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Coronavirus : pourquoi une nationalisation de Sanofi serait contre-productif

C’est "le clash diplomatique" du moment. Le patron du laboratoire français Sanofi a déclaré qu’il donnerait en priorité son vaccin contre la Covid aux États-Unis. Explications.

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Coronavirus : pourquoi une nationalisation de Sanofi serait contre-productif Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Martial You édité par Charles Deluermoz

Sanofi est-il vraiment un groupe français ? Il y a eu un procès d’intention parce que 60% des investisseurs sont étrangers. Le groupe possède 11 usines de fabrication de médicaments dans le monde mais 5 sont aux États-Unis, 3 sont en France et 3 sont en Chine.

Malgré tout, Sanofi est une entreprise cotée à la bourse de Paris et son siège est en France. Donc c'est un groupe pharmaceutique français et mondial. Vous savez, la moitié du CAC40 est entre les mains d’investisseurs étrangers. La France représente moins de 25% du chiffre d’affaire de la plupart de nos multinationales mais, malgré tout, Renault, Publicis, Total ou L’Oréal sont évidemment des entreprises françaises.

Ce jeudi 14 mai, sur RTL, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont demandé une nationalisation de Sanofi. Mais cela n’est pas au programme de l’Élysée. Surtout, ce serait complètement inutile, et contre-productif. Accessoirement, Sanofi vaut 110 milliards d’euros à la Bourse. Si l'on devait racheter le capital, cela coûterait cher. Ensuite, les laboratoires pharmaceutiques ont besoin de produits stars (des blockbusters) qui se vendent partout dans le monde. Si on laisse l’État décider de la stratégie industrielle, et bien on crée le Minitel quand le monde entier découvre internet.

L'État, ce patron à la mauvaise réputation

Et puis, c’est très agaçant, vous savez, de reprocher à une entreprise d’avoir des usines et des actionnaires internationaux. C’est nier l’histoire de nos fleurons industriels.
Bien souvent, pour devenir des champions mondiaux, ils ont absorbé des concurrents internationaux : c’est ce qu’on appelle la croissance externe via des OPA. Les actionnaires étrangers sont souvent le fruit de ces achats.

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Et puis l’État n’est pas forcément réputé pour être un bon patron. Souvenez-vous dela démission de Jean-Marc Janaillac de la tête d’Air France quand les syndicats-grévistes se sont mis à négocier avec l’État actionnaire et pas avec lui. Souvenons-nous des nationalisations de 1981 : Usinor devenue l'indienne Arcelor Mittal, Rhône Poulenc noyée dans Aventis, Thomson qui valait 1 euro, Pechiney absorbé par Alcan, le scandale du Crédit Lyonnais… 

Attirer les investissements étrangers

Il n’y a pas beaucoup de succès à mettre à l’actif de ces nationalisations 30 ans plus tard. La plupart de ces entreprises sont retournées dans le privé ou bien sont mortes. On peut le regretter mais nous sommes dans une économie mondialisée. Il faut être gros, mondial pour être un leader. La France seule ne pèse pas assez lourd. Souvenez-vous de cette phrase de Jean-Paul Belmondo dans 100.000 dollars au soleil : "Quand les hommes de 130 kg disent certaines choses, ceux de 60 kg les écoutent."

Pourtant, la crise du coronavirus a démontré qu’on ne devait plus être dépendants de la production chinoise. Notamment pour les médicaments. On peut imaginer des nationalisations ponctuelles pour sauver un secteur. Obama l’avait fait pour l’automobile en 2009. 

Mais le plus intelligent, c’est d’attirer les investissements étrangers et la recherche sur notre sol pour avoir la production sous la main. Et on a commencé à le faire. Selon le baromètre EY de l’attractivité, la France était le premier pays d’Europe pour les investissements étrangers en 2019, devant l’Allemagne ou l’Angleterre. Mais pour cela, il faut une économie ouverte… Et donc une stratégie européenne et non pas un protectionnisme et une industrie étatisée.

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