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Présidentielle 2022 : comment la macronie rediabolise Marine Le Pen et le RN

Le clan des macronistes s'inquiète quant à la dynamique de Marine Le Pen et à son image qui s'est adoucie.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron, candidats à la présidentielle 2022.
Marine Le Pen et Emmanuel Macron, candidats à la présidentielle 2022.
Crédit : Photos : AFP/Montage : RTL.fr
Marine Derquenne

L'écart dans les sondages se ressert entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Par ailleurs, l'image de la candidate du RN n'a jamais été si modérée, tel que l'affirme l'éditorialiste politique de RTL Olivier Bost, si bien que le risque Le Pen déclenche ainsi une fébrilité chez les macronistes qui ne cessent de prévenir le "danger de l'extrême droite". 

Dans une interview du journal Le Parisien, le président-candidat a rappelé que "les fondamentaux (de Marine Le Pen) n'ont pas changé : c'est un programme raciste, qui vise à cliver la société, et d'une grande brutalité". La candidate "ment aux gens", a-t-il ajouté.

Le proche du président Christophe Castaner a lui aussi souligné que l'ancienne présidente du FN était "constante dans ses 'valeurs' qui restent d'extrême droite." Le président du groupe LaREM à l'Assemblée a considéré que "dans sa tentative de conquête du pouvoir, elle ment, tout le temps, en cachant ce qu'elle est vraiment et ce qu'elle ferait vraiment".

La semaine dernière, Édouard Philippe est lui aussi passé à l'attaque contre la candidate. L'ex-Premier ministre a estimé, lors d'un entretien au Parisien que "bien sûr, Marine Le Pen peut gagner". "Depuis 2017, elle a fait mine de revenir sur beaucoup de choses qui crispaient une partie de l'électorat qui ne l'avait pas encore rejointe", a-t-il souligné. Le maire du Havre alertait que "si elle gagnait, les choses seraient, croyez-moi, sérieusement différentes pour le pays. Et pas en mieux. Son programme est dangereux". 

L'emploi "à dessein" de l'ancien nom du parti

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Le 4 avril dernier, lors d'un entretien dans des journaux du groupe Ebra, Emmanuel Macron a employé l'ancien nom du RN pour qualifier le parti de la candidate. Le président-candidat a fait exprès d'utiliser ce terme de "Front national", le nom d'origine du parti de la candidate cofondé par son père, Jean-Marie Le Pen. 

Emmanuel Macron a rappelé qu'on "parle d'une dame qui est l'héritière d'un clan, qui est aux élections présidentielles depuis les années 1960. Ce n'est pas un Rassemblement, c'est un clan ! Ce clan ose parler 'd'africanisation' de la France, et ça ne choque personne ?" De son côté, Christophe Castaner l'imite, parlant systématiquement du "FN" et appelant à combattre la "cape de la banalité" portée par Marine Le Pen tel qu'il l'a fait sur le plateau de BFMTV.

Macron a secoué ses troupes pour combattre "le risque de l'extrême droite"

Selon Le Canard Enchaîné du mercredi 30 mars, c'est Emmanuel Macron en personne qui a secoué ses troupes. "Le risque de l'extrême droite est là ! On n'attaque plus Marine Le Pen sur la radicalité de son programme, ni sur sa crédibilité. On s'est habitué à Le Pen", aurait-il dit comme l'a rapporté le journal. Les soutiens du président-candidat ne sont "pas rassurés"
 
D'autant plus que Gérard Darmanin avait lui-même participé à la dédiabolisation de la candidate en 2021, lorsqu'il l'avait accusé de "mollesseà plusieurs reprises, contre l'islamisme notamment. Une saillie qui avait semé le trouble jusque dans les rangs de la majorité. Le ministre de l'Intérieur a tenté de se rattraper, estimant dans le JDD il y a trois mois que "la personne la plus dangereuse pour le pays, c'est Marine Le Pen".

Plus récemment, lors de son meeting à la Défense Arena le 2 avril dernier, Emmanuel Macron a appelé à "la mobilisation générale" face "au danger extrémiste". Sur les réseaux, le compte Twitter @Macron2022 enchaîne également les visuels pour diaboliser Marine Le Pen. Ils ont notamment publier un montage de la candidate au côté de Vladimir Poutine. 

Tandis que le risque Le Pen est au plus haut pour les macronistes, la candidate du RN est "lassée"

De son côté, Marine Le Pen est "lassée" de devoir répondre à ses concurrents qui soutiennent des arguments pour diaboliser son parti. "Ça fait trente ans qu'on subit ça. Je pense que les Français sont lassés de cela. Et moi, je vais vous dire, je suis lassée d'y répondre", a-t-elle lancé sur Europe 1. "Les Français ne sont plus des enfants. Ils ne croient plus au loup-garou", avait-elle ajouté.

Pour les macronistes, le risque Le Pen est au plus haut. L'écart s'est resserré dans le dernier sondage BVA pour Orange et RTL dans lequel Marine Le Pen a profité d'une nette dynamique en cette fin de campagne pour atteindre les 23%, tandis qu'Emmanuel Macron a perdu un point dans les intentions de vote, crédité désormais à 26%.

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