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Covid-19 : le Fonds monétaire international conseille aux pays de s'endetter

ÉDITO - Temple de la rigueur budgétaire, le Fonds monétaire international conseille désormais aux pays d'investir quitte à creuser les déficits et la dette.

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Dépensez, dépensez ! La consigne surprenante du FMI Crédit Image : Steve Jaffe / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Paul Turban

Le Fonds monétaire international vient de publier une étude fort surprenante. Une incroyable recommandation en effet, de la part d’un organisme qui a été le temple de la rigueur budgétaire. Le FMI conseille désormais aux gouvernements du monde entier de s’endetter sans crainte, de se moquer du déficit, pour investir à fond, dans cette période de croissance inhabituellement faible que nous subissons à cause des effets du virus

L’investissement public, celui de l’État, permettra de rétablir l’activité et l’emploi, tout en préparant la reprise, nous dit-il. Les secteurs où investir sont multiples : dans les infrastructures, les routes et les communications, dans la santé, la transition énergétique, la protection des côtes pour les pays qui risquent de voir monter le niveau des eaux

Les experts de Washington vont même jusqu’à affirmer que tout milliard dépensé en investissement public produit deux milliards de croissance supplémentaire. Au total, c’est un tête-à-queue idéologique complet de la part de cet organisme, qui conserve une forte influence sur les politiques publiques.

Une "coopérative" internationale adepte de la rigueur

C’est un organisme international qui est une sorte de coopérative, les 189 pays membres détiennent chacun une part du capital, proportionnelle à leur taille. Il prête aux pays en difficulté. Il a été créé en 1944, pour remédier aux grands désordres économiques de l’entre-deux-guerres. Il est basé à Washington, mais est toujours dirigé par un Européen. Souvent un Français d’ailleurs, Dominique Strauss-Khan et Christine Lagarde étant les deux derniers.

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Pendant presque trente ans, le FMI a mis des dizaines de pays sous ce qu’il appelait les "programmes d’ajustement structurel". Il s’agissait de couper violemment dans les dépenses publiques, pour corriger les déficits budgétaires. Il enjoignait de privatiser massivement, en Asie, en Afrique. Et en contrepartie de ces politiques douloureuses, les pays en question recevaient des prêts. Et les experts de l’époque expliquaient que c’était en réduisant les dépenses publiques qu’on allait rétablir la croissance !

Un changement idéologique sur fond de crise d'ampleur

À leur décharge, la période n’est plus la même. La croissance s’est effondrée à peu près partout sur la planète, et les taux d’intérêt, le coût de la dette, est très faible, même nul ! Il est donc logique que les recommandations changent. Et au-delà de ces facteurs objectifs, l’idéologie dominante est en train de changer puissamment. Elle était libérale, elle devient militante du keynésianisme, de l’intervention et du soutien de l’État. 

L’économie, c’est aussi une affaire de mode, ça n’est pas aussi sérieux que ça en a l’air. Cette inversion accompagne un fort redémarrage des dépenses publiques. Et pas seulement en Europe. Le déficit budgétaire des États-Unis pour l’année en cours devrait approcher les 3.000 milliards d’euros. C’est plus que la totalité de la dette publique française.

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