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"Gilets jaunes" : "À force d'avoir attendu, il y a un risque de dérapage", dit Alba Ventura

ÉDITO - L'exécutif a annoncé des mesures pour ne plus revivre une journée de mobilisation de "gilets jaunes" comme celle de samedi dernier. Mais la réponse a-t-elle trop tardé à arriver ?

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"Gilets jaunes" : "À force d'avoir attendu, il y a un risque de dérapage", dit Alba Ventura Crédit Image : Thomas SAMSON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura édité par Eléanor Douet

Le Premier ministre a annoncé, lundi 18 mars, des sanctions et un nouveau dispositif de fermeté face aux casseurs. "Nous allons mettre en œuvre tous les moyens de droit", a-t-il dit sur France 2. Au bout de 4 mois, Édouard Philippe a enfin pris la mesure de la situation. Le gouvernement semble avoir tiré les conséquences de ses erreurs. Il a compris que le pari qu’il avait fait, avait échoué.

C’est-à-dire que jusque-là, le gouvernement avait espéré que ces mouvements s’éteindraient tout seuls, que ça se dégonflerait. Au gouvernement, on estimait qu’il valait mieux des dégâts que des morts. On avait peur de revivre des drames tels que Malik Oussekine ou Rémi Fraisse. Et peur, aussi, d’épuiser plus encore les forces de l’ordre qui depuis les attentats de 2015 sont soumis à une pression et une fatigue extrême.

Le gouvernement donc avait parié sur l’extinction des manifs. Un pari risqué qui lui est revenu en boomerang samedi dernier

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L'exécutif prévient les plus radicaux

Visiblement, le gouvernement a fait une croix sur le fait que les mouvements violents vont s’éteindre d’eux même. Mais à force d’avoir attendu, d’avoir retardé les mesures de fermeté, il y a maintenant un risque d’affrontement plus dur, voire un risque de dérapage.

Lorsque le Premier ministre dit : "On ne laissera plus passer", cela veut dire des forces de l’ordre à l’offensive, cela veut dire "cogner". C’est ce que font les policiers allemands dans les manifs.

Ceux qui vont désormais aller manifester pour en découdre, ceux qui veulent l’insurrection savent que la riposte sera à la hauteur de leur violence. Cette fois, c’est une épreuve de force.

Delpuech limogé, Castaner maintenu

Cette histoire aura quand même coûté sa tête au préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Le préfet de police de Paris, c’est le premier flic de Paris, donc qu’il soit responsable ça semble normal. Même si on peut se demander : et à Bordeaux alors ? Et à Toulouse ? Personne ne saute ?

Évidemment, on se dit que le préfet de police de Paris, c’est symbolique. On se dit que ce sont souvent les hauts fonctionnaires qui trinquent dans ces cas-là, même si toute l’activité du préfet est supervisée par le ministre de l’Intérieur.

Mais le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a toute la confiance du gouvernement et du président. Pourquoi ? Parce qu’il est bon ou parce qu’il est un proche d’Emmanuel Macron ? On sait bien que les présidents ont toujours choisi des proches au ministère de l'Intérieur. Difficile à virer donc.

Un préfet dans le collimateur depuis l'affaire Benalla

Il était donc logique que la sanction retombe uniquement sur le préfet de police de Paris. D’autant que ce préfet-là était non seulement en fin de carrière, mais surtout dans le collimateur de l’Élysée parce qu’il n’avait pas eu le doigt sur la couture du pantalon au moment de l’affaire Benalla.

Curieusement d’ailleurs un de ses adjoints a lui aussi été remercié la semaine dernière. Curieusement il avait également fragilisé la version de l’Élysée dans la même affaire Benalla. De là à penser que le préfet Delpuech n’a pas seulement été viré en raison de la mauvaise gestion des manifs violentes des "gilets jaunes", il n’y a qu’un pas que je viens de franchir. En d’autre terme on appelle ça, une grande lessive.

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2019-03-19 09:52:58
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