3 min de lecture Confinement

Coronavirus : d'une course contre la montre à l’anticipation, le défi de Macron

DÉCRYPTAGE - Les décisions du gouvernement étaient jusqu'à présent basées sur un délai de quinze jours, en fonction de l'évolution de l'épidémie. Désormais, Emmanuel Macron et ses ministres se lancent dans un plan axé sur le long terme.

Emmanuel Macron et Olivier Véran, le 12 novembre 2020
Emmanuel Macron et Olivier Véran, le 12 novembre 2020 Crédit : Thibault Camus / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

"Une bonne nouvelle" qui pourrait éclaircir l'horizon. Selon Olivier Véran, "nous reprenons le contrôle sur l'épidémie". Dans un entretien au groupe de presse Ebra, le ministre de la Santé a livré un commentaire se voulant rassurant sur l'évolution de la crise sanitaire en France. D'après lui, "tout porte à croire que nous avons passé un pic"

Plus prudent, Emmanuel Macron craint un relâchement dans le comportement des Français vis-à-vis du respect du confinement et des gestes barrières. "Notre combat contre l'épidémie est collectif et les prochains jours seront décisifs", a-t-il écrit dans un tweet

En annonçant le retour du confinement, le président de la République avait indiqué que le dispositif serait évalué au bout de "15 jours". Une course contre la montre avec le coronavirus, qui a d'ailleurs valu à Emmanuel Macron de sévères critiques sur la gestion de la crise

Anticiper un confinement allégé

Désormais, l'exécutif entre dans une nouvelle temporalité, celle de l'anticipation. Tout comme en mai dernier, c'est à nouveau Jean Castex qui sera l'artisan de l'après confinement. Cette période ne sera pas à proprement parler un déconfinement, mais un confinement allégé. Autrement dit, le gouvernement planche sur des mesures de long terme, afin de pouvoir "vivre avec le virus". Une phrase martelée par Emmanuel Macron et le Premier ministre qui devrait entrer dans la vie quotidienne des Français. 

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Le 14 novembre dernier, Jean Castex a fixé en ligne de mire l'arrivée des premiers vaccins contre le coronavirus. C'est de ce point que partiront les "règles" fixées par le chef du gouvernement et qui seront dévoilées à la fin du mois. Dans un entretien au Monde, le premier ministre a estimé que "tant que nous n'aurons pas de vaccin, nous devons donner des perspectives sur les règles du jeu".  

Parmi ces "perspectives" et ces nouvelles "règles du jeu", "une certitude : les rassemblements festifs, familiaux dans des salles de fêtes ne pourront pas reprendre avant longtemps. De même, les bars et les restaurants qui font aussi partie des endroits de contamination forte ne pourront pas rouvrir dès le 1er décembre, contrairement aux magasins de jouets, par exemple", a détaillé Jean Castex. 

Anticiper la vaccination des Français

Selon Les Échos, le gouvernement travaille à la mise en place d'une campagne de vaccination "massive". Concrètement, "le gouvernement a pré-réservé 90 millions de doses de vaccins auprès de plusieurs fournisseurs pour le premier semestre et provisionné 1,5 milliard d'euros pour 2021", explique le journal.

Le chantier s'annonce colossal pour l'exécutif. Selon un sondage Ipsos publié le 5 novembre et mené dans quinze pays, si un vaccin était mis à disposition du marché pour lutter contre le virus, seulement 54% des Français accepteraient de se faire vacciner.

Voyant les craintes d'une partie de la population sur le vaccin contre le coronavirus, Olivier Véran a d'ores et déjà précisé qu'il "veillera" à ce que "les citoyens soient consultés à toutes les étapes, pour créer les conditions de la confiance (...) La campagne de vaccination ne commencera que quand nous aurons toutes les garanties de vacciner en toute sécurité la population".

Avant des mesures de long terme, la question de Noël reste entière

Emmanuel Macron et Jean Castex cherchent donc à reprendre le contrôle sur l'épidémie. Un pari très risqué au vu du nombre des mesures annoncées depuis mars dernier. "Il n’y a rien de pire que l’incertitude quand vous tenez le manche d’un avion car vous ne savez jamais si vous êtes dans une zone de légères ou de fortes turbulences", reconnaît Jean Castex dans Le Monde. Sans arrêt, on adapte le dispositif à l’évolution de ce virus, qui ne cesse de nous surprendre".

Même si l'exécutif souhaite se positionner sur le long terme, une échéance ne cesse de se rapprocher : les fêtes de fin d'année. À l'approche de la période de l'Avent qui précède Noël, la colère de certains catholiques monte. 200 à 300 fidèles à Bordeaux, Nantes, Rennes, Nice, Marseille et Toulouse, un peu moins à Strasbourg et beaucoup plus à Versailles, où plus d'un millier de personnes, ont réclamé de pouvoir assister à des offices. 

L'opposition accentue la pression. Selon la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse, le gouvernement doit "se donner les moyens pour que les Français puissent fêter Noël en famille". Au Rassemblement national, le numéro deux du parti, Jordan Bardella a appelé sur LCI à "faire confiance aux Français" et à leur permettre "de fêter Noël, s'ils le souhaitent, dans le respect des règles sanitaires"

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