4 min de lecture

"Elle était complètement scarifiée et a fait une tentative de suicide" : cette mère raconte comment, selon elle, TikTok a détruit la vie de sa fille

Dans l'émission "Un jour, une vie", Gaëlle est venue partager une histoire bouleversante. Celle de sa fille, prise au piège des dérives dangereuses des réseaux sociaux comme 'Tiktok'. La plateforme a détruit la santé mentale de sa fille lorsqu'elle n'était encore qu'une pré adolescente... Une descente aux enfers qu'elle n'avait pas vu venir.

Gaëlle, invitée de "Un jour, une vie" pour raconter l'histoire de sa fille, dont la santé mentale a été détruite par 'TikTok'.

Gaëlle, sa fille accro à "TikTok" et soumise à l'algorithme du réseau social

00:23:07

Alban Tardy

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Elle avait vaguement entendu parler de cette application où les gens chantent et dansent, mais n'en savait pas plus. Lorsque Gaëlle se rappelle des premiers temps de sa fille avec un téléphone, elle avoue sans concession ne pas avoir été vraiment au courant de ce qu'était TikTok. La mère de famille souhaitait que ses enfants n'aient pas de portable avant la troisième, mais à cause des multiples supplications de sa fille ainsi que du côté purement pratique, elle a cédé dès la cinquième : "Elle a rudement négocié avec nous. À l'époque, mon téléphone et mon Whatsapp représentaient le centre névralgique de sa vie sociale et associative", explique la maman. 

"Elle avait elle-même écrit une charte de bon usage de son téléphone", se rappelle Gaëlle au moment d'évoquer le premier portable de sa fille. Avant cela, la pré-ado était une jeune fille très dynamique et active : "Elle était très joyeuse. Elle faisait de la danse, de la musique, elle avait plein de copines", confie Gaëlle au micro de Faustine Bollaert. Mais très rapidement, un changement de comportement va alerter la maman, qui reconnaît de moins en moins sa fille : "Elle s'est mise à avoir des propos plus tristes, plus inquiets. On a senti que notre enfant changeait", raconte-t-elle. 

Alors que les parents ne sont toujours pas au courant des contenus diffusés sur TikTok, Gaëlle reçoit un appel de la professeure de danse de sa fille qui l'informe d'un état très préoccupant. "Elle me demande si j'ai vu les bras de ma fille. Je ne les voyais plus car elle ne mettait plus que des manches longues. Elle était complètement scarifiée", explique la mère de famille, sous le choc en évoquant ce souvenir extrêmement douloureux. Le début d'une longue chute pour sa fille, au déclenchement très soudain.

Elle a sombré dans une anorexie dramatique, sévère, qui l'a amenée à l'hôpital.

Gaëlle, en parlant de la santé mentale de sa fille détruite par 'TikTok'

Également présent dans l'émission, le journaliste spécialiste sur la cyber intelligence, Damien Bancal, explique que le fonctionnement de TikTok est particulièrement vicieux : "L'algorithme considère que même si un enfant, un adolescent ou un adulte regarde quelques secondes une vidéo morbide ou à la limite de la violence, le spectateur souhaite en voir d'autres. La boucle devient très compliquée à stopper, il n'existe aucune option pour mettre fin au fil d'actualité. C'est pour ça qu'on ne filtre pas du tout ce qu'on regarde, c'est un contenu illimité".

À écouter aussi

Totalement en proie à ces algorithmes et aux contenus diffusés, la fille de Gaëlle va même tenter de mettre fin à ses jours : "Elle a fait une tentative de suicide au Doliprane. Tout s'est accéléré. En quelques mois, juste après cet événement, elle a sombré dans une anorexie dramatique, sévère, qui l'a amenée à l'hôpital", raconte sa mère, encore traumatisée. C'est en feuilletant les pages du journal Le Monde que Gaëlle comprend d'où vient le mal-être de sa fille. Elle y découvre un collectif de parents américains intentant un procès contre TikTok pour incitation au suicide, à la scarification... 

Pourtant, lorsque Gaëlle pose le diagnostic devant les professionnels de santé, ces derniers lui rétorquent qu'elle est désespérée, qu'elle a peur. "Ils n'ont pas fait le lien, il y avait une ignorance totale", déplore-t-elle. L'application est pourtant bel et bien le déclencheur du changement d'attitude de sa fille. 

Aujourd'hui, la fille de Gaëlle est sorti de l'engrenage des réseaux sociaux. Elle tente de reprendre sa vie en main et veut "retrouver une vie sociale réelle. De son côté, Gaëlle a rejoint le collectif Algos Victima, où elle rencontre d'autres personnes dont les enfants ont été victimes de l'application chinoise. Ensemble, ils ont entamé une procédure judiciaire contre la plateforme, pour dégradation de l'état de santé physique et mentale de leurs enfants. Les familles seront même reçues à l'Assemblée Nationale prochainement : "En tant que parents désespérés et impuissants, on s'est vraiment sentis écoutés, secourus par ces institutions", confie Gaëlle.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info