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Emmanuel Macron : sa parole présidentielle raréfiée est désormais bien lointaine

DÉCRYPTAGE - Alors qu'il n'était que candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron avait une idée précise de la présidence qu'il comptait incarner : peu exposée médiatiquement, parole présidentielle rare... Autant de projets qui ont l'air d'avoir volé en éclat, depuis quelques mois.

Emmanuel Macron, le 12 novembre 2018
Emmanuel Macron, le 12 novembre 2018 Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Il ne voulait pas d'une présidence "normale". Durant la campagne présidentielle et dès les premiers mois de son quinquennat Emmanuel Macron affirmait vouloir se démarquer de son prédécesseur, François Hollande qui lui, vanter le fait d'être un "président normal". 

Le 3 avril 2017, dans la dernière ligne droite de la campagne, il lançait : "Je ne prétends pas être un président normal. Je compte être un président qui préside, un président engagé sans jamais être un président de l'anecdote, avec des décisions prises de manière rapide, des chantiers présidentiels suivis de manière prioritaire et un gouvernement qui gouverne". 

Mais en 18 mois de présidence, l'attitude du chef de l'État a bien évolué. Au début, il appliquait une communication très stricte et "bunkurisée" vis-à-vis des médias. Depuis, il n'applique plus la présidence qu'il décrivait au début de son mandat. Emmanuel Macron sera d'ailleurs en interview au 20 heures de TF1, mercredi 14 novembre.

"Ne pas avoir une présidence bavarde"

Le 16 octobre 2017, cinq mois après son élection, Emmanuel Macron brise le silence lors d'une interview sur TF1, pour rappeler : "J'ai pris la décision de ne pas avoir une présidence bavarde, de ne pas parler tout le temps, parce qu'il faut que la parole présidentielle garde de la solennité, parce qu'il faut aussi que le Premier ministre, les ministres et le gouvernement développent leurs actions. Il était nécessaire de revenir à certains usages". 

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Cette parole présidentielle raréfiée est désormais bien lointaine. En effet, Emmanuel Macron a multiplié les interventions dans les médias depuis l'annonce du dernier remaniement gouvernemental. Le 16 octobre 2018, lors d'une allocution depuis l'Élysée, le président réaffirme son cap et lance la bataille des européennes.

Le 6 novembre, il tient une interview sur Europe 1 où il a réagi à l'actualité et en particulier sur la grogne des "gilets jaunes" mais aussi à la sécurité dans les établissement scolaires. Le 8 novembre, il fera une interview sur France 3 Hauts-de-France. Le 11 novembre, il a pris la parole lors des commémorations pour le centenaire de la guerre 14-18. Quelques heures plus tard, CNN diffusait une interview faite avec le chef de l'État. Et enfin, trois jours plus tard, ce mercredi 14 novembre, le président de la République est au JT de TF1.

"Pas tout le temps devant les caméras"

Cette présidence devenue bavarde donc, est aussi en contradiction avec un autre précepte d'Emmanuel Macron. En effet, au début de son quinquennat, le président de la République annonçait d'emblée qu'il ne passera pas son "temps devant les caméras" et qu'il en "prendra ses distances". 

Au-delà de toutes les interviews télévisées, données depuis ces deux derniers mois, Emmanuel Macron a aussi lancé un nouveau type de déplacement, pour la première fois de son quinquennat. Le 4 novembre, il commençait son itinérance mémorielle, un déplacement d'une semaine dans le nord et l'est de la France, où il a été suivi par de nombreuses caméras. 

Le président de la République a gardé une bonne impression de ce déplacement-marathon puisque, selon Le Journal du Dimanche qui cite un conseiller, "le Président a eu le sentiment d'être mis en contact avec le pouls profond du pays, il souhaite réfléchir à une manière de reproduire ce format régulièrement". 

"Ne pas m'occuper du quotidien"

Posture jupitérienne oblige, lorsqu'il était candidat En Marche, Emmanuel Macron expliquait à l'antenne de RTL : "Je souhaite présider tel que les textes de la Vème République le prévoient. C'est-à-dire ne pas interférer dans tous les champs ministériels et ne pas m'occuper du quotidien". 

Pourtant, le président de la République n'a pas hésité à prendre la parole sur la hausse de la CSG pour les retraités, le pouvoir d'achat, mais aussi sur le carburant, empiétant ainsi sur les sujets du quotidien gérés par Édouard Philippe. 

Dernièrement, Emmanuel Macron est aussi venu en renfort de son ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, sur le cas de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve. "Le combat n’est pas perdu. On se bat, j’ai demandé au gouvernement de soutenir des projets industriels. On se bat pour avoir une solution. Je le dis aux salariés et aux familles : on fera tout pour qu’Ascoval soit sauvée", a-t-il martelé. Interrogé sur son implication dans l'affaire et sur le fait de savoir s'il pèse de tout son poids dans ce dossier, Emmanuel Macron répond : "Je vous le confirme". Une nouvelle posture présidentielle donc, pour une nouvelle étape de son quinquennat.

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