3 min de lecture Emmanuel Macron

Emmanuel Macron enterre sa méthode de communication bunkerisée

DÉCRYPTAGE - À la veille d'une rentrée délicate, Emmanuel Macron renouvelle sa communication en misant sur le dialogue en prise directe avec les Français et les journalistes.

Emmanuel Macron, en Bulgarie le 25 août 2017
Emmanuel Macron, en Bulgarie le 25 août 2017 Crédit : Dimitar DILKOFF / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

C'est bien la fin de la première ère du mandat d'Emmanuel Macron. D'un point de vue communication, les trois premiers mois du chef de l'État pourraient être décrits par un silence assourdissant. Dès son accession au pouvoir, le président de la République avait voulu instaurer un contrôle strict des prises de parole du premier ministre, des membres du gouvernement et des conseillers. 

L'objectif, annoncé lors de la campagne présidentielle, était simple : ne pas faire du Hollande. Cette méthode aux antipodes de celles adoptées par ses prédécesseurs est venue secouer les habitudes entre les politiques et les journalistes. Seule la parole officielle est donnée, rien ne doit fuiter. 

Désormais, il faut tourner la page. Le président de la République va prendre la parole. Régulièrement et en s'adressant directement aux Français. Selon les informations de L'Obs, du Monde et de Ouest France, cette nouvelle communication devrait prendre la forme d'une prise de parole, une à deux fois par mois. peut-être à la radio. Cependant, l'Élysée, dans les colonnes du Figaronie toute temporalité : "C'est n'importe quoi".

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Les limites du "maître des horloges"

Le Monde explique que "le chef de l’État, qui tient à distance la presse depuis son élection, n’exclut plus désormais de lui parler de façon plus directe. Lors de son déplacement européen, il a ainsi renoué avec la pratique du 'off' avec les journalistes, ces conversations informelles n’ayant pas vocation à donner lieu à des citations. Il assure cependant qu’il n’ira pas jusqu’à organiser des grandes conférences de presse comme François Hollande".

Depuis son annonce de candidature à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron suivait un schéma bien précis, visant à le maintenir comme le seul "maître des horloges". À l'époque porte-parole du candidat, Benjamin Griveaux prévenait déjà que "la parole présidentielle va se raréfier. Et je suis certain que chacun va s'en accommoder et va s'y habituer". En plus de 100 jours à l'Élysée, cette adaptation n'est pas arrivée

Ce virage à 180 degrés de la communication n'est pas une surprise. Déjà, pendant l'été, Christophe Castaner assurait sur France Inter qu'Emmanuel Macron "s'interrogeait pour trouver une façon peut-être différente, à la rentrée, pour communiquer avec les Français (...) Il y aura une évolution dans la communication". Et le moment est donc arrivé : "La rentrée est un moment politique où le Président est légitime pour parler. Il y a des choses à dire pour donner sa vision et fixer le cap et les échéances des réformes à venir", indique l'entourage du chef de l'État au Monde.

Pédagogie, pédagogie, pédagogie

Cette évolution de sa communication a été amorcée lors du déplacement du président de la République en Autriche : "Le projet de réforme de directive que nous portons est un projet qui vise à réduire le temps d'utilisation des travailleurs détachés, à renforcer les contrôles (...) à avoir un principe simple qui est 'à travail égal, rémunération égale'. Ce qui évite toutes ces distorsions". En réagissant aux critiques formulées par François Hollande, Emmanuel Macron a déjà opéré un changement de sa communication en répondant à des questions de politique interne, lors d'un déplacement à l'étranger.

L'Obs ajoute que le Président s'est exprimé aussi "au risque de froisser son hôte, le chancelier autrichien. Il a pris tout son temps pour s’expliquer, non seulement sur le travail détaché mais aussi sur le chômage en France et la formation professionnelle à laquelle il faut un 'choc tectonique'. Cette intervention était nécessaire dans un contexte où François HollandeFrançois Bayrou et Alain Juppé sont montés au créneau un jour l'un après l'autre pour dénoncer les limites de la politique du gouvernement."

Le nouveau mot d'ordre à l'Élysée : pédagogie. Emmanuel Macron compte ainsi faire oublier un été très compliqué, marqué par la démission du général de Villiers, la baisse des APL, la chute de sa cote de popularité. Mais ses prises de parole plus récentes ne suffiront pas à rétablir la communication avec les Français. C'est pour cela qu'il laissera Édouard Philippe monter au créneau pour défendre les mesures mises en place par le gouvernement et assurer le service après-vente avec Christophe Castaner. Le Premier ministre s'est attelé directement à sa nouvelle tâche en détaillant les mesures économiques à venir à l'antenne de BFMTV, mercredi 24 août, avec la hausse de la CSG, les ordonnances pour réformer le Code du travail et la mise en place d'un "plan étudiants".

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