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Coronavirus en Arabie saoudite : Ryad annonce un plan d'austérité inédit

On pensait l’Arabie saoudite solide financièrement mais le coronavirus frappe aussi la monarchie pétrolière et Ryad vient d’annoncer un plan d’austérité inédit pour la population.

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Coronavirus en Arabie Saoudite : Ryad annonce un plan d'austérité inédit Crédit Image : FAYEZ NURELDINE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Charles Deluermoz

Au moment du choc pétrolier des années 1970, on avait vu fleurir le slogan : "En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées". Et bien, à Ryad, en ce moment, à cause de l’effondrement des cours du pétrole, on a l’impression que la monarchie vient piocher ses idées dans la politique budgétaire de la France. Déficit massif, baisse des subventions, hausse des impôts, emprunts massifs...

Rendez-vous compte : le Royaume vient d’annoncer qu’il passait la TVA de 5% à 15%. Cela veut dire que les prix au quotidien vont augmenter fortement à partir de cet été. Or, la TVA est une invention récente en Arabie saoudite car elle a été mise en place il y a deux ans seulement.

Ensuite, l’État qui versait une prime de 250€ par mois aux familles modestes pour justement compenser la TVA arrête cette prime le mois prochain. Avec toutes ces mesures, Ryad espère économiser près de 25 milliards d’euros sur cette année.

La chute des cours du baril en cause

L’Arabie saoudite est le premier pays exportateur de pétrole au monde. Cela représente 70% des recettes budgétaires du Royaume. Donc, évidemment, quand le cours est sous les 30 dollars le baril alors qu’il valait le double au début de l’année, l’équilibre budgétaire est ébranlé.

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Mais Ryad ne peut pas faire grand chose contre cette pandémie mondiale. En réalité, elle n’est que le révélateur de problèmes profonds qui datent d’avant. Cela confirme les doutes que les investisseurs mondiaux ont sur la solidité économique du pays depuis longtemps et cela démontre aussi que l’Arabie Saoudite n’a sans doute plus les moyens d’être le stabilisateur des prix du brut comme autrefois.

D’ailleurs, la pépite saoudienne, l’entreprise pétrolière Aramaco a eu toutes les peines du monde à s’introduire en bourse à la fin de l’année dernière et il y a eu très peu d’investisseurs internationaux. C’était l’espoir du prince héritier Mohammed Ben Salmane. Et finalement, ce sont des Saoudiens qui sont devenus actionnaires d'Aramco.

Si les cours se sont effondrés ces derniers mois, ce n’est pas uniquement parce que l’activité mondiale s’est arrêtée, et avec elle la consommation de pétrole. C’est aussi parce que Ryad et Moscou ont refusé pendant des semaines de baisser leur production de barils pour affaiblir les États-Unis. Ils produisaient plus, on consommait moins et on n’avait plus de place où stocker le pétrole. Résultat : les prix se sont effondrés au point de devenir négatifs pendant quelques heures.

La fin de la dépendance au pétrole remise en question ?

Le plan saoudien de développement Vision 2030 devait diversifier l’économie saoudienne avec notamment un grand projet touristique qui prévoit la création d’une ville nouvelle, Neom, au bord de la mer rouge. Soit 500 milliards de budget. Mais ce projet pharaonique est enterré dans les sables. Et avec lui, un peu, le rêve promis à toute une jeunesse qui s’était reconnue dans le jeune prince MBS. 

Aujourd’hui, le Royaume creuse son déficit pour gérer la crise pétrolière, augmenter ses dépenses de santé car c’est le pays de la péninsule arabique le plus touché par le virus. Mais, derrière, il y a un risque de révolte de la population. Dans ce pays de 30 millions d’habitants, les deux tiers ont moins de 30 ans. Vision 2030, moins dépendante du pétrole offrait une perspective ; un futur.  Or, dans les pétromonarchies, l’or noir finance aussi la paix sociale. On estime qu’en Arabie Saoudite, le baril doit être à 80$ pour éviter le risque de révolte social. On en est très loin en ce moment.

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