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Présidentielle 2022 : Le Pen contrainte de s'imposer à une primaire qui ne dit pas son nom

ÉPISODE 2 - À six mois de l'élection présidentielle, RTL.fr décrypte dans une websérie les stratégies, les dynamiques et les campagnes des candidats engagés dans la course à l'Élysée.

Marine Le Pen, le 23 octobre 2021
Marine Le Pen, le 23 octobre 2021
Crédit : Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Une primaire sauvage. Candidate pour la troisième fois à l'élection présidentielle, Marine Le Pen fait face comme la droite, la gauche et les écologistes à une primaire. À la différence que cette dernière est en dehors des clous et ne dit pas son nom. 

Après la percée frontiste au second tour en 2017, la candidate doit désormais composer avec une autre figure avançant sur le terrain du "camp nationaliste", comme le qualifie Marine Le Pen : Éric Zemmour. La montée de celui qui fait office d'élément perturbateur dans les sondages pousse la députée du Pas-de-Calais à revoir sa stratégie pour 2022

Le polémiste tente de rapatrier sous son égide les déçus du Rassemblement national. En visite à Biarritz, Éric Zemmour a poursuivi sa charge contre Marine Le Pen. "J'avais été le premier à le dire et à le diagnostiquer : c'est une femme de gauche, tous ses réflexes sont de gauche", a-t-il attaqué. D'après lui, la candidate RN "est en décalage avec son électorat".

Une bataille qui se joue à l'international

Pendant plusieurs semaines, Marine Le Pen a refusé de considérer Éric Zemmour comme "un adversaire". Mais la candidate a fini par revoir sa position et depuis elle rend coup pour coup. En effet, la candidate à la présidentielle et le polémiste s'affrontent par médias interposés et aussi sur le terrain. 

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Dernier élément en date : la visite de Marine Le Pen en Hongrie et sa rencontre avec le premier ministre hongrois Viktor Orban. Le calendrier n'a pas été laissé au hasard. L'ancienne présidente du Rassemblement national s'y est rendue quelques semaines après Éric Zemmour. Une nuance persiste : elle s'est entretenue avec le premier ministre hongrois, tandis que l'essayiste n'en a pas eu l'occasion. Un argument que l'entourage de la candidate se plaît à rappeler.

Sur les réseaux sociaux, la députée a partagé plusieurs messages et vidéos visant à raconter sa venue à Budapest et montrant le protocole réservé. Sur le fond, Viktor Orban s'est bien gardé d'apporter un soutien franc et massif à Marine Le Pen. 

Deux candidats pour une seule place

C'est donc la première fois que Marine Le Pen fait face à une autre possibilité de candidature forte du côté de l'extrême droite. Le maire de Béziers Robert Ménard s'en inquiète ouvertement et craint que ces deux candidatures, si celle d'Éric Zemmour aboutit, se court-circuitent. Sur RTL, l'édile avait appelé Marine Le Pen et le polémiste à se mettre autour de la table des négociations en janvier ou février pour éviter ce scenario

Dans les sondages qui correspondent à une tendance à un instant T, le polémiste challenge la candidate du Rassemblement national. Selon un sondage Harris Interactive datant de ce 27 octobre, Emmanuel Macron arriverait en tête au premier tour avec 23 et 25% et se qualifierait à l'issu de second. Éric Zemmour arrive en deuxième position avec 17 à 18% des voix. Marine Le Pen, elle, serait troisième avec 16%.

Marine Le Pen a enfermé ses électeurs

Éric Zemmour

Au delà des pourcentages, Marine Le Pen et Éric Zemmour ont tous les deux préempté le sujet de l'immigration. Pour cette nouvelle campagne présidentielle, la candidate a décidé de multiplier les propositions concernant le pouvoir d'achat. Une façon de s'adresser aux "gilets jaunes". Nouveauté du côté du polémiste : des propositions là aussi sur le pouvoir d'achat.

"Marine Le Pen a enfermé ses électeurs, qui sont pour la plupart des électeurs des classes populaires, dans un ghetto politique, parce qu’elle ne sort pas et ne les sort pas de ces ghettos, a déclaré Zemmour. Le vote pour Marine Le Pen ne sert à rien", expliquait-il lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI

Sans surprise, Éric Zemmour estime pouvoir s'adresser aux CSP+ et aussi "aux électeurs de la classe populaire". Mais Marine Le Pen attaque de façon tout aussi frontale et l'accuse de tenir des propos "excessifs". Qu'elle le veuille ou non la candidate RN va devoir se différencier de son adversaire politique pour pouvoir maintenir sa candidature.

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