces jeunes. Cette adolescente se souvient des jours qui ont suivi son agression dans les toilettes. "J'ai gardé ça pour moi parce que j'avais honte d'en parler. Pendant une semaine, je voulais partir de l'école parce que j'avais peur. J'ai dit à ma mère que j'étais malade et je ne voulais pas rencontrer les garçons qui m'avaient fait ça", se souvient-elle.
Une semaine sans aller en classe et comme elle, une lycéenne sur dix dit s'être déjà absentée de son établissement par peur au moins une fois au cours de l'année scolaire.
Depuis cinq mois, un programme d'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité est entré en vigueur. Il permet de donner un vrai cadre aux trois séances annuelles obligatoires depuis 2001 pour tous les élèves de la maternelle au lycée, mais elles sont peu mises en œuvre dans les faits.
L'objectif est de sensibiliser les jeunes à des notions comme le consentement, mais aussi de repérer et d'éviter des situations anormales évoquées dans cet article. Au 1er janvier, 66% des écoliers, 48% des collégiens et 35% des lycéens avaient déjà bénéficié d'au moins une séance, selon le gouvernement.
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