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Réchauffement climatique : quel avenir pour l'agriculture ?

Cette année, encore une fois, les récoltes ont été drastiquement touchées par la sécheresse. ¼ des récoltes de blé dur ou de blé tendre ont été perdues. Alors, comment faire pour repenser l'agriculture ?

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Réchauffement climatique : quel avenir pour l'agriculture ? Crédit Image : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Anais Bouissou
Anaïs Bouissou édité par Camille Descroix

L’agriculture attend son plan de relance. Des annonces prévues en début de semaine prochaine. Cette année encore, les récoltes n’ont pas été épargnées par la sécheresse. Le ministre Julien Denormandie a annoncé une première salve d’aides. Mais est-ce bien suffisant ?

L’enveloppe qui va être débloquée est juste vitale. Avec des aides financières pour calamités agricoles, des exonérations de taxes et les versements plus tôt que prévu, d’aides européennes. C’est de la trésorerie qui permet de tenir.    

Heureusement, car un abricot sur trois n’a pas poussé, selon les producteurs. Et jusqu’à ¼ des récoltes de blé dur ou de blé tendre ont été perdues. Mais sur le long terme, non, ça ne résout pas le fond du problème. Le fait est que les aléas climatiques sont de plus en plus fréquents. Et à ce rythme-là, la calamité agricole va rapidement se transformer en normalité agricole.

La sècheresse va-t-elle s’amplifier ?

C’est ce que disent les météorologues. Mais c’est aussi et surtout, la sécheresse l’été, les inondations en hiver. La grêle, le vent, les violents orages. Le phénomène du temps qui perd sa boussole.    

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Sur un an, il n’y aura pas moins de quantités d’eau, il y aura en fait une alternance de trop plein et de manque d’eau. Avec une "succession d’événements extrêmes" comme le disent les experts mondiaux du GIEC.   

Mais est-ce que ça veut dire que l’agriculture est condamnée à ne plus être rentable ? En l’état actuel, l’avenir est plutôt sombre pour l’agriculture. Dans la dernière étude de l’Insee, 3 exploitants de céréales sur 10 déclaraient au mieux un revenu nul, au pire, un déficit

Comment transformer les métiers de la terre et de l’élevage?

Les aides de la PAC, les perfusions européennes, sont et restent vitales pour les agriculteurs. Le prochain budget de l’Europe consacrera plus de 62 milliards d’euros à l’agriculture française. Et autant vous dire qu’il y a un mois, juste avant l’annonce de ce budget, plus personne ne respirait.    

Alors l’agriculture n’est pas condamnée d’office, mais pour survivre, elle est forcée de s’adapter. Mais comment ? En adaptant les cultures, avec du maïs qui pousse plus tôt dans l’année. En développant ce qu’on appelle  "l’agroécologie". Une agriculture qui use moins les ressources de la terre. Voire le bio. 

Selon le dernier rapport de France Stratégie, l’agriculture bio est rentable pour la viticulture, le maraichage, pour la production de lait et même souvent dans la culture des céréales. Mais bio ou pas, les récoltes ne résistent ni à la grêle, ni au manque d’eau. C’est pour cette raison que le plan de relance pour l’agriculture devra aussi contenir des aides pour prévenir.   

Quel plan de relance pour l'agriculture ?

D'abord, rénover les bâtiments. Pour que les vaches, les porcs, les poules ne subissent pas 40 degrés sous la tôle l’été, et -15 degrés en hiver. Puis, subventionner l’achat de filets anti-grêles et créer des réserves d’eau pour stocker l’hiver et s’en servir l’été.    

Et, puisque tout n’est pas prévisible, les exploitants agricoles de la FNSEA demandent en plus, une assurance plus protectrice. Une indemnisation dès 20% de pertes. Parce qu’aujourd’hui à moins de 30% de pertes, vous n’avez rien. 
    
L’eau est vitale pour cultiver. On récolte aujourd’hui moins de 5% de l’eau qui tombe, selon l’ingénieur agronomie Jean-Marie Séronie. Chaque projet pour conserver un peu de liquide se heurte à une guérilla administrative de la part de certains écolos. Avec une vision locale des projets, en associant les acteurs locaux, au cas par cas, il peut y avoir du bon à créer des bassins d'eau.

Un plan qui risque de coûter cher...

Autre exemple, cultiver sans pesticides. Sur le principe, tout le monde est d’accord mais dans les faits, un agriculteur vous explique que sans produit chimique, son exploitation n’est pas rentable. À tort ou à raison.
   
Dès qu’on tire la pelote du fil de l’agriculture, les vents contraires du conservatisme et du changement s’élèvent. Ce qui veut dire deux choses : d'abord, pour être efficace, le plan pour l’agriculture va coûter cher, de l’ordre de plusieurs milliards d’euros par an. Et puis, une vision de long terme sera indispensable.

L’agriculture, c’était une composante essentielle des commissariats au plan du général de Gaulle en 1946. Puisqu’Emmanuel Macron veut ressusciter le commissariat au plan, pour tracer une vision d’avenir, l’agriculture devra en faire partie. Parce que l’avenir, c’est aussi de repenser ces métiers millénaires. En écoutant les acteurs locaux, en synthétisant les rancœurs, ce qui permettra peut-être, à la façon de Voltaire, de semer "un grain qui pourra produire un jour, une moisson".

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