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Pourquoi la défiance contre l'État est-elle plus grande en France qu'ailleurs ?

ÉDITO - Malgré l'épidémie de coronavirus qui sévit dans le monde entier, les Français font moins confiance à leur gouvernement que leurs voisins européens. Selon Olivier Bost, ce constat s'explique en partie par les erreurs du gouvernement, mais pas seulement.

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Pourquoi la défiance contre l'État est-elle plus grande en France qu'ailleurs ? Crédit Image : CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Edito Politique - Olivier Bost
Olivier Bost
édité par Quentin Marchal

C'est un constat qui est sans appel. Actuellement, près de 6 français sur 10 ne font pas confiance au gouvernement pour gérer la crise du coronavirus. Un chiffre marquant qui caractérise le fait que nous faisons beaucoup moins confiance que nos voisins européens à notre gouvernement.

Cette tendance s'explique par un mélange d’exception culturelle, de rapport au pouvoir et un fort mauvais départ pour le gouvernement dans cette crise sanitaire. Il faut d’abord jeter un coup œil à la courbe de satisfaction des français. Au début de l'épidémie, la confiance est moyenne, mais elle est là. Au fil des semaines, elle va peu à peu s'effriter pour des raisons multiples comme l’absence de masques, le déroulement des élections municipales, le manque de test et les couac de communication.

Ensuite, rien n’y a fait, il n'y a pas eu de petit rebond après les interventions d’Emmanuel Macron ou celle d'Édouard Philippe la semaine dernière, pour le déconfinement. Irrémédiablement, la confiance est retombée, à son plus bas. La première explication réside donc dans les erreurs du gouvernement. Or, chez nos voisins européens, la gestion de la crise n’a pas été parfaite non plus, et la forte défiance envers notre gouvernement ne s'explique donc pas uniquement par ces erreurs.

La France, un des pays les plus pessimistes au monde

S'il y a aussi des critiques et de vifs débats sur les déconfinements à venir partout en Europe, les habitants restent au soutien de leurs gouvernants. En Angleterre par exemple, malgré sa gestion chaotique, 6 Anglais sur 10 font encore confiance à Boris Johnson pour régler au mieux la crise, selon la dernière étude du Cevipof et d’Ipsos publié par Le Monde.

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En Italie, malgré le bilan le plus lourd d’Europe, mais aussi en Espagne, la défiance est moins grande qu’en France. Le constat est même encore plus frappant en Allemagne. Ce tel manque de confiance en France s'explique aussi par une forme d’exception culturelle. Nous sommes parmi les peuples les plus pessimistes du monde, ce qui ne date pas d'hier et il y a aussi le fait que nous attendons beaucoup plus de l’État.

Nous attendons qu’il nous protège, comme nulle part ailleurs, jusqu’à nous protéger de nous-mêmes, ce qui nous fait naturellement pester contre lui. D'ailleurs, ce qui est vivement critiqué, c’est la gestion sanitaire de la crise et non les vannes de l’endettement, totalement ouvertes pour sauver des emplois.

Nos reproches sont à la hauteur de nos attentes

L’illustration parfaite de ce rapport compliqué entre les Français et leur gouvernement ultra-centralisé, ce sont les dernières tergiversations de ce week-end. Le chef de l’État et les ministres, sur des sujets comme l’école ou la liberté de circuler, hésitent toujours entre l’appel à la responsabilité individuelle et le bâton, la répression.

Les Français demandent de l’autorité mais râlent contre le gendarme. En fait, nos reproches sont à la hauteur de nos attentes. Et comme nous ne sommes pas à un paradoxe près, à la fin, c’est toujours la faute de l’État.

Il faut également ajouter à ce défaitisme une autre particularité française : nous sommes pessimistes mais fiers. Quand Emmanuel Macron a parlé de "guerre" contre le coronavirus, cela devait réveiller notre patriotisme mais à la place de ça, nous avons eu le sentiment de voir notre armée perdre la guerre très rapidement. 

Ce n’est pas seulement une défaite, c’est le sentiment d’un déclassement mondial. Nous avons perdu de notre superbe et de notre haute-opinion de nous-même et face à cela, nous en voulons au chef de guerre et à son gouvernement.

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