3 min de lecture Coronavirus France

Chômage partiel : pourquoi le gouvernement prolonge la prise en charge

Hôtellerie, restauration, spectacle vivant, événementiel... Le gouvernement a décidé de prolonger la prise en charge du chômage partiel à 100% pour toutes ces activités. Pourquoi ?

Eco_245x300 L'éco and You Martial You iTunes RSS
>
Chômage partiel : pourquoi le gouvernement prolonge la prise en charge Crédit Image : BERTRAND GUAY / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
La page de l'émission
L'Eco and You - Martial You
Martial You édité par Marie Gingault

Tout d'abord, il faut bien savoir de quoi on parle. Ici, on parle d'une prolongation. C'est à dire que le gouvernement prend à sa charge 100% du chômage partiel pour toute une série de secteurs d'activités qui ont perdu plus de 50% de leur chiffre d'affaires.

C'est le système qui avait été mis en place pour tout le monde lors du confinement de mars et qu'on avait ensuite réduit à partir de l'été pour inciter les salariés à reprendre le travail. Les salariés de ces entreprises touchent ainsi 84% de leur salaire net jusqu'à 4,5 SMIC. 

Cela concerne les secteurs de la restauration, de l'événementiel, du tourisme : soit une liste de 98 activités. Un inventaire à la Prévert qui va des entreprises de téléphériques en passant par les agences de voyages, les sociétés de mannequinat, les fabricants de bière et de cidre. Le dispositif devait être allégé en Novembre et comme toujours depuis le printemps, ces professions, qui n'arrivent pas à repartir, voient le dispositif d'aide prolonger.
 
Le problème, c'est de savoir jusqu'à quand le gouvernement sera condamné à maintenir ces métiers sous perfusion. D'abord, je pense que cette annonce est là pour nous préparer à un reconfinement de l'économie. Le gouvernement communique sur la prolongation de ces aides pour inciter les autres entreprises à reprendre leurs réflexes du printemps dernier, à savoir remettre leurs salariés en télétravail. Ils ne sont plus que 10% aujourd’hui à rester à la maison.

Le gouvernement, prisonnier de plusieurs agendas

En gros, le gouvernement prépare les esprits à un reconfinement, mais pas comme au printemps : c'est du Pavlov Économique. On entoure les zones à risque et on se prépare à financer une nouvelle rechute de notre économie.

À lire aussi
La place de Jaude, à Clermont-Ferrand (illustration) Coronavirus France
Coronavirus : ces villes qui pourraient appliquer le couvre-feu

La question maintenant, c'est l'argent. L'État a-t-il les moyens de repartir sur une activité partielle ? Déjà, le gouvernement nous dit que le prolongement de l'activité partielle pour tous les secteurs évoqués reste dans le cadre de l'enveloppe prévue de 30 milliards. Personnellement je n'y crois pas, car cela ne tient pas mathématiquement. Si on a avait prévu un système d'aide jusqu'en octobre, ce qui était initialement prévu et qu'on l'étend jusqu'à la fin de l'année, ça déborde. Ou alors on avait prévu trop large au départ.
 
Ainsi, cet argent va venir des 100 milliards du plan de relance, et c'est ça le plus inquiétant.
Le gouvernement est prisonnier de plusieurs agendas. La convention citoyenne qui est censée répondre à la crise des gilets jaunes. Cela semble tellement anachronique aujourd'hui. Toutefois, l'Élysée va devoir expliquer qu'il ne peut plus financer des taxes sur les billets d'avion, sur les voitures, qu'en soutenant l'hydrogène, il ne peut plus abandonner le nucléaire.

Ensuite, le gouvernement a le calendrier de l'urgence sociale, qui est de répondre à la chute d'activité, au chômage qui va gonfler. Et puis le calendrier 2030 : préparer la sortie de crise, le rebond, la France industrielle du XXIe siècle. Ça devrait être ça la vraie priorité... la boussole. Malheureusement, même si on peut s'endetter sans limite en ce moment, on a beau avoir les poches profondes, on arrive au bout du système et il va falloir choisir où on met les milliards. Sur aujourd'hui ou sur demain.

Le chiffre du jour : - 2.97% pour les immatriculations de voitures

Le chiffre est tombé dans la nuit concernant les immatriculations de voitures en septembre et il est de - 2.97%. C'est clairement la fin des primes à la conversion post-confinement qui pèse sur ces chiffres.

La note : 10/20 aux compagnies aériennes américaines

Coup de pression : American Airlines a annoncé 19.000 licenciements et United Airlines en prévoit 13.000. Il s'agit d'un bras de fer entre les compagnies aériennes et le pouvoir américain, car elles attendent que le congrès (le parlement) américain vote une rallonge budgétaire pour éviter d'en arriver à cette vague de suppressions d'emplois.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus France Hôtellerie Restaurant
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants