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Résultats des régionales : les 3 enseignements à tirer du scrutin

ÉCLAIRAGE - Les projections du premier tour des régionales se sont confirmées au second tour. L'abstention a décollé, alors que le RN et LaREM continuent eux leur descente.

Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Xavier Bertrand
Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Xavier Bertrand
Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad

Le second tour des élections régionales a confirmé la tendance impulsée par le premier tour : l'abstention reste très élevée, le Rassemblement national essuie un échec et Les Républicains sortent renforcés du scrutin. 


Après la fermeture des derniers bureaux de vote, la participation s'établissait à environ 34% en France métropolitaine. Il s'agit du même niveau qu'au premier tour. L'abstention a été record en région Grand Est (70%), tandis que comme au premier tour, la Corse affiche la plus forte participation (41,8%). 

Invité de RTL, le directeur délégué d'Harris Interactive France Jean-Daniel Lévy explique que "les Français ont persisté avec l'idée de dire : 'Entendez bien le message que nous envoyons'". L'autre enseignement concerne les équilibres politiques. "Les dynamiques ont été confortées avec des présidents sortants réélus brillamment, la droite en bonne position et le Rassemblement national et La République En Marche en grande difficulté", analyse-t-il.

1. Le Rassemblement national plonge

Les craintes du Rassemblement national après le premier tour des élections régionales se sont confirmées ce dimanche 27 juin. Le parti dirigé par Marine Le Pen n'a emporté aucune région lors du scrutin. La déception est d'autant plus forte en région PACA où le match entre Renaud Muselier et Thierry Mariani a été particulièrement féroce. Les électeurs ont fait le choix de donner l'avantage au président LR sortant avec 56,8% à 57,7% des voix

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Désillusion aussi dans les Hauts-de-France où Xavier Bertrand l'a emporté haut la main. Le candidat à l'élection présidentielle a devancé de quelque 25 points son adversaire du RN Sébastien Chenu. Ce dernier l'a appelé à "rester humble et ne pas fanfaronner".  "Il y a des moments dans la vie où tout semble réussir, rassurez-vous, ça passe", a-t-il lancé.

Mais Marine Le Pen a choisi d'enjamber le scrutin pour mettre les bouchées doubles sur la présidentielle. La présidente du RN a ainsi donné "rendez-vous aux Français, dès demain, pour construire tous ensemble l'alternance dont la France a besoin". "Ce soir nous ne prendrons pas de région", a-t-elle reconnu. Mais pour elle, il s'agit là du résultat des "alliances contre-nature" de la part des présidents sortants. Le résultat en PACA "démontre que la mobilisation est la clé des victoires à venir".

2. La présidentielle lancée à droite

Après avoir vécu de longues semaines de polémique, Les Républicains sortent la tête de l'eau. Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse l'ont respectivement emporté en Auvergne-Rhône-Alpes, dans les Hauts-de-France et en Île-de-France. 

Xavier Bertrand a déjà lancé sa campagne pour 2022 en prenant la parole quelques minutes après 20 heures. "Ce résultat me donne la force d'aller à la rencontre de tous les Français", a-t-il lancé ouvrant ainsi la voix aux multiples interprétations de cette phrase. Il a d'ailleurs esquisser un début de programme : "Pour redresser notre pays, il y a un préalable, le rétablissement de l'ordre. L'insécurité mine la République, la défigure, et ce sont les plus modestes les premières victimes, a-t-il listé. Mon objectif c'est que le travail paye à nouveau, qu'on puisse en vivre dignement, pour élever ses enfants".

Selon l'éditorialiste politique de RTL Olivier Bost, "Xavier Bertrand a développé un début de programme axé sur le travail et l'effort. On y retrouve du Nicolas Sarkozy et aussi un peu de Jacques Chirac".

Laurent Wauquiez est sur un registre différent de celui de Xavier Bertrand

Olivier Bost, éditorialiste de RTL

Pour Laurent Wauquiez, "la victoire de ce soir c'est la victoire d'un cap clair. Celui du respect de la parole donnée". "Ce soir, les extrêmes ont reculé fortement dans notre région car nous ne leur laissons aucun terrain pour prospérer", a-t-il ajouté. Pour Olivier Bost, il est sur "un registre différent" de celui de Xavier Bertrand. Les grandes lignes étant : plus de protection, moins de charges, moins de contraintes. "C'est une approche plus protectrice et plus libérale. Il a aussi insisté sur la victoire d'un cap clair", ajoute-t-il. Une façon de répondre au procès en insincérité. 

De son côté, Valérie Pécresse qui n'a toujours pas annoncé sa candidature, porte le rôle de rassembleur de la droite. Avec son élection, une "équipe de France de la droite et du centre a émergé dans les régions", fait-elle valoir.

3. La République En Marche sombre

C'est une problématique à laquelle est confrontée La République En Marche depuis les élections législatives de 2017 : comment s'implanter localement ? Le jeune parti présidentiel qui a pris forme en 2016 peine à exister en dehors d'Emmanuel Macron. Les élections régionales ne font pas exception à cette règle. Le délégué général de LaREM Stanislas Guerini a reconnu que les estimations étaient "une déception" pour son parti. Invité de RTL, Christophe Castaner a jugé qu'il s'agissait d'un "mauvais" "bilan". "On voit bien la difficulté de s'enraciner", a-t-il reconnu. 

Le bilan est catastrophique : les listes LaREM-Modem n'ont attiré qu'environ 7% des voix au niveau national, loin derrière LR, la gauche et les écologistes et le RN. En Île-de-France Laurent Saint-Martin ne récolte qu'entre 10,5 et 9,5%, selon les estimations. En Centre-Val de Loire, le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau n'arrive qu'en 3e position. En Bretagne, terre macroniste, Thierry Burlot est relégué en quatrième place. L'ancien ministre François de Rugy obtient à peine plus de 8% en Pays de la Loire. Dans le Grand Est, c'est moins de 13% pour la ministre Brigitte Klinkert et environ 13,2% pour sa collègue du gouvernement Geneviève Darrieussecq (MoDem) en Nouvelle-Aquitaine

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