2 min de lecture Justice

Goulard et Mercier mis en examen : que reproche-t-on aux cadres du MoDem ?

Plusieurs représentants du parti ont été mis en examen ou convoqués par le tribunal de Paris pour "détournement de fonds publics", dans une affaire d'emplois fictifs présumés.

Sylvie Goulard au Parlement européen le 10 octobre 2019
Sylvie Goulard au Parlement européen le 10 octobre 2019 Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Lilas Fournier et AFP

L'enquête sur les emplois présumés fictifs des assistants de députés européens du MoDem se poursuit. Le tribunal de Paris a, depuis le 15 novembre, mis en examen plusieurs personnes, notamment pour "complicité de détournement de fonds publics". 

L'ancien garde des Sceaux Michel Mercier, le directeur financier du MoDem Alexandre Nardella et l'ex-eurodéputée MoDem Sylvie Goulard, mise en examen le 29 novembre dernier par la juge chargée de l'enquête sur les emplois, sont visés, comme en a informé une source judiciaire à l'AFP.

Le président du parti centriste François Bayrou a reçu une convocation au tribunal de Paris vendredi 6 décembre. Les magistrats du pôle financier cherchent à élucider si des collaborateurs parlementaires ont été rémunérés par les fonds du Parlement européen alors qu'ils étaient en réalité affectés à d'autres tâches pour le parti centriste.

Faute de "preuve de travail"

L'ouverture de l'enquête a mis des bâtons dans les roues des personnalités politiques entendues par la justice. Le maire de Pau François Bayrou a dû démissionner de ses fonctions de ministre de la Justice en juin 2017, tout comme Marielle de Sarnez du poste de ministre des Affaires européennes et de Sylvie Goulard du poste de ministre des Armées. 

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Ancienne eurodéputée entre 2009 et 2017, Sylvie Goulard avait accepté cet été de rembourser au Parlement européen 45.000 euros, qui correspondent aux huit mois de salaire d'un de ses assistants, Stéphane Thérou. L'actuelle vice-gouverneure de la Banque de France n'avait pas pu fournir "de preuve de travail". Le Parlement européen avait clos la procédure administrative pour son cas, le 30 août dernier.

Des affaires similaires chez d'autres partis

L'affaire avait débuté quand Sophie Montel, eurodéputée FN avait tiré la sonnette d'alarme le 14 mars 2017 en saisissant le parquet de Paris. Elle y dénonçait des emplois fictifs de collaborateurs de 19 politiques de tout bord, dont deux du MoDem, Robert Rochefort et Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou. Le 7 juin, Matthieu Lamarre, ancien collaborateur du MoDem, affirme avoir été en partie rémunéré en 2011 comme assistant de l'ex-eurodéputé Jean-Luc Bennahmias alors qu'il travaillait pour le parti centriste à Paris. 

Malgré des enquêtes de Radio France et du Canard Enchaîné, François Bayrou insiste : "Il n'a jamais existé d'emplois fictifs" au sein du MoDem. Le parquet de Paris avait, entre temps, ouvert une enquête pour "abus de confiance et recel"

À la suite de cette affaire, le Parlement européen avait enjoint à deux anciens eurodéputés MoDem, Jean-Luc Bennhamias et Nathalie Griesbeck, de lui rembourser respectivement 45.000 et 100.000 euros environ, au titre d'emplois d'assistants présumés fictifs, en novembre dernier. 

Mais le MoDem n'est pas le seul concerné. Deux affaires similaires chez La France Insoumise (LFI) et chez le Front National (FN) avaient éclaté. Au total, une vingtaine de personnes au sein des deux partis politiques avaient été mises en examen, dont la présidente du RN Marine Le Pen.

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