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Disparition de Steve : pourquoi Christophe Castaner est encore affaibli

"Castaner, démission" est un slogan qui revient régulièrement chez les opposants au ministre de l'Intérieur. Une fois encore avec la disparition de Steve, Christophe Castaner est fragilisé.

Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, en mai 2019
Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, en mai 2019 Crédit : GERARD JULIEN / AFP
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Paul Turban Journaliste

Le ministre de l'Intérieur muet, debout à côté d'un Premier ministre discourant. Des slogans "Castaner, démission" qui résonnent de nouveau dans la bouche de ceux qui battent le pavé. Et Christophe Castaner qui apparaît visiblement affaibli. En pleine polémique autour de la disparition de Steve, retrouvé mort dans la Loire plusieurs jours après avoir disparu lors d'une intervention controversée de la police en juin dernier, l'ancien député des Alpes-de-Haute-Provence apparaît visiblement affaibli

Du côté de la majorité, on explique que tout cela est normal. "C'est toujours comme ça. Quand le Premier ministre parle, c'est lui qui parle, c'est lui le chef du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur ou tout autre ministre est à côté en soutien, mais c'est lui le Premier ministre qui parle", a expliqué le député de la majorité Sylvain Maillard, invité sur RTL jeudi 1er août. Pourtant, on a pu voir lors de cette intervention un Christophe Castaner silencieux, visage fermé

De même mercredi 31 août, lors d'un déplacement dans l'Essonne sur le thème des cambriolages, Édouard Philippe s'était une nouvelle fois présenté face aux micros, mais cette fois-ci pour apporter "tout son soutien" au ministre de l'Intérieur. Il n'est "pas fragilisé", a insisté le chef du gouvernement, malgré les attaques en règle de l'opposition. 

"Castaner, démission"

Pour Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication politique à Sciences-Po, interrogé par l'AFP, il n'est pourtant "pas logique que le Premier ministre doive intervenir" sur un tel dossier. Selon l'expert, le soutien exprimé à Christophe Castaner est "à double tranchant", marquant le "désaveu, la marginalisation" du ministre de l'Intérieur qui "n'est plus capable de gérer seul la situation". 
Christophe Castaner est aussi la cible de critiques acerbes de l'opposition. "Politiquement, que le chef du gouvernement prenne la main sur cette affaire traduit effectivement que c'est le Premier ministre qui monte au créneau lui-même.", a expliqué Annie Genevard, députée LR, sur RTL. "Il y a une volonté de se substituer à Christophe Castaner pour gérer une affaire qui peut susciter beaucoup de conséquences pour le ministre de l'Intérieur", a-t-elle ajouté. Même discours à gauche où tous les partis appellent à la démission du ministre. 

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À Toulouse, hier mardi 31 août, environ 200 personnes ont manifesté en fin de journée en scandant "Castaner démission" et "la police mutile, la police assassine". Sur les réseaux sociaux, les appels à la manifestation se multiplient pour rendre hommage à Steve ce samedi 3 août à Nantes. 

Un ministre de l'Intérieur régulièrement contesté

La légitimité de Christophe Castaner est régulièrement remise en cause par ses opposants politiques. Il est notamment le ministre de l'Intérieur qui a dû gérer la crise des "gilets jaunes". À de multiples reprises, son action avait été contestée et sa démission réclamée, que ce soit lors des actes de vandalisme sur l'Arc de Triomphe, après la perte d'un œil du leader Jérôme Rodrigues, ou à la suite des multiples saccages des Champs-Élysées

En mars 2019, c'est une escapade du ministre en boîte de nuit qui avait fait réagir. Il avait fait la Une de Voici avec une photo où il faisait la fête en pleine crise des "gilets jaunes." Là encore, tollé. Sur RTL, Benoît Hamon avait demandé "un peu de tenue" et avait dénoncé "une légèreté qui n'est pas appropriée." De son côté, sur Twitter, Guillaume Larrivé (LR) avait publié un message assassin : "Le vrai problème n'est pas que M. Castaner s'amuse en discothèque, mais qu'il occupe le bureau du ministre de l'intérieur, en France, en 2019."

Le ministre de l'Intérieur avait aussi été largement fragilisé par l'intrusion de manifestants dans l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière en marge des manifestations du 1er mai. En qualifiant cette entrée controversée d'"attaque", le ministre s'était attiré les foudres d'une partie des manifestants et de l'opposition politique. Les vidéos puis l'enquête avaient finalement montré que les manifestants s'étaient simplement, et assez calmement, réfugiés dans l'hôpital après l'usage de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre. 

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