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Déconfinement : masques, déplacements, école... À quoi faut-il s'attendre ?

ÉCLAIRAGE - Masques, déplacements, école, travail... À quelques jours du 11 mai, le gouvernement doit encore préciser les modalités du déconfinement. Voici le scénario auquel s'attendre.

Une pharmacie à Paris, le 4 mai 2020.
Une pharmacie à Paris, le 4 mai 2020. Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Charles Deluermoz et AFP

"Pas de relâchement" ni de "retour à la normale" après le 11 mai, même dans les zones "vertes". Mardi 5 mai, Emmanuel Macron a appelé à un déconfinement extrêmement prudent. "On est en train de réussir ce confinement inédit" et "on a su répondre" à la crise, mais "le virus est toujours là, on ne l'a pas vaincu", a-t-il rappelé, après avoir visité une école à Poissy (Yvelines) pour rassurer maires, parents et enseignants sur une rentrée qui inquiète.

Ainsi les Français devront encore s'attendre après le 11 mai à "des contraintes sur les déplacements longs et des contrôles", dont "le gouvernement donnera les règles" jeudi 7 mai. "Je tiendrai un conseil de défense (sanitaire) jeudi et à son issue toutes les décisions seront données. Le Premier ministre avec ses ministres y reviendront en détail. Mon rôle est d'avoir un propos de bon sens", a expliqué Emmanuel Macron.

Port du masque, multiplication des tests de dépistages, mesures sanitaires strictes dans les transports, retour à l'école sur la base du volontariat ou maintien du télétravail... Les modalités du déconfinement qui seront donc présentées jeudi se précisent. Voici le scénario auquel s'attendre.

De "petites différences entre les départements"

Parmi les nombreuses questions à résoudre, le gouvernement doit notamment fixer pour de bon la carte des départements classés rouges ou verts selon leur situation sanitaire et préciser des mesures adaptées. Mais peu différenciées, a souligné le chef de l'État.

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"Ce critère rouge et vert est important, donc sur certains déplacements, sur l'ouverture de certains services, on variera un peu les choses", a-t-il expliqué."Mais pour quelqu'un de fragile, plutôt âgé, même en zone verte le virus est très dangereux. Donc je ne voudrais pas une forme de relâchement et qu'on se dise, quand on est classé vert, tout revient à la normale. Il y aura partout en France des gestes barrières. Il y aura de petites différences" mais "pas au-delà du raisonnable", a-t-il déclaré.

Jusqu'à 700.000 tests par semaine

De plus, pour éviter une seconde vague, il faudra suivre précisément la circulation du virus. Et ce en multipliant les tests virologiques : jusqu'à 700.000 par semaine, promet le gouvernement. L'objectif est de pouvoir tester tous ceux qui ont des symptômes, puis de retrouver leurs contacts grâce à des "brigades" départementales pour les tester à leur tour.

Les personnes positives seront invitées à s'isoler, mais la quarantaine ne sera pas imposée, le gouvernement tablant sur leur "civisme". Les personnes âgées, plus fragiles, sont quant à elles invitées à continuer à limiter contacts et sorties.

Masques obligatoires dans les transports

Il sera possible de circuler sans attestation à partir du 11 mai jusqu'à 100 km du domicile. Les déplacements plus lointains ne seront possibles que pour "un motif impérieux, familial ou professionnel". Le port du masque et le respect des règles de distanciation seront obligatoires dans les transports publics.

"Les personnes qui voudront prendre un VTC, un taxi ou pénétrer dans une gare sans masque pourront se voir refuser l'accès" et le cas échéant se voir infliger une amende qui pourrait être de 135 euros, selon le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. "Comme pour les transports terrestres, nous allons demander le port du masque obligatoire dans les avions", a-t-il par ailleurs annoncé.

La réouverture des bureaux et commerces va s'accompagner de l'augmentation de l'offre de transports en commun. Mais les opérateurs ont prévenu que l'espacement obligatoire d'un mètre entre passagers "limitera mécaniquement (leur) capacité à transporter un nombre de voyageurs suffisant à la reprise économique".

Pour désengorger les transports publics et éviter que tout le monde ne se rue sur la voiture, le gouvernement cherche à inciter les Français à utiliser le vélo et y consacre notamment un plan de 20 millions d'euros. L'offre de déplacements longue distance, notamment dans les TGV, continuera en revanche d'être réduite.

Maintien du télétravail et horaires différenciés dans les entreprises

Par ailleurs, pour étaler les heures de pointe, les entreprises sont incitées en premier lieu à continuer à recourir massivement au télétravail et à prévoir sinon des horaires décalés pour les salariés devant revenir au travail. Elles devront aussi prévoir l'instauration d'un espace minimum de 4 m2 par salarié, avec une gestion des flux et des sens de circulation pour éviter les croisements. Cette règle s'applique également aux espaces communs, dont les ascenseurs, selon le "protocole national de déconfinement" publié par le ministère du Travail.

Le port du masque ne sera obligatoire que lorsqu'il y a un risque que les mesures de distanciation ne puissent pas être respectées. La prise de température ne pourra pas être imposée aux salariés. Même chose pour les campagnes de dépistage du coronavirus interdites au nom du secret médical. Ces règles viennent en complément des guides déjà disponibles sur le site du ministère, qui détaillent les mesures d'hygiène et de distanciation métier par métier.

Trouver un "juste équilibre" dans les commerces

Du côté des commerces, ceux restés ouverts ont déjà généralisé gestes barrière, port du masque et règles de distanciation. Mais ceux qui vont rouvrir se préparent, et ce ne sera pas simple pour tout le monde : comment respecter la distanciation sociale en coupant des cheveux ou manucurant des ongles ?

Pour tous les commerçants, il s'agira de trouver "un juste équilibre" entre sécurité sanitaire et contraintes "qui n'entravent pas l'activité" du magasin ni sa rentabilité, selon le directeur général de l'Alliance du Commerce Yohann Petiot. "Un commerçant pourra subordonner l'accès de son magasin au port du masque", a indiqué le Premier ministre.

Pour les bars, cafés et restaurants, les interrogations sont plus nombreuses encore : il faudra attendre fin mai pour savoir s'ils pourront rouvrir "à partir du 2 juin", a prévenu Edouard Philippe. En attendant, ils sont de plus en plus nombreux à proposer de la vente à emporter. Une exception : aux Antilles, les bars et restaurants rouvriront dès le 11 mai à Saint-Barth, où l'épidémie est très limitée, et peut-être à Saint-Martin.

Dans les écoles, un retour sur la base du volontariat

Sur le chantier titanesque du retour à l'école de quelque 12 millions d'élèves, les doutes se font plus que jamais sentir. La rentrée est prévue sur la base du volontariat à partir du 11 mai "dans la majorité des écoles" maternelles et primaires, a assuré ce week-end le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, avec un maximum de 15 enfants par classe.

Un protocole sanitaire très strict doit encadrer cette réouverture : lavage de main à répétition, bureaux espacés d'au moins un mètre, port du masque obligatoire ou conseillé selon les circonstances... Un vrai casse-tête pour les communes chargées de préparer cette périlleuse rentrée. Plusieurs écoles ont déjà toutefois annoncé leurs modalités de réouverture (par roulements, demi-classes...). Pour les collèges, l'ouverture ne se fera pas avant le 18 mai, et uniquement dans les départements peu infectés par le coronavirus.

Les rassemblements limités à dix personnes

Après l'annulation des festivals, le report de nombreuses manifestations sportives, la vie sociale va rester très limitée, avec des rassemblements limités à dix personnes à compter du 11 mai, sur la voie publique ou dans des lieux privés. Les grands musées, les cinémas, les salles de concert et les théâtres devront encore rester fermés après le 11 mai. Et tout événement de plus de 5.000 participants est interdit jusqu'en septembre.

Les lieux de culte catholiques pour la plupart, restent ouverts, ce qui n'est pas le cas des synagogues et mosquées. Et Édouard Philippe a annoncé lundi que le gouvernement est "prêt à étudier" la reprise des offices religieux le 29 mai au lieu de la date du 2 juin précédemment établie, ce qui pourrait permettre aux Chrétiens de célébrer la Pentecôte. Les cérémonies funéraires resteront limitées à 20 personnes.

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