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Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo, victime d'une gauche qui n'y croit plus

ÉPISODE 1 - À six mois de l'élection présidentielle, RTL.fr décrypte dans une websérie les stratégies, les dynamiques et les campagnes des candidats engagés dans la course à l'Élysée.

Anne Hidalgo, le 15 octobre 2021
Anne Hidalgo, le 15 octobre 2021
Crédit : JOSE JORDAN / AFP
Marie-Pierre Haddad

Une campagne "à bas bruit". Cette phrase qualifie les premières semaines de campagne d'Anne Hidalgo. Loin d'être un compliment, ces mots sonnent comme un aveu. D'autant plus quand ils émanent d'Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. 

"La politique, c'est difficile" poursuit-il. Invité de LCI le 18 octobre, celui qui avait pourtant soutenu la candidature d'Anne Hidalgo raconte qu'"elle avait fait le choix, dans un premier temps, d'aller à la rencontre des Français, sans pour autant exprimer de nouvelles propositions. Donc c'est vrai que les gens se sont dit : 'Elle est candidate, mais qu'est-ce qu'elle a à dire ?'"

Olivier Faure continue son analyse de la campagne de l'édile. "Quand je parle d'Anne Hidalgo aux gens, ils la connaissent, ils savent qu'elle est maire de Paris, mais ça ne va pas plus loin". Le premier secrétaire du Parti socialiste précise ne pas être inquiet. Mais son discours laisse pourtant transparaître l'inverse.

La gauche déchirée par une "guerre hégémonique"

La lassitude du premier secrétaire du Parti socialiste combinée aux sondages qui placent Anne Hidalgo aux alentours de 5% sont comme un boulet accroché à la cheville de la candidate. Pour un ténor du Parti socialiste, il ne faut pas seulement observer le score de la maire de Paris mais celui de toute la gauche. 

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"La gauche est basse dans les sondages : Jean-Luc Mélenchon est dix points en-dessous de ce qu'il a fait en 2017. Yannick Jadot est en-dessous du score d'EELV aux européennes de 2019. Le PS est bas. Tout ça ne crée pas une dynamique pour personne", explique-t-il. Au contraire, cela a fait entrer la gauche dans une nouvelle guerre d'egos. "C'est une guerre hégémonique : chacun pense qu'il est le chef", estime un autre membre du Parti socialiste.

La gauche est datée. La gauche est divisée. La gauche est radicalisée

Un observateur de la vie politique

Mais cela n'a pas suffi à faire décoller sa campagne. Selon un observateur de la vie politique, l'effet Zemmour ne fait pas seulement du tort à la droite et au Rassemblement national. Il déplore le fait que la gauche peine à faire entendre sa voix sur les sujets d'identité, d'immigration et d'insécurité. 

"La gauche doit avoir des réponses mais nous faisons l'impasse sur ces sujets. Personne ne veut les traiter, critique-t-il. Et quand c'est le cas, on les traite comme dans les années 60", constate-t-il. Il finit ensuite sur une note très sombre : "La gauche est dans le déni. La gauche est datée. La gauche est divisée. La gauche est radicalisée". Un triptyque fatal. 

Des solutions, mais peu d'écho

Fraichement investie par le PS, Anne Hidalgo a pourtant essayé de donner une impulsion à sa candidature, notamment en proposant la baisse des taxes sur le carburant. Une façon de se démarquer des Verts. "C'est sans doute une différence avec les Verts, j'estime qu'on ne peut pas continuer à demander aux plus fragiles, aux plus modestes ou aux classes moyennes de payer le prix fort de la transition écologique", expliquait-elle début octobre.

Dans le camp socialiste, la résignation commence à s'installer au sujet d'Anne Hidalgo. "Elle cherche une voie originale en montrant qu’elle n’est pas comme les autres. Elle offre des solutions mais elle ne sort pas les muscles", regrette-t-on. "Le grand problème de la gauche, c’est qu’elle n’y croit pas. On ne croit pas en la candidate PS. Anne Hidalgo ne sent pas portée".

Mais Anne Hidalgo garde le cap tant que possible. Sur LCI, la candidate socialiste réagit aux sondages décevants. "La politique ce n'est pas la Star Ac' (...) Il y a une différence entre les politiques qui pensent qu’ils sont là pour occuper un espace et ceux qui, comme moi, attendent autre chose et ne se complaisent pas dans les discours de haine (...) Bien sûr que je peux gagner cette présidentielle", assure-t-elle.

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