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Coronavirus : le durcissement, infantilisant, du confinement

ÉDITO - Alors que les mesures de durcissement du confinement se multiplient dans les communes de France, Olivier Bost estime que "ces arrêtés sont comme des punitions pour les citoyens" d'un pays "globalement très discipliné".

Une rue près de la tour Eiffel à Paris, déserte pendant le confinement
Une rue près de la tour Eiffel à Paris, déserte pendant le confinement
Crédit : Ludovic MARIN / AFP
Coronavirus : le durcissement, infantilisant, du confinement
00:03:44
Coronavirus : le durcissement, infantilisant, du confinement
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L'Edito Politique Olivier Bost
Olivier Bost - édité par Quentin Marchal

Elles suivent la démarche les unes après les autres. Plusieurs villes de France durcissent les conditions du confinement, chacune à leur manière avec notamment l'interdiction du sport en journée, celle de s'asseoir sur un banc plus de 2 minutes ou encore le couvre-feu imposé à certaines heures. Les maires de nos communes se montrent inventifs alors que tout le monde a peur. 

En effet, tout le monde veut que l’on durcisse encore et encore les règles et nous sommes désormais tombés dans la plus grande restriction de libertés jamais vue. Alors autant ne pas y aller avec la main qui tremble et les maires répondent volontiers à cette demande. Ils ont la possibilité, à leur discrétion, de personnaliser le confinement de leurs concitoyens puisqu'un simple arrêté sans même demander l’avis des élus du conseil municipal.

Chacun y va donc de sa petite innovation, guidée par la peur. Pour la grande majorité des maires tape-durs, la solution retenue est le couvre-feu. Il n’y a pas de raison de sortir le soir, la nuit ou au petit matin, c'est vrai mais qu’est-ce que cela change ? Sans motif valable, les sorties ne sont pas autorisées donc le couvre-feu est avant tout symbolique.

Des durcissements plus insolites les uns que les autres

Ces arrêtés sont comme des punitions pour les citoyens. Puisqu’il y a trop de gens au soleil dans les images des journaux de 20 heures, on fait de la rétorsion et tout le monde est puni. À Biarritz, il était interdit de s’asseoir plus de 2 minutes sur un banc avant que le maire ne revienne sur sa décision ce mardi 7 avril, en voyant qu’il était devenu la risée nationale. À Béziers et dans une commune de la métropole de Lille, la Madeleine, tous les bancs de la ville ont été démontés. Ça peut faire sourire mais ça en fait oublier le plus important.

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Il faut garder une distance de plus de 2 mètres avec les autres quand on sort de chez soi et on n’attrape pas le coronavirus en s’asseyant sur un banc. Autre innovation, à Marcq-en-Baroeul, dans le Nord, il est interdit de cracher et de tousser ailleurs que dans son coude. C’est 68 euros d’amende si vous ne respectez pas les fameux gestes barrières.

Dans ce concours de celui qui inventera un nouveau PV, il ne faut pas oublier les maires de Sceaux, en région parisienne, de Cannes et de Nice, qui veulent rendre obligatoire le port du masque en tissu. Comme tout le monde a peur, chacune de ces initiatives semblent relever du bon sens. Mais il ne faut pas s’y tromper, c’est aussi l’occasion pour des maires de faire quelque chose, de faire parler d’eux.

Des mesures à l'image de la gestion de la crise sanitaire

Certains de ses maires ont été réélus il y a 3 semaines tandis que d’autres sont encore en campagne pour le second tour des élections municipales. C’est le cas de la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a décidé d’interdire à partir de ce mercredi 8 avril le sport en journée, entre 10 heures et 19 heures. Elle l’a décidé avec le préfet Didier Lallement et selon eux, il y a trop de gens dehors.

Le problème, c’est qu’il y a plus de 21.000 habitants au kilomètre carré à Paris, soit bien plus qu’à New-York, Londres, Tokyo ou Séoul. À un moment, il faut bien que les gens sortent, respirent, sinon tout le monde va craquer. Quand on voit que le pays est globalement très discipliné, y-a-t-il besoin de restreindre à ce point les sorties des habitants ? 

En fait, ces durcissements du confinement ici et là, sont un peu à l’image de la gestion de cette crise depuis le début. Vos élus, l’État et l’élite du pays s’occupent de vous. Ne cherchez pas à comprendre, c’est pour votre bien. C’est comme pour les masques, "ils sont inutiles" a dit le gouvernement, sans nous expliquer qu’on n’en avait pas. Nous étions trop bêtes pour comprendre et pour l’accepter.

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