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Nice : 4 raisons de croire au titre de champion

DÉCRYPTAGE - Dans l'ombre de Monaco et du PSG depuis plusieurs semaines, les Aiglons restent mathématiquement en bonne position pour terminer en tête de la Ligue 1 fin mai.

Dante, Balotelli et Eysseric sous les couleurs de l'OGC Nice le 2 avril 2017
Dante, Balotelli et Eysseric sous les couleurs de l'OGC Nice le 2 avril 2017 Crédit : VALERY HACHE / AFP
GrégoryFortune77
Gregory Fortune
Journaliste RTL

Et si, le samedi 20 mai prochain sur les coups de 22h50, le titre de champion de France 2016-2017 ne revenait ni à l'Association Sportive de Monaco, ni au Paris Saint-Germain ? Et si, 58 ans après son dernier sacre, en 1959, l'OGC Nice parvenait à conquérir une cinquième couronne nationale, au nez et à la barbe de ses deux concurrents ? 

La question pourra paraître absurde à certains tant le club de la Principauté et celui de la capitale monopolisent l'attention ces dernières semaines. Tant ils semblent mieux armés que les Aiglons, le premier grâce à sa puissance offensive, le second la richesse de son effectif. Avant le coup d'envoi de la 32e des 38 journées que compte la saison, elle n'a pourtant rien d'incongrue.

Au soir de la 30e journée, dans la foulée d'un match nul (1-1) à Nantes, l'affaire semblait entendue. Relégué à sept longueurs des Monégasques et quatre des Parisiens, Nice terminerait à la 3e place sa meilleure saison depuis plus de 40 ans. Avec satisfaction. Bonjour la Ligue des champions, même si ce ne serait qu'au 3e tour préliminaire. Mais en battant Bordeaux (2-1) dimanche 2 avril après avoir encore été menés, les rouges et noirs se sont offerts le droit de rêver. Voici pourquoi.

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1. L'occasion de mettre la pression ce week-end

Monaco et le PSG accaparés par la finale de la Coupe de la Ligue (leurs matchs à Saint-Étienne et Metz ont été reportés, au 18 avril pour le second, au 3 mai, au mieux, pour le premier), l'équipe du Suisse Lucien Favre n'a pas laissé l'occasion de réduire l'écart à quatre points sur le leader, un sur son dauphin. Avec le succès à Lille (1-2) vendredi 7 avril en ouverture de la 32e journée, Nice reprendra provisoirement la 2e place, abandonnée aux Parisiens après un revers (3-0) en Principauté.

Or, le week-end ne s'annonce pas simple pour les deux leaders. Monaco se rend à Angers (samedi 8 avril, 17h), certes 12e mais toujours compliqué à jouer à domicile, en témoigne sa qualification pour les demi-finales de la Coupe de France aux dépens de Bordeaux et ce succès 3-0 contre l'ASM de Silva, Fabinho et Bakayoko la saison passée. Et trois jours plus tard, il y a la manche aller du quart de finale contre le Borussia, à Dortmund.

De son côté, hasard du calendrier, le PSG se frotte au 4e demi-finaliste de la Coupe de FranceGuingamp, de retour aux affaires après deux premiers mois affreux en 2017. Pour mémoire, l'En Avant est la dernière équipe française à avoir battu Paris, le 17 décembre dernier (2-1). L'adversaire de Nice, le Losc, n'a lui n’a plus gagné à domicile en L1 depuis le 10 décembre (trois défaites, trois nuls).

2. Rien à perdre

À l'image de ce week-end, et quoi qu'il s'y passe d'ailleurs, Nice n'a de toute façon rien à perdre et tout à gagner sur cette fin de saison. Lyon, qui accuse un retard de 13 points, ne reviendra probablement pas. Monaco doit gérer trois lièvres à la fois, et pourrait in fine y laisser beaucoup de plumes, peut-être tout perdre. La Ligue des champions ne figure plus au programme du PSG, mais l'équipe d'Unai Emery devra se rendre à Nice le week-end du 29 avril, quelques jours après la revanche contre Monaco en demi-finale de Coupe de France qui aura là encore laissé des traces, physiques et peut-être psychologique en cas de défaite parisienne.

Avant ce match décisif en vue du podium final, Nice recevra Nancy et ira à Toulouse. Après, il y aura des déplacements à Marseille et Lyon entre la réception d'Angers, arbitre de ce sprint final à trois - Paris s'y rend le 14 avril. Au Parc des Princes, le club azuréen avait décroché le nul 2-2, après avoir mené 2-0 à la pause. Jouer l'OM et l'OL chez eux ne sera pas une partie de plaisir ? Lors de la phase aller qui l'a sacré champion d'automne, Nice les avait battus 3-2 et 2-0, démontrant sa capacité à être à la hauteur face aux "gros", une force de caractère qui ne s'est jamais démentie depuis.

3. Résistance à toute épreuve

À plusieurs reprises depuis le début de cette saison, Mario Balotelli et ses partenaires auraient pu plonger. À chaque fois ils ont rebondi. En septembre et novembre, lorsque les défaites en Europa League s'enchaînaient. En décembre après une élimination en 8es de finale de Coupe de la Ligue à Bordeaux. En janvier, avec les blessures des passeurs Younès Belhanda et Jean-Michaël Seri. En février avec la perte du buteur Alassane Pléa jusqu'à la fin de saison. Sans compter les suspensions de Balotelli, les pépins physiques à répétition du capitaine Paul Baysse.

Il y a eu enfin cette claque reçue à Monaco début février (3-0)... pour ce qui reste la deuxième et dernière défaite en date cette saison en Ligue 1, après une à Caen (1-0) début novembre. Deux revers en 31 matches : dans les cinq grands championnats européens, seuls le Real Madrid et le Bayern Munich ont pour l'instant fait aussi bien. Monaco s'est incliné trois fois, le PSG quatre, comme Chelsea en Angleterre, la Juve en Italie. 

Les Niçois ont certes concédé deux fois plus de matches nuls que les Monégasques et les Parisiens (dix contre cinq), ce qui explique leur léger retard. Les trois derniers, qui ont permis la série en cours d'invincibilité à huit rencontres, forcent toutefois le respect. À Rennes et contre Caen, Nice était mené 2-0, à Nantes 1-0, avant de recoller. Mieux, contre Bordeaux et Montpellier, les Aiglons ont arraché la victoire malgré l'ouverture du score adverse. Rarement dans l'histoire une équipe n'avait pris autant de point en courant derrière le score.

4. Le collectif dépasse les individualités

Au delà de cette capacité à ne jamais renoncer, marque de fabrique de Lucien Favre, Nice peut compter sur un effectif complet, uni, où le collectif prime sur les individualités, même Balotelli, même Dante, même Belhanda, où le costume de sauveur se transmet d'une partie à l'autre. 16 joueurs de champ ont participé à plus de 10 rencontres, 12 d'entre eux trouvant le chemin des filets au moins une fois. Même le miraculé Mickaël Le Bihan a su apporter son écot lorsqu'il l'a fallu en signant un doublé victorieux contre Montpellier (2-1).

Alors, oui, Nice ne sera peut-être pas champion, se contentera de la 3e place derrière les deux locomotives parisienne et monégasque. Mais le président Jean-Pierre Rivère peut être fier du chemin parcouru depuis la reprise du club en juillet 2011. Claude Puel puis Lucien Favre sur le banc, Hatem Ben Arfa puis Mario Balotelli, Dante et Belhanda  en tête de gondole ces deux dernières saisons : ses choix se sont avérés payants. 

Autres artisans plus ou moins importants de cette saison réussie, la deuxième de suite (4e l'an passé), les joueurs issus du centre de formation Yohan Cardinale, Malang Sarr, Vincent Koziello ou Alexy Bosetti. Avec Seri, Wylan Cyprien, Valentin Eysseric, Rémy Wlater, Arnaud Souquet, Walter Benitez, Dalbert Henrique Ricardo Pereira ou Alassane Pléa, la cellule de recrutement n'est pas en reste. Pour aujourd'hui comme pour demain, Nice a le droit de rêver.

Younès Belhanda sous les couleurs de Nice en décembre 2016
Younès Belhanda sous les couleurs de Nice en décembre 2016 Crédit : VALERY HACHE / AFP
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