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Coronavirus et confinement : les aides à domicile font avec les moyens du bord

REPORTAGE - Les aides à domicile continuent de se rendre, chaque jour, chez leurs patients âgés. Mais entre les absences en raison de la crise et le manque de matériel, leur tâche est de plus en plus compliquée.

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Coronavirus et confinement : les aides à domicile font avec les moyens du bord Crédit Média : Nicolas Burnens | Durée : | Date :
Micro RTL (illustration)
Nicolas Burnens édité par Paul Turban

Dans cette grave crise sanitaire, on s'inquiète beaucoup pour la situation dans les maisons de retraites. Mais il ne faut pas oublier que 4 millions et demi de personnes âgées vivent encore à leur domicile, la plupart du temps seules et isolées. Dans la Marne, à Courtisols, 2.400 habitants, les personnes âgées dépendent des auxiliaires de vie.


Des femmes sillonnent les villages isolés, en voiture. Sandra est aide à domicile depuis 7 ans. Et chaque matin, elle commence ses visites, toujours par la même maison. Dans son salon, en fauteuil roulant, Geneviève, 83 ans, est en train de regarder les dernières informations à la télévision.

"La première précaution, c'est le masque, explique Sandra. Après, je prends mon gel hydroalcoolique, je me rince les mains et je mets mes gants. On prend des précautions particulières aussi bien pour nos patients que nous."

Une présence auprès des personnes isolées

L’octogénaire est emmenée dans la salle de bain, pour faire sa toilette. Elle vit très mal ce confinement. "C'est dur d'être toute seule et de ne pas recevoir de visite surtout, confie-t-elle. Quand on parle de trop, ça travaille parce qu'on aimerait bien que ça se termine." 

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Après les soins, les deux femmes discutent toujours un peu, partagent parfois un café. "Je parle des petits-enfants, des enfants... Quand j'ai quelque chose à demander, je leur demande, c'est devenu un peu comme des copines, des amies", explique l'octogénaire.

"Voir qu'ils sont contents de nous voir quand on arrive, ça fait autant de bien à la personne qu'à nous", complète Sarah. Et malgré la crise sanitaire, l’aide à domicile de 50 ans, n’a pas voulu arrêter de travailler. "On se rend bien compte que les gens ont besoin de nous, tout le monde n'a pas l'infirmière qui vient, et ils n'ont donc que nous et ils sont contents de nous voir." Sur la table, Sandra remplit le carnet de soins. Elle doit déjà remonter dans sa voiture : rien que ce matin, il y a encore une dizaine de visites à assurer.

L'ADMR face à la crise

L’épidémie de coronavirus, a complètement désorganisé l’antenne locale de l’ADMR, le réseau associatif, qui intervient ici auprès de 200 bénéficiaires. 10% des salariés de l’association ne peuvent plus travailler, parce qu’ils ont un enfant à garder ou parce que leur état de santé représente un risque. Il a donc fallu se concentrer sur les tâches essentielles : la livraison de repas, le lever, le coucher, la toilette.

Fabienne Lapie, la secrétaire de direction, a dû réorganiser les missions. "La priorité, ce sont nos personnes fragilisées, personnes âgées, personnes isolées, où on intervient une fois par semaine pour le ménage, explique-t-elle. Mais si nous on n'y va pas, ce sont des personnes qui peuvent ne voir personne. Il y a eu beaucoup d'annulations, justement parce que les personnes ont peur du virus."

Un besoin criant de matériel

Les bénévoles de l’association continuent, de les appeler, pour les rassurer et au moins, garder un lien. L’autre problème, c’est le matériel de protection. Il faut 200 masques par semaine pour les salariés, obligées de se rationner. Et le Conseil départemental ne fournit que la moitié des besoins.

Jean-Louis Critton, le président,  fait avec les moyens du bord. "Ce besoin de masques a pu être couvert de l'entraide, raconte-t-il. Mon beau-frère agriculteur avait 250 masques en stock. D'autres personnes nous ont donné des masques. On parle toujours des soignants à la télévision, mais on n'a pas beaucoup parlé des aides à domicile."
Invisibles, les auxiliaires de vie sont en première ligne face au virus. Rien que dans le département de la Marne, 50 salariés sont confinés en raison de suspicion de Covid-19. Une personne a été contaminée. 

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