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"Gilets jaunes" : deux ans après, quel est le bilan ?

ÉCLAIRAGE - Le 17 novembre 2018 démarrait la révolte des "gilets jaunes". Aujourd'hui, quel est le constat ? Les promesses d'Emmanuel Macron ont-elles été respectées ? Deux ans après les premières actions, RTL fait le point.

Les "gilets jaunes" sont réunis sur les Champs-Élysées à Paris, le 5 janvier 2019
Les "gilets jaunes" sont réunis sur les Champs-Élysées à Paris, le 5 janvier 2019
Crédit : Lucas BARIOULET / AFP
"Gilets jaunes" : deux ans après, où en est-on ?
03:01
Micro RTL générique
Marie Moley
Journaliste

Il y a deux ans, jour pour jour, les "gilets jaunes" descendaient pour la première fois dans la rue, sur les ronds-points. Deux semaines plus tard, les Champs-Élysées étaient en feu. Pour éteindre la contestation, Emmanuel Macron lance le Grand Débat, et annonce à son issue une avalanche de mesures pour calmer les colères. Deux ans après, qu'en est-il ? Les promesses ont-elles été tenues ?

C’était la revendication première des "gilets jaunes", vous vous souvenez : "pouvoir vivre après le 15 du mois" : le pouvoir d'achat. Sur ce point, on peut dire qu’Emmanuel Macron a tenu ses promesses. Baisse de l'impôt sur le revenu, 5 milliards d’euros, 17 millions de ménages bénéficiaires. Vous devez le voir sur votre fiche de paie depuis janvier. Indexation des petites retraites sur l’inflation, dès 2020. Hausse de la prime d’activité, c’est en vigueur.
Quant à la hausse de la célèbre taxe carbone, elle est enterrée six pieds sous Terre.

Bilan : un coût de 17 milliards d’euros selon Bercy. Donc oui, Emmanuel Macron a tenu parole en la matière. Petite précision utile toutefois : certaines de ces mesures ont été piochées dans son propre programme de 2017, donc il a surtout accéléré son calendrier sans révolutionner l'esprit de son projet.

Les réforme des institutions au point mort

Emmanuel Macron avait aussi promis des mesures pour plus de démocratie participative, et là, le bilan est beaucoup plus mitigé. C’est simple, on est au point mort sur presque tous les dossiers. Le droit de pétition local : aux oubliettes. La baisse du nombre de parlementaires : c'est impossible à faire voter car le Sénat est contre. L’assouplissement du référendum d’initiative partagée, là encore il n'y a pas d’avancée. En réalité, toute la réforme des institutions en fait a du plomb dans l’aile. Son adoption avant 2022 est devenue hautement improbable.  
 
Néanmoins, Emmanuel Macron a mis en place la Convention citoyenne et c'est vrai que, sur le papier, c'est une promesse qu'il a tenue : 150 citoyens tirés au sort, qui ont planché sur des propositions concrètes en faveur de l’écologie et qui ont remis leur travail au gouvernement en juin. Mais c'est là que ça se corse, puisque certaines mesures ont été écartées d’emblée, soit par le président lui-même soit par ses ministres, comme le moratoire sur la 5G, par exemple.

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Pourtant, à l’issue du Grand Débat, Emmanuel Macron avait juré de reprendre le travail de la Convention "sans filtre", pour le soumettre au Parlement, ou à référendum. C'est donc une promesse non tenue. 

La crainte d'un nouveau mouvement social

Parmi les mesures annoncées en grande pompe, il y avait également la suppression de l’ENA. Quel symbole que de s’attaquer à la fabrique des élites et pourtant, deux ans plus tard, l’ENA est très loin de fermer ses portes. Alors certes, il y a bien eu le rapport de Frédéric Thiriez, qui proposait une refonte en profondeur de l’école. Toutefois, le rapport a été remis en février au gouvernement et depuis... le coronavirus est passé par là. Le sujet n'est donc pas sur le haut de la pile.  

En effet, certaines promesses n’ont tout simplement pas eu le temps d’être mises en œuvre pour cause de Covid-19. De plus, depuis la deuxième vague de coronavirus et le débat sur l'ouverture des magasins de proximité, le gouvernement craint de nouveau un mouvement social similaire aux "gilets jaunes". 

"Les commerçants, c’est du 'gilet jaune' en puissance, c’est une bombe à retardement", disait un conseiller ministériel il y a quelques semaines. Le souvenir est encore très vif et le scénario "d’un 'gilets jaunes' bis", n'est pas exclu au sommet de l’État.

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