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Coronavirus : 98% du secteur aérien mondial touché par la crise

Selon l'IATA, qui regroupe les acteurs du marché, le transport aérien risque de perdre 250 milliards de dollars cette année. Du jamais vu.

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Coronavirus : 98% du secteur aérien mondial touché par la crise Crédit Image : AFP / THOMAS SAMSON | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Charles Deluermoz

Une prévision de pertes qui s'élève à 250 milliards de dollars. Le chiffre est effarant et les plus impactés ce sont d'abord les compagnies aériennes. C'est bien simple : 98 % du secteur est touché dans le monde désormais. J'ai regardé ce qui s'était passé en 2001. Le choc qui avait frappé le monde de l'aérien après les attentats du 11 septembre avait coûté 25 milliards de dollars, c'est-à-dire 10 fois moins que les estimations actuelles de perte.

Le cabinet spécialisé Capa Aviation a fait les comptes. Il estime que la plupart des compagnies aériennes seront en situation de faillite à la fin du mois de mai car elles n'auront pas retrouvé leur niveau de trafic au moment où elles gagnent habituellement de l'argent. Les mois de juin, juillet, août et septembre sont les quatre mois magiques pour le secteur aérien mais les avions se remplissent bien entendu au printemps... donc en ce moment.

C'est une situation totalement inédite dans l'histoire de l'aérien, et même dans l'histoire économique ! Il faut bien comprendre ce qui se passe. C'est la première fois que des États organisent volontairement leur propre récession en décidant un confinement mondial. En 1929, en 2000, en 2008, les États avaient tout fait pour limiter la dégringolade économique. Cette fois, les États la provoquent (et c'est logique !) par mesure sanitaire. Mais le monde économique ne sait pas gérer cette situation et cela impacte en premier lieu les flux de personnes ou de marchandises et donc le secteur aérien.

En 2001, les compagnies les plus fragiles étaient mortes (Swiss Air, Sabena, AOM Air Liberté). Très peu de fusions avaient eu lieu à l'époque mais on avait vu émerger un nouveau modèle économique : les vols low cost. Là, ce qui se dessine, c'est un retour en force des États : les compagnies vont redevenir des pavillons nationaux. L'Italie est en train de nationaliser Alitalia. Le gouvernement français le laisse entrevoir pour Air France. La Norvège se porte caution pour Norwegian et Donald Trump se dit prêt à réinjecter 50 milliards de dollars pour venir en aide à ses compagnies.

Et pour les constructeurs ?

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Pour les avionneurs, cela sera pareil. Boeing sortait de la pire année de son histoire avec son programme 737 MAX cloué au sol. Ces derniers jours, Airbus a lui relancé ses usines mais on s'attend tout de même à un faux plat en termes de commandes. D'autant que le prix des avions va baisser car on aura beaucoup de "queues blanches" comme on dit dans le métier, c'est-à-dire des stocks d'avions qui sont fabriqués mais qui n'ont pas encore été achetés ou livrés. De toute façon, il n'y a que les États qui peuvent signer un chèque en blanc car la sortie de crise va être très lente.

Dans quelques semaines, les premiers touristes mondiaux, les Chinois, pourront sans doute voyager à nouveau. Mais pour aller où ? L'Europe sera encore fermée et l'Amérique sera sans doute au cœur de l'épidémie.

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