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Coronavirus : Pfizer, Moderna... Quel recul a-t-on sur les vaccins ?

ÉCLAIRAGE - La France dispose notamment du recul de la recherche scientifique, qui dure depuis plusieurs mois, et de l'expérience d'autres pays.

Dimanche 27 décembre, Mauricette, 78 ans, a été la première française à se faire vacciner contre le coronavirus. Pourtant, la classe politique n'a pas réagit.
Dimanche 27 décembre, Mauricette, 78 ans, a été la première française à se faire vacciner contre le coronavirus. Pourtant, la classe politique n'a pas réagit. Crédit : THOMAS SAMSON / AFP / POOL
Coline Daclin Journaliste

C'est l'un des principaux arguments contre les vaccins anti-coronavirus. La France n'aurait "pas assez de recul" sur les éventuels effets secondaires du produit. En effet, le premier vaccin autorisé en Europe, celui de Pfizer et BioNTech, est passé par une procédure accélérée. Il en est de même pour les autres vaccins. Ils font l'objet d'une analyse en continu par l'Agence européenne du médicament (EMA), au fur et à mesure de l'avancée des essais cliniques, afin de ne pas perdre de temps face à l'épidémie.

Pour comprendre le recul que les scientifiques ont sur le vaccin, on peut déjà s'intéresser à cette procédure de validation. L'analyse en continu des données a permis d'accélérer la procédure, mais elle a tout de même pris de nombreux mois. Pour le vaccin Pfizer par exemple, l'évaluation de l'EMA a commencé au mois d'octobre. 

On peut aussi regarder le parcours d'un vaccin comme celui de Moderna. La formule, qui n'est pas encore validée par l'Europe mais l'a été aux États-Unis, a été mise au point le 13 janvier 2020, soit au tout début de l'épidémie. Depuis cette date, des tests et essais cliniques ont été menés pour vérifier l'efficacité du vaccin et ses éventuels effets secondaires. Les vaccins les plus avancés ont ainsi déjà été testés sur des milliers de personnes.

Des procédures accélérées, mais respectées

"Les procédures ont été accélérées mais elles ont été respectées à chaque étape", soutient sur RTL le directeur général de l'ARS d'Île-de-France, Aurélien Rousseau. En effet, l'EMA a raccourci les délais administratifs de validation du vaccin, mais les critères scientifiques sont restés les mêmes : qualité, efficacité, et innocuité. "Les critères de sécurité pour des vaccins contre la Covid-19 sont les mêmes que pour n'importe quel vaccin en Europe, et ils n'ont pas été abaissés dans le contexte de la pandémie", indique l'EMA sur son site.

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Les pays européens n'ont par ailleurs pas été les premiers à valider le vaccin Pfizer/BioNTech : les États-Unis et le Royaume-Uni avaient commencé la vaccination. En plus du temps de la recherche scientifique, on dispose donc de quelques semaines de recul sur la vaccination grâce à ces pays.

"On partage [les données sur le vaccin], notamment au sein de l'OMS", assure Aurélien Rousseau au sujet des Britanniques. Les expériences américaine et britannique ont notamment permis de détecter un potentiel risque d'allergie au vaccin, qui est depuis étroitement surveillé.

Les autorités sanitaires vigilantes

On peut aussi compter sur le travail de la recherche et des autorités sanitaires. "Ce sont des dossiers de dizaines de milliers de pages qui ont été rendus par toutes les autorités sanitaires du monde", déclare le directeur de l'ARS Île-de-France. Des données scientifiques détaillées et validées sont par ailleurs disponibles pour deux vaccins : ceux de Pfizer/BioNTech et d'AstraZeneca/Oxford. Elles indiquent qu'ils sont respectivement efficaces à 95% et 70%.

Les effets secondaires des vaccins les plus avancés dans le processus de validation sont ainsi connus, et sont généralement désagréables, mais sans gravité. Si de nouveaux effets secondaires apparaissaient, l'Agence française de sécurité du médicament (ANSM) a pour mission de les recenser et de les rendre publics.

Un premier point de situation sera publié de façon hebdomadaire, dès cette semaine. L'ANSM pourra aussi "communiquer à tout moment si un signal de sécurité est identifié". Les professionnels de santé, les personnes vaccinées et leur entourage pourront déclarer les effets indésirables soit directement auprès du centre de pharmacovigilance de leur région (CRPV), soit sur le portail des signalements en ligne

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Saison 2 - 9. Coronavirus : le point sur la course aux vaccins Crédit Image : RTL originals | Crédit Média : RTL Originals | Durée : | Date :
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