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DÉBAT - Présidentielle 2022 : Marine Le Pen a-t-elle vraiment changé ?

Marine Le Pen a affirmé qu'elle n'était "pas la même qu'en 2017". La candidate du Rassemblement national a-t-elle changé ? Éric Zemmour l’a-t-il aidée ?

Marine Le Pen et Eric Zemmour.
Marine Le Pen et Eric Zemmour.
Crédit : AFP
Présidentielle 2022 : Marine Le Pen a-t-elle changé ? Éric Zemmour l'a-t-il aidée ?
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Marine Derquenne

Marine Le Pen est "lassée". Lassée de devoir répondre à ses concurrents qui soutiennent des arguments pour diaboliser son parti, le Front national devenu Rassemblement national en 2018. "Ça fait trente ans qu’on subit ça. Je pense que les Français sont lassés de cela. Et moi, je vais vous dire, je suis lassée d’y répondre", a-t-elle lancé ce mercredi 6 avril matin sur Europe 1. "Les Français ne sont pas des enfants. Ils ne croient plus au loup-garou", a-t-elle ajouté. 


En réponse aux critiques, la candidate du Rassemblement national ne cesse d'affirmer qu'elle n'est "pas la même qu'en 2017" en mettant en avant sa prise de maturité personnelle et l'aboutissement d'un travail personnel de ces vingt dernières années, comme elle l'a refait sur LCI mardi 5 avril. Mais Marine Le Pen a-t-elle réellement changé ?

Un programme différent ?

Selon Marie Moley, journaliste politique chez RTL, le programme de Marine Le Pen a bel et bien changé depuis l'élection présidentielle de 2017. C'est un fait : "La candidate du RN a modifié et purgé une série de mesures qui pouvaient hérisser une partie de l'électorat, notamment sur la question de la sortie de l'euro, de la sortie l'espace Schengen et de la Cour européenne des droits de l'homme". Marine Le Pen a aussi "renoncé à la retraite à 60 ans,  désormais, elle a fixé l'âge de départ à la retraite à 62 ans pour toutes les personnes qui commencent à travailler après 20 ans". 

Son programme a aussi évolué sur les questions sociétales. À titre d'exemple, la candidate du RN ne veut plus rétablir la peine de mort. Mais en réalité, "il y a assez peu d'évolution sur le cœur de son programme" : l'islam ou immigration. "C'est la même radicalité qu'Éric Zemmour", assure Marie Moley, puisqu'il n'existe que très peu de différences entre Zemmour et Le Pen. Cependant "ce qui change, ce sont les mots pour le dire mais pas le fond", affirme la journaliste. 

Une campagne plus "technique" sur la forme

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Marine Le Pen n'a "plus le même timbre de voix qu'avant", remarque Yves Calvi. Son parti a essayé de se dédiaboliser : "Il y a eu tout un travail d'image pour la montrer drôle et attachante", explique Marie Moley. Le camp du RN a voulu "dresser un nouveau récit", celui d'une candidate "libérée de ses chaînes" et "de son nom pour se montrer telle qu'elle est aux Français", décrypte-t-elle. 

D'autant plus que c'est une campagne beaucoup plus "technique" sur des thèmes plus précis. L'ancienne présidente du RN veut finalement montrer qu'elle a travaillé en montrant un projet chiffré, "à produire des livres blancs, des livres noirs pour battre en brèche le procès en incompétence" dressée contre elle depuis 2017.

Éric Zemmour a joué le rôle d'un paratonnerre dans la campagne de Marine Le Pen.

Thomas Despré, journaliste politique chez RTL.

"Éric Zemmour a joué le rôle d'un paratonnerre dans la campagne de Marine Le Pen", analyse le journaliste politique de RTL Thomas Despré. D'abord parce qu'il y a eu "une explosion dans les sondages qui a surpris tout le monde et a capté les journalistes". Mais aussi parce que le candidat de Reconquête ! a "concentré toutes les attaques pendant que Le Pen a été relativement épargnée". Par exemple, Valérie Pécresse a diabolisé Éric Zemmour et a épargné Marine Le Pen. En étant très clivant dans cette campagne, l'ancien polémiste a réellement adouci l'image de Marine Le Pen, tel que l'affirme Thomas Despré. 

Une campagne "inédite" avec deux candidatures d'extrême droite

"Ces deux candidats sont les deux phases d'une même pièce nationaliste" dans cette campagne, d'après l'éditorialiste de RTL Olivier Bost. "On pouvait penser que les électeurs que Zemmour attirait étaient ceux qui ne pourraient pas voter Marine Le Pen sur les questions, sur le programme, la forme ou les questions de classes". 

Et finalement, on voit une "porosité tout à fait nouvelle qui donne à cette campagne un aspect totalement inédit par ces deux candidatures", explique Olivier Bost. Marine Le Pen a d'ailleurs exprimé ses regrets sur LCI quant à la candidature de Zemmour, et s'affirmant "convaincue que s'il avait renoncé à sa candidature, nous serions en tête devant Macron dès le premier tour". 

Selon Dominique Reynié professeur à Sciences Po et directeur général de la fondation pour l'innovation politique, il faut garder à l'esprit que depuis l'élection présidentielle de 1988, "la droite populiste ou l'extrême droite ne fait que croître". Pour la première fois en 2017, "la droite de la droite est devenue majoritaire au sein de la droite" et ce phénomène est encore plus marqué aujourd'hui. "Cette droite se déploie et s'affirme dans son contenu et son intensité", explique Dominique Reynié.

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