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Coronavirus : Emmanuel Macron et l'exécutif face à la menace du bilan

DÉCRYPTAGE - Opposants politiques et experts sanitaires accusent l'exécutif d'impréparation face à l'épidémie de coronavirus. Des propos qui agacent Emmanuel Macron qui leur répond que "le temps viendra" de "la transparence complète".

Emmanuel Macron, le 31 mars 2020
Emmanuel Macron, le 31 mars 2020 Crédit : LOIC VENANCE / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"La France unie". Plus qu'un slogan, Emmanuel Macron endosse le rôle de président rassembleur, alors que les conséquences de l'épidémie de coronavirus s'intensifie. Un message qui vise à rappeler le besoin d'unité nationale mais qui vient pointer du doigt certains membres de la classe politique. 

Par l'exemple de Marine Le Pen qui a martelé que "l'unité nationale ne peut pas se faire autour du mensonge. On ne peut pas demander à l'opposition de soutenir les mensonges et les incohérences du gouvernement".

Le gouvernement fait face à un front de polémiques déclenché dès les premiers jours du confinement avec la question du maintien des élections municipales. Pénurie de masques, demandes de tests généralisés, situation très critique dans les Ehpad, professions exposées... Les sujets s'enchaînent face à un exécutif qui a multiplié les approximations de communication. 

Une communication resserrée

Mais ça c'était avant. Edouard Philippe a redressé les bretelles de ses troupes. "Au début, la communication a bien fonctionné avec Olivier Véran en première ligne. Et puis différents fronts se sont ouverts et la crise s’est complexifiée. La parole du gouvernement a été sollicitée sur de nouveaux théâtres d’opération. Il a fallu resynchroniser tout cela. Il y a eu un besoin de structuration", confie un visiteur régulier du président au Figaro. Via visioconférence, le message n'en était pas moins limpide.

"C'était clairement un recadrage", résume un conseiller de l’exécutif dans les colonnes du journal. De nouvelles consignes ont donc été passées aux membres du gouvernement. "On ne peut pas parler de santé si on n'est pas ministre de la Santé", ne pas "faire des annonces qui n'ont pas été arbitrées en amont", "ne pas communiquer sur des sujets non-essentiels dans des médias grand public" et "Philippe nous a aussi dit de ne pas dire à haute voix ce qui relève de la réflexion personnelles", selon des informations du Figaro.

Une mission d'information sur la gestion de l'épidémie

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Le Premier ministre et le ministre de la Santé Olivier Véran seront auditionnés ce mercredi 1er avril à l'Assemblée nationale par la mission d'information sur la gestion de l'épidémie de coronavirus, a-t-on appris lundi de source parlementaire. L'objectif de cette audition sera de contrôler chaque semaine les mesures prises par le gouvernement et dont la création a été validée la semaine dernière au Palais Bourbon. Les présidents de tous les groupes politiques seront membres de cette mission "sur l’impact, la gestion, et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie". Elle devrait être dirigée par le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LaREM).

Plusieurs groupes espèrent que la mission pourra se doter des prérogatives d'une commission d'enquête, certains plaidant pour que ce ne soit pas avant l'été, voire l'automne, car "le but est de tirer les leçons de la crise". L'opposition plaide aussi en faveur d'un "équilibre démocratique" avec un rapporteur de l'opposition.

Le gouvernement "a pris ses responsabilités" et ne craint pas de "rendre des comptes" sur sa gestion de la crise du coronavirus devant une commission d'enquête parlementaire, a assuré sa porte-parole Sibeth Ndiaye. "C'est normal qu'on puisse rendre des comptes et c'est normal qu'une commission parlementaire interroge le processus de cette crise", a-t-elle ajouté. "Nous serons évidemment prêts à y répondre, ça fait partie du jeu démocratique", a poursuivi la secrétaire d'Etat.

Quand on mène une bataille, on doit être uni pour la gagner

Emmanuel Macron
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"Le temps des responsabilités viendra". Cette phrase signée Emmanuel Macron sonne comme une mise en garde. Ainsi, le chef de l'Etat s'adresse à l'opposition et fustige le manque d'unité nationale. Le président de la République serait excédé d'entendre ces "experts autoproclamés", selon les dires de l'Elysée rapportés par Le Parisien. "Des irresponsables", comme les a qualifié le chef de l'Etat ce mardi 31 mars.

Ils visent ceux qui "cherchent déjà à faire des procès, alors que nous n'avons pas gagné la guerre". "Quand on mène une bataille, on doit être uni pour la gagner. Et je pense que toutes celles et ceux qui cherchent déjà à faire des procès, alors que nous n'avons pas gagné la guerre, sont irresponsables", a déclaré le président à Saint-Barthélemy d'Anjou (Maine-et-Loire)

"Le temps viendra" de "la transparence complète", a-t-il ajouté, appelant "d'abord à la dignité et à l'esprit de responsabilité celles et ceux qui construisent des certitudes avec les connaissances d'aujourd'hui quand ça n'était pas celles d'hier".

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