3 min de lecture Alexandre Benalla

Affaire Benalla : le préfet de police se dédouane et charge l'Élysée

Après Gérard Collomb, c'est au tour de Michel Delpuech d'être entendu par la Commission d'enquête parlementaire dans l'affaire Alexandre Benalla, lundi 23 juillet. Il dénonce des "dérives inacceptables, condamnables, sur fond de copinage malsain".

Michel Delpuech, préfet de police de Paris, entendu par la Commission d'enquête parlementaire, lundi 23 juillet
Michel Delpuech, préfet de police de Paris, entendu par la Commission d'enquête parlementaire, lundi 23 juillet Crédit : ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
et AFP

C'est une affaire qui vient perturber à grands coups de révélations l'été pourtant bien débuté d'Emmanuel Macron. Après Gérard Collomb, Michel Delpuech s'est exprimé devant la Commission d'enquête parlementaire lundi 23 juillet dans l'affaire Alexandre Benalla. Le préfet de police s'est défendu de toute responsabilité dans l'histoire

Le ministre de l'Intérieur avait soutenu quelques heures plus tôt que la responsabilité incombait au préfet de police et au cabinet d'Emmanuel Macron d'agir une fois la vidéo connue. Michel Delpuech, lui, a expliqué avoir pris connaissance du cas Benalla le 2 mai, soit le même jour que Gérard Collomb, par un appel venant d'un collaborateur du directeur de cabinet du président de la République. 

"Il venait aux nouvelles auprès de moi sur, je cite, 'l'affaire Benalla' (...). Je ne comprends pas de quoi il parle et ma réponse est toute de surprise", a-t-il déclaré avant d'ajouter : "Cet appel m'a appris l'existence de l'affaire Benalla". Michel Delpuech a ensuite justifié le fait de ne pas avoir agi en soutenant qu'il pensait que le "sujet Benalla" avait été "traité" par l'Élysée dès le lendemain de la manifestation du 1er mai. 

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Après avoir appris l'existence de la vidéo, M. Delpuech raconte avoir contacté le ministère de l'Intérieur, qui lui a répondu être "déjà en liaison" avec la présidence de la République. Dès lors, "il était établi pour moi que le sujet Benalla était traité par l'autorité hiérarchique dont il dépendait", a encore déclaré le préfet.

Alexandre Benalla a en effet été suspendu pendant deux semaines puis muté à un poste davantage administratif. Ce qui ne l'empêchera pas de s'occuper de la sécurité, par exemple le 13 juillet dernier dans le bus des Bleus. Mais il a fallu attendre le 19 juillet dernier et que Le Monde publie la vidéo des violences contre des manifestants pour que l'Élysée le licencie

Des dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinages malsains

Michel Delpuech, préfet de police de Paris
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La question reste entière concernant sa présence aux côtés des forces de l'ordre pendant la manifestation. Il était autorisé à venir en observation, mais il n'a pas fait qu'observer. Et même cette autorisation, Michel Delpuech se défend d'en avoir eu connaissance. Il affirme n'avoir "jamais" été sollicité pour que Benalla, et son compère Vincent Crase, accompagnent des policiers le 1er mai.

De plus, trois policiers sont soupçonnés d'avoir livré à l'ancien chef de cabinet d'Emmanuel Macron des vidéos de surveillance prises pendant les faits du 1er mai. 

Et le préfet de conclure : "Cette affaire, comme le dit la presse, n'est évidemment pas sans conséquences sur la préfecture de police. Fondamentalement, ces événements résultent de dérives individuelles inacceptables, condamnables, sur fond de copinages malsains." Il précise ensuite que par cette phrase, il visait les relations de Benalla avec les trois policiers mis en examen pour lui avoir transmis les vidéos du 1er mai.

Les images dévoilées par Le Monde montrent le chargé de mission à l'Élysée, Alexandre Benalla, et un de ses proches, Vincent Crase, immobiliser violemment des manifestants le 1er mai dernier à Paris, alors qu'ils n'étaient pas censés intervenir aux côtés des forces de l'ordre présentes. 

Alexandre Benalla et quatre autres suspects, dont Vincent Crase et les trois policiers, ont été mis en examen dimanche 22 juillet. Le principal intéressé pour violences en réunion, immixtion dans l'exercice d'une fonction publique, port public et sans droit d'insignes réglementés, recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection et recel de violation du secret professionnel.

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Après Gérard Collomb, c'est au tour de Michel Delpuech d'être entendu par la Commission d'enquête parlementaire dans l'affaire Alexandre Benalla, lundi 23 juillet. Il dénonce des "dérives inacceptables, condamnables, sur fond de copinage malsain".
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2018-07-23 16:37:00
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