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Barrière de corail "en danger" : pourquoi l'Australie proteste

Le 21 juin, l’Unesco a annoncé vouloir placer la Grand Barrière de corail sur la liste des lieux "en danger". Un bras de fer se profile avec le gouvernement australien qui entend contester une telle décision.

La Grande Barrière de Corail est le plus long récif corallien au monde. Il entoure la côte Est australienne, partant de Cap York (à l'extrême nord du pays), jusqu'à Bundaberg (à la pointe sud)
La Grande Barrière de Corail est le plus long récif corallien au monde. Il entoure la côte Est australienne, partant de Cap York (à l'extrême nord du pays), jusqu'à Bundaberg (à la pointe sud)
Crédit : Pixabay
Céline Morin & AFP

Un rapport de l’Unesco recommandait le 21 juin d’inscrire la Grand Barrière de corail – située au nord-ouest de l’Australie – sur la liste des lieux "en danger", de quoi installer des tensions entre l’organisation et le gouvernement australien. 

C’est la détérioration de la Barrière ces dernières années qui a poussé l’Unesco à l’action, dégradation due aux changements climatiques qui ont notamment causé des périodes de blanchiments des coraux. Le blanchissement est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l'eau qui entraîne l'expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur vive. 

Ces épisodes sont de plus en plus fréquents : cette année, la barrière de corail a fait face à sa troisième vague de blanchiment en l’espace de 5 ans, plus étendue que les précédentes. En plus d’une augmentation de la température des eaux, la Barrière fait également face à plusieurs cyclones et est aussi menacée par les ruissellements agricoles et par l'acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux.

Une "forte déception" de la part du gouvernement australien

Les organisations de défense de l’environnement voient dans cette recommandation le témoin de l’échec et du manque d’investissement du gouvernement australien dans la lutte contre le réchauffement climatique et la baisse des émissions de gaz à effet de serre. 

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Susan Ley, ministre de l’Environnement, expliquait comprendre "que le changement climatique mondial constitue la plus grande menace pour les récifs coralliens", ajoutant qu’il est "erroné, à notre avis, de désigner le récif le mieux géré au monde pour une liste (de sites) 'en danger' ". Elle continue en accusant l’Unesco de ne pas prendre en compte les milliards de dollars mis à contribution pour la protection de la barrière. Cela "envoie un mauvais signal à des pays qui ne réalisent pas les investissements que nous faisons dans la protection des récifs coralliens". 

Pourtant, l’Unesco dans son rapport évoque les efforts déployés par le gouvernement, tout en déplorant que " les perspectives à long terme pour l'écosystème (de la Barrière) se soient encore détériorées, passant de médiocres à très médiocres". En effet, l’Australie a fait face en 2016 et 2017 à deux vagues de blanchiment des coraux importantes.

Dans la nuit du 21 au 22, la ministre s’est entretenue avec Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, lui notifiant "notre forte déception". Pour autant, l’Unesco, de son côté, n’y voit pas une sanction, mais plutôt une manière de sensibiliser le public à la sauvegarde du patrimoine. 

Un gouvernement "passif" face au déclin du récif

Outre sa valeur inestimable d'un point de vue naturel ou scientifique, on estime que l'ensemble corallien qui s'étend sur 2.300 kilomètres de long, génère 4,8 milliards de dollars de revenus pour le secteur touristique australien. Malgré les bénéfices certains du tourisme sur l'économie, aucun objectif de neutralité carbone d’ici à 2050 n'a été fixé : seulement une volonté de la part du gouvernement de l’atteindre "dès que possible" notifie le Premier ministre Scott Morrison, ne souhaitant pas mettre en danger l’économie et les entreprises. 

La Climate Council, organisation défendant la protection de l’environnement s’insurge, accusant le gouvernement de rester "passif devant le déclin du récif corallien au lieu de le protéger". Selon Richard Leck, responsable à WWF des océans, la recommandation de l’Unesco montre "clairement et sans équivoque que le gouvernement australien ne fait pas assez pour protéger notre plus grand atout naturel, en particulier contre le changement climatique". 

En décembre dernier, l’Union internationale pour la conservation de la nature signalait déjà les risques des changements climatiques sur la Barrière, la classant par la même occasion sur la liste des sites classés "critiques"

Ainsi, limiter le réchauffement à 1,5°C est primordial pour protection des coraux souligne l’Australian Marine Conservation Society : car une hausse de 2,5 à 3°C, comme cela est estimé en Australie, conduirait "inévitablement" à détruire non seulement la Grande Barrière, mais aussi "tous les récifs coralliens du monde". Depuis 1995, on estime à la moitié la quantité de corail mort du fait du réchauffement de l’eau. 

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