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Un homme a été opéré par erreur d'un œil dans une clinique de Limoges. (photo d'illustration)
Crédit : PASCAL PAVANI / AFP
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Un week-end compliqué aux urgences. Alors que les médecins libéraux poursuivent leur grève ce week-end, les praticiens des cliniques privées sont appelés à rejoindre le mouvement, qui pointe entre autres du doigt un budget de la Sécurité sociale jugé trop serré.
La Fédération de l'hospitalisation privée estime que jusqu'à 80% des blocs opératoires des cliniques privées seront fermés ce week-end. Lamine Gharbi, président de la fédération, précise sur RTL que 100.000 opérations ont d'ores et déjà été déprogrammées la semaine prochaine.
En pratique, les patients qui se présenteront aux urgences de ces cliniques seront, dans la majorité des cas et sauf urgences vitales, redirigés vers l'hôpital public, où les urgences sont déjà sous tension. "Il y a des patients qui iraient plutôt près de chez eux dans une clinique privée, qui n'ont pas accès à ces cliniques. Ça va retomber sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. On va travailler plus d'heures que d'habitude," explique le dr Marine Gabai, assistante en chirurgie traumatologique à l'hôpital des Diaconesses de Paris. Elle précise qu'un pic d'affluence est attendu ce week-end.
La grève des médecins vient s'ajouter à l'épidémie de grippe. Les patients sont plus nombreux aux urgences, et les temps d'attente risquent de s'allonger au cours du week-end. Gilbert, âgé de 72 ans, s'est blessé au poignet lors d'une mauvaise chute, et doit prendre son mal en patience aux urgences : son médecin a "cessé son activité" pendant la grave, et le septuagénaire n'a pas eu d'autre choix que de se rendre aux urgences. "Donc là, j'attends," se résigne-t-il.
Justine est dans le même cas : elle est venue accompagner son conjoint, qui souffre d'un problème au genou. "On entend souvent que les urgences sont bondées, mais on ne pouvait pas se retourner consulter ailleurs."
Dans les cliniques privées, des médecins ont été réquisitionnés pour assurer les urgences du week-end. À Strasbourg, certaines urgences seront donc assurées à la clinique Sainte-Anne. "De toute façon, on n'a pas le choix, on ne peut pas laisser les gens sans urgence," relativise le dr Karim Bouayad-Agha, censé être en grève. Même démarque du côté de la maternité : "On évaluera l'état de la patiente. Si on estime qu'elle peut être transférée sur le CHU, on le fera. Si on estime qu'elle a besoin d'être prise en charge de manière rapide à la clinique, bien évidemment qu'on prendra nos patients en charge," confirme le dr Ludivine Loussert, gynécologue-obstétricienne.
Avec ce mouvement, l'objectif des médecins grévistes est avant tout de montrer que le secteur libéral est indispensable pour une bonne prise en charge des patients. Alors même les professionnels réquisitionnés constatent que leurs revendications portent leurs fruits : "Tout le monde se rend compte quand même qu'on fait partie intégrante de la prise en charge des patients. Même si on est libéral, ça ne change rien du tout," estime le dr Bouayad-Agha.
Le dr Loussert confirme : "Ce qu'on veut montrer, c'est que le système médical français ne peut pas se passer de la médecine libérale. Si on reste juste avec un système hospitalier, on ne peut pas prendre en charge correctement tous les patients."
Le mouvement de grève doit se poursuivre la semaine prochaine, avec la participation des médecins spécialistes. Outre l'aspect budgétaire de la loi de financement de la Sécurité sociale, les médecins libéraux en grève dénoncent un véritable mal-être lié à leurs conditions de travail. "C'est de la maltraitance institutionnalisée, la non-reconnaissance de la pénibilité, des efforts que font les médecins tous les jours pour prendre en charge les patients," dénonce sur RTL le dr Lamine Gharbi, président de la Fédération hospitalière privée. "On manque de médecins, mais on leur tape dessus en permanence."
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a proposé de recevoir les syndicats ce samedi, mais beaucoup refusent le rendez-vous. "On n'ira pas, parce qu'on a attendu ces propositions toute la semaine, et il n'y a rien de concret. Y aller aujourd'hui, ça n'a pas de sens. On est à la mi-temps du mouvement," souligne Lamine Gharbi. Les syndicats demandent a minima à être reçu par le Premier ministre, "parce que c'est lui qui détient les arbitrages".
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