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Réchauffement climatique : ce qu'il faut retenir du projet de rapport du Giec

ÉCLAIRAGE - Même en respectant les engagements des accords de Paris, les conséquences du réchauffement climatique pourraient être dramatiques, indique le Giec.

Des icebergs au Groenland (illustration)
Des icebergs au Groenland (illustration)
Crédit : JONATHAN NACKSTRAND / AFP
Coline Daclin & AFP

Quel monde laisserons-nous à nos enfants ? C'est la question à laquelle tente de répondre le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), et la réponse n'est pas réjouissante. Même si les États réussissent à respecter les accords de Paris de 2015, et à limiter le réchauffement climatique à 2°C, voire 1,5°C, le Giec estime que "les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s'adapter".

Le rapport a pu être consulté par l'AFP, mais il ne sera publié qu'en février 2022, après approbation par consensus des 195 États membres de l'ONU. Il est encore plus alarmiste que le dernier, qui date de 2014. Le rapport prévoit différents scénarios, selon que le monde réussisse à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, à 2°C ou ne réussisse pas ces objectifs. 

Une chose est sûre pour les experts du climat : "Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre." 

Même à +1,5°C, des conséquences bien visibles

Le réchauffement climatique n'est pas qu'une histoire de futur : il s'observe déjà actuellement. La hausse des températures moyennes depuis le milieu du XIXème siècle atteint 1,1°C. "Dans tous les systèmes de production alimentaire, les pertes soudaines s'accroissent", observe le rapport, pointant les aléas climatiques comme "principal moteur". Le Giec observe ainsi que la production des principales cultures a déjà baissé de 4 à 10% ces dix dernières années

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Même en limitant la hausse des températures à 1,5°C, la planète va changer. Le Giec cite notamment le cas des récifs coralliens, qui se dégradent à vitesse grand V, et dont un demi-milliard de personnes dépendent. 70 à 90% des récifs coralliens seraient en danger

Les animaux de l'Arctique, territoire qui se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne, sont aussi en danger. Sur place, des modes de vie ancestraux, de peuples vivant en lien étroit avec la glace pourraient aussi disparaître. 

Le problème, c'est que même ce scénario est optimiste. Selon l'Organisation météorologique mondiale, la probabilité que ce seuil de +1,5°C sur une année soit dépassé dès 2025 est déjà de 40%. Limiter le réchauffement à 1,5°C plutôt qu'à 2°C permettrait pourtant d'accroitre de 5% le PIB par habitant dans la plupart des pays d'Afrique d'ici 2050, et jusqu'à 20% d'ici 2100.

Entre 1,5°C et 2°C, des dégâts "irréversibles"

Le Giec estime que dépasser +1,5°C pourrait entrainer "progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles". 

Avec une hausse globale de 1,5°C des températures, 350 millions d'habitants supplémentaires seront exposés dans les villes aux pénuries d'eau. Le Giec parle de 400 millions à +2°C. Jusqu'à 80 millions de personnes supplémentaires souffriront alors de la faim d'ici à 2050 et 130 millions pourraient tomber dans la pauvreté extrême d'ici dix ans. 

À ces mêmes températures, le niveau de l'océan pourrait gagner 60 cm d'ici la fin du siècle, menaçant de nombreuses villes côtières.

En matière de santé, si la température augmente entre 1,5°C et 2°C, 1,7 milliard de personnes supplémentaires seront exposées à de fortes chaleurs, 420 millions à des chaleurs extrêmes et 65 millions à des canicules exceptionnelles tous les cinq ans. Le déplacement des moustiques vecteurs de maladies vers des zones jusque là épargnées pourrait menacer la moitié d'humanité d'ici 2050.        
  
Le permafrost, sol gelé qui renferme des volumes immenses de méthane, gaz à effet de serre plus puissant que le CO2, mais aussi d'éventuels virus, pourrait commencer à disparaître. Avec une hausse des températures à 2°C, 15% de ce sol pourrait dégeler, relâchant le tout et aggravant le réchauffement. 

Au delà de 2°C, des conséquences économiques graves

"Chaque fraction de degré compte", insistent les experts du climat. En effet, au delà de 2°C d'augmentation des températures, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique de l'Ouest pourraient entraîner un point de non retour. Entre +2 et +3°C, jusqu'à 54% des espèces terrestres et marines pourraient être menacées de disparition d'ici la fin du siècle. 

Les conséquences seront aussi économiques, puisque les efforts d'adaptation nécessiteront des sommes colossales. Les infrastructures industrielles comme les ports, en première ligne face à la hausse du niveau de la mer, mais aussi les centrales nucléaires, dont 40% sont installées près des côtes, sont menacées. Le tourisme sera aussi affecté par l'érosion des plages, ou la baisse de l'enneigement

En Afrique, ces coûts d'adaptation pourraient augmenter de dizaines de milliards par an. Dans le cas d'un réchauffement à °4°C, le PIB mondial pourrait être inférieur de 10 à 23% par rapport à un monde sans réchauffement. 

Une solution : transformer nos modes de vie

Les conclusions du Giec sont alarmantes, mais laissent une mince note d'espoir. Pour les experts du climat, on peut espérer un avenir meilleur en prenant aujourd'hui des mesures drastiques pour freiner l'emballement de la deuxième moitié du siècle. 

Il ne s'agit pas de faire des ajustements à la marge, mais bien de transformer profondément nos modes de vie et de consommation. Le changement climatique est en effet alimenté selon le Giec par la "surconsommation et l'exploitation abusive des ressources naturelles".

Et si on ne réussit pas ? "La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes", note le Giec. "L'humanité ne le peut pas"

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